Djinn : Tu veux comprendre. Très bien. Vois.
Un instant de silence. Puis, comme un voile se levant, une image se forma devant moi, flottant dans l'air. C'était comme regarder à travers une fenêtre qui s'ouvrait sur le passé. Et je vis, comme un spectateur involontaire, une scène du passé se dérouler devant mes yeux.
Je me retrouvai dans un endroit que je reconnaissais vaguement – un large hall décoré avec des tapis persans. Khalid Al-Masri, un homme aux traits sévères et à la prestance indéniable, se tenait là, un sourire énigmatique aux lèvres.
Je n'avais pas besoin de chercher bien longtemps pour comprendre. Cette rencontre... elle faisait partie du puzzle que je n'avais jamais su assembler. Ce n'était pas une rencontre banale.
Le Djinn ne répondit pas immédiatement. Il attendait, me laissant digérer ce qui venait de se passer.
Djinn : Khalid Al-Masri n'est qu'une pièce du puzzle. Il a sa place dans ton destin, tout comme toi tu as la tienne dans le sien. Il est lié à toi, tout comme je suis maintenant lié à toi.
Je pris une profonde inspiration.
Moi : Qu'est-ce que tu veux dire par 'il est lié à moi' ?
Djinn : Tu n'es pas simplement liée à lui par des événements passés. Il y a un lien plus profond entre vous deux. Un lien que tu n'as pas encore entièrement découvert.
Le Djinn ne répondit pas immédiatement. Une lourde silence s'installa, et j'eus l'impression que l'air autour de moi devenait plus lourd, plus oppressant.
Djinn : Les réponses viennent avec le voyage.
Et juste avant que je ne puisse répondre, une brise douce se leva, et le Djinn leva les mains. L'air se tourna autour de nous, et une lumière intense, rouge et dorée, envahit l'espace.
Soudainement, deux silhouettes majestueuses surgirent de cette lumière éclatante : deux chevaux, leurs robes soyeuses scintillant dans la lumière du matin. L'un était d'un noir profond, l'autre d'un blanc éclatant.
Moi : C'est pour nous ?
Le Djinn fit un léger mouvement de la tête, un geste de confirmation.
Djinn : Le voyage vers le palais de Khalid Al-Masri sera long.
Moi : Merci !
Je regardai Naïm, qui, bien qu'étonné par la soudaine apparition des chevaux, ne montra aucun signe de crainte. Je pouvais voir la détermination dans ses yeux. Lui aussi savait que ce voyage était inévitable.
Je m'approchai du cheval blanc, caressant sa crinière. Une connexion étrange sembla se créer entre nous, comme si l'animal ressentait ma présence et ma détermination. Le cheval noir se tenait près de Naïm, le fixant de ses yeux profonds.
Moi : Prêt ?
Naïm hocha la tête, un sourire effleurant ses lèvres.
Naïm : Prêt.
Je montai sur le cheval blanc, sentant la puissance de l'animal sous moi, son souffle chaud qui se mêlait au vent du désert. Naïm fit de même avec le cheval noir, et ensemble, nous nous préparâmes à partir.
Djinn : Restez prudents.
Sans un mot de plus, nous nous lançâmes sur la route, guidés par les chevaux mystérieux, et le désert s'étendait devant nous, vaste et impitoyable.
...
Point de vue de Jasmine:
Le soleil déclinait à l'horizon, peignant les cieux d'or et de pourpre. Assise à une table richement décorée sous la tente royale, je scrutais les pièces en bois disposées sur une carte du désert. Devant moi, le père de Suleymane, m'observait avec une curiosité non dissimulée. Ses doigts puissants, marqués par les années de règne et de batailles, se refermèrent autour d'une coupe d'argent qu'il reposa lentement.
Roi d'Arabie : Alors, Jasmine, dis-moi : si l'ennemi bloque nos vivres au nord et resserre son étau ici, près de l'oasis, que fais-tu ?
Il désigna du doigt deux points sur la carte, où les pièces représentant des armées adverses s'étaient positionnées.
Je réfléchis un instant, laissant mes yeux parcourir les détails minutieux de la carte. Chaque relief, chaque cours d'eau, chaque sentier avait son importance. Puis, un sourire effleura mes lèvres.
Moi : Vous n'envoyez pas vos hommes à l'oasis. C'est ce qu'ils veulent. Ils pensent que vous serez désespérés, que vous tomberez dans leur piège. Au lieu de cela, vous frappez leur flanc ouest.
Je pris une pièce en bois et la fis glisser vers un point précis sur la carte.
Moi : Regardez ici. Ce passage dans les montagnes. Il est étroit, mais il mène directement à leurs réserves. Une fois que vous les aurez coupées de leurs vivres, leur étau se brisera tout seul.
Le roi plissa les yeux, penché sur la carte. Une lueur d'étonnement passa sur son visage.
Roi d'Arabie : Le flanc ouest... à travers les montagnes ? Peu de gens penseraient à attaquer de ce côté. Il est risqué.
Moi : C'est précisément pour cela qu'ils ne s'y attendent pas. La guerre n'est pas qu'une question de force brute, Majesté. Parfois, il suffit d'être là où l'ennemi pense que vous ne serez jamais.
Un silence tomba. Le roi se redressa lentement, croisant ses bras sur son torse.
Roi d'Arabie : Tu parles comme un vétéran des batailles, mais tu es jeune, et tu n'as jamais vu la guerre.
Ses yeux sombres, perçants, semblaient chercher un mystère caché dans mon esprit.
Moi : Non, je n'ai jamais vu la guerre.
Il ne répondit pas immédiatement, mais je pouvais voir dans son regard qu'il mesurait mes paroles. Puis il poussa un profond soupir et posa les mains sur la table.
Roi d'Arabie : Suleymane m'a dit que tu avais un esprit vif, mais je ne m'attendais pas à cela. Jasmine, tu es une perle rare.
Son ton était sincère, presque admiratif, mais je sentais aussi une note de prudence.
Moi : Je ne suis qu'une élève, Majesté. C'est à vous d'enseigner.
Il éclata d'un rire grave et chaleureux.
Roi d'Arabie : Peut-être, mais parfois l'élève dépasse le maître.
Il se pencha à nouveau sur la carte, ses doigts effleurant les pièces comme s'il reconsidérait tout le scénario.
Roi d'Arabie : Très bien. Suppose que je suive ton plan. Que fais-tu si l'ennemi anticipe et renforce le flanc ouest avant que nous n'y arrivions ?
Je pris une autre pièce et la déplaçai rapidement, montrant un second sentier, plus petit, mais tout aussi stratégique.
Moi : Alors, vous attaquez ici, en parallèle. Divisez leurs forces. Les montagnes deviennent vos alliées, pas vos ennemies.
Le roi resta immobile un instant, puis hocha lentement la tête.
Roi d'Arabie : Jasmine, tu n'es pas seulement une grande stratège... tu as une vision que même mes généraux pourraient envier.
Je baissai les yeux, un mélange de fierté et d'humilité me submergeant.
Moi : Je veux seulement être utile. Le désert est impitoyable, Majesté, mais il enseigne à ceux qui l'écoutent.
Le roi d'Arabie esquissa un sourire, mais derrière ce sourire, je percevais une pensée plus profonde. Peut-être voit-il en moi plus qu'une simple conseillère, plus qu'une élève.
...
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Jasmine: Ce que nous murmurent le sable
RomanceUn homme de pouvoir, entre amour et mystère, enquête sur le passé de Jasmine, risquant de bouleverser leur relation et de révéler des secrets dangereux.
