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Point de vue de Jasmine

Le matin ne vint pas comme une promesse.

La lumière entra doucement entre les tentures, lente, presque timide, comme si même le soleil hésitait à toucher un palais qui avait pendu des corps devant ses portes. Je restai immobile un long moment, à écouter le silence, ce silence lourd qui n'était pas du repos mais une pause avant la prochaine décision.

À côté de moi, Suleymane ne dormait pas vraiment.

Il avait les yeux fermés, mais je sentais sa vigilance. Cette tension dans ses épaules. Cette façon d'être là sans se laisser aller. Comme si s'endormir était devenu un luxe indécent.

Je bougeai à peine. Et pourtant il parla.

Suleymane : Tu es réveillée.

Moi : Je ne suis pas sûre d'avoir dormi.

Un souffle.

Suleymane : Moi non plus.

Il se redressa lentement, passa une main sur son visage, puis fixa le vide devant lui comme si le vide avait un nom. Comme si le vide était un traître.

Je le regardai.

Moi : Tu vas recommencer.

Il tourna la tête.

Suleymane : Recommencer quoi.

Moi : Punir. Chercher des coupables partout. Faire couler du sang pour calmer ton propre manque.

Son regard se durcit, puis se fissura.

Suleymane : Ne parle pas comme si tu pouvais me juger.

Je ne baissai pas les yeux.

Moi : Je ne te juge pas. Je t'avertis.

Le silence retomba.

Un silence plus fragile.

Suleymane se leva enfin et enfila ses vêtements comme on enfile une armure. Chaque geste était précis, contrôlé. Trop contrôlé.

Suleymane : Aujourd'hui, je veux des noms.

Moi : Et moi je veux que tu restes assez lucide pour les entendre.

Il me fixa.

Suleymane : Tu crois que je ne le suis pas.

Je le regardai longtemps.

Moi : Tu es lucide quand tu es avec moi.
Et tu deviens un monstre dès que je disparaîs de ton regard.

Ses mâchoires se contractèrent.

Suleymane : Alors reste.

Le mot tomba, simple. Rester. Comme si tout pouvait se résumer à ça.

Je respirai.

Moi : Je resterai.

Il ne répondit pas tout de suite.

Puis il hocha la tête, lentement.

Suleymane : Très bien.

Et dans ce "très bien", je sentis qu'il faisait un effort réel, presque douloureux, pour ne pas retomber dans son ancien réflexe : commander au lieu d'écouter.

On frappa. Trois coups. Net. Respectueux.

Naim.

Il entra sans lever les yeux trop longtemps, comme s'il avançait encore dans une pièce pleine de braises.

Naim : Mon sultan.
Puis, plus bas, presque pour moi :
Naim : Jasmine.

Je répondis d'un signe de tête.

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⏰ Dernière mise à jour : Mar 17 ⏰

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Jasmine: Ce que  nous murmurent le sableDes histoires addictives. Découvrez maintenant