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Alors que nous quittons enfin le palais, l'air glacé du désert nocturne s'empare de nos corps. Nos pas s'enfoncent dans le sable, et le silence environnant n'est perturbé que par le vent qui siffle doucement. Derrière nous, le palais disparaît peu à peu dans l'obscurité, ses contours se fondant avec l'horizon étoilé.

Naïm marche à mes côtés, le visage fermé. Je sais qu'il est furieux, mais il reste silencieux. Peut-être est-il trop fatigué ou trop soulagé d'être encore en vie pour me réprimander davantage.

Après plusieurs heures de marche, les premières lueurs de l'aube commencent à illuminer le ciel. La fatigue et la soif commencent à peser sur nous. Le désert semble infini, sans le moindre signe de vie. Mais alors que le soleil s'élève lentement, une silhouette se dessine au loin.

Moi : Tu vois ça ?

Naïm plisse les yeux, scrutant l'horizon. Plusieurs silhouettes se détachent maintenant dans la lumière naissante. Des chameaux, des cavaliers ... une caravane.

Naïm : Ça pourrait être notre chance, murmure-t-il. Peut-être qu'ils ont de l'eau. Mais reste sur tes gardes.

Je hoche la tête, mais une étrange appréhension s'installe en moi. Nous avançons prudemment, levant les bras en signe de paix à mesure que nous nous rapprochons. La caravane s'arrête, et plusieurs hommes descendent de leurs montures. Leurs visages sont cachés par des voiles, ne laissant apparaître que leurs yeux.

Un homme, visiblement leur chef, s'avance. Il est grand et mince, avec une posture imposante. Son regard glisse sur nous avec méfiance.

L'homme : Qui êtes-vous, et que faites-vous ici ? demande-t-il d'une voix grave.

Naïm : Des voyageurs perdus. Nous cherchons de l'eau et peut-être un abri pour quelques heures.

L'homme croise les bras, ses yeux passant de Naïm à moi. Je ressens un malaise croissant. Son regard semble percer à travers moi, comme s'il cherchait à lire dans mes pensées.

L'homme : Vous ne ressemblez pas à des voyageurs ordinaires ...

L'un des hommes de la caravane murmure quelque chose à l'oreille du chef. Celui-ci hoche la tête, un sourire froid apparaissant sur ses lèvres. Avant que nous ne puissions réagir, deux hommes armés s'approchent, dégainant des lames courtes et courbées.

Moi : Attendez ! Nous ne sommes pas vos ennemis ! Nous ne cherchons que de l'aide.

Le chef ne répond pas immédiatement. Il s'avance jusqu'à moi, plongeant son regard dans le mien. Puis, d'un ton calme mais glacial, il déclare :

L'homme : Qui es-tu, vraiment ?

Je sens mon cœur s'accélérer. Pourquoi tout le monde semble-t-il reconnaître quelque chose en moi que j'ignore ? Avant que je ne puisse répondre, Naïm s'interpose.

Naïm : Laissez nous tranquilles ! Nous ne sommes pas une menace. Si vous ne voulez pas nous aider, nous partirons. Pas besoin de violence.

Un silence tendu s'installe. Puis, sans prévenir, le chef éclate de rire.

L'homme :  Partir ? Nous ne pouvons pas prendre le risque que vous parliez à nos ennemis.

Il fait un signe de la main, et les hommes armés s'approchent davantage. Mais avant qu'ils ne puissent nous saisir, une tempête de sable surgit à quelques mètres de nous. Un vent puissant balaie la caravane, et des cris de surprise résonnent.

Le sable s'élève soudainement en un tourbillon furieux, balayé par un vent puissant et imprévisible. Je me protège le visage avec mes bras, le grain rugueux s'infiltrant dans mes vêtements et griffant ma peau. Le rugissement du vent étouffe les voix et les bruits métalliques des armes dégainées.

Naïm me tire brusquement par le bras.

Naïm : Viens !

Sans réfléchir, je le suis, mes jambes peinant à avancer dans le sable mouvant. Derrière nous, les silhouettes des hommes de la caravane disparaissent dans le chaos, leurs cris résonnant à peine dans le vacarme. Mes pensées sont confuses, mais une chose est claire : c'est notre chance de fuir.

Nous courons à l'aveugle, chaque pas exigeant un effort surhumain, jusqu'à ce que la tempête semble s'éloigner légèrement. Je lève les yeux pour apercevoir, à travers le rideau de sable, une masse sombre qui se détache de l'horizon. Une grotte.

Moi : Là-bas !

Naïm hoche la tête, et nous redoublons d'efforts pour atteindre ce maigre abri. Une fois à l'intérieur, le silence relatif de la grotte nous enveloppe, brisé seulement par le gémissement lointain du vent. Je m'effondre contre une paroi rugueuse, essoufflée, tandis que Naïm scrute l'entrée, le visage tendu.

Naïm :  Ils ne pourront pas nous suivre tout de suite.

Je hoche la tête, encore trop secouée pour répondre. La poussière recouvre mes vêtements, et le goût du sable emplit ma bouche.

Naïm : On ne pourra pas rester ici longtemps, on va mourir de soif

Je le sais. L'air lourd et stagnant de la grotte est loin d'être réconfortant, et la pénombre ajoute à mon malaise. Pourtant, c'est notre seule option pour l'instant.

Alors que le vent siffle encore à l'extérieur, mes pensées reviennent à ces hommes, à leur regard méfiant et à leurs lames prêtes à frapper.

Moi : Tu crois qu'ils nous cherchent encore ?

Naïm fixe un point invisible devant lui.

Naïm : Probablement. Mais on a gagné un peu de temps. Demain, à l'aube, on devra partir avant qu'ils ne se regroupent.

Le silence s'installe entre nous. Je ferme les yeux, tentant de calmer les battements affolés de mon cœur. L'épuisement finit par l'emporter, et je sombre dans un sommeil agité, bercée par le murmure du vent et la certitude que notre fuite n'est qu'un sursis.

...

Jasmine: Ce que  nous murmurent le sableDes histoires addictives. Découvrez maintenant