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Je ne dormis pas. Le palais pouvait bien se rendormir autour de nous, je savais que la nuit n'était pas terminée. Elle ne l'était jamais vraiment.

Je me levai sans bruit. Jasmine dormait encore, le souffle régulier, paisible pour la première fois depuis longtemps. Je restai quelques secondes à la regarder. Puis je pris ma décision.

Moi : Jasmine.

Elle ouvrit les yeux.

Jasmine : Qu'y a-t-il ?

Moi : Habille-toi.
Ma voix était basse.
Moi : Je dois te montrer quelque chose.

Elle ne posa pas de questions.

Je restai immobile un long moment, à écouter le palais respirer autour de nous, les pas feutrés des gardes postés devant la porte, leur présence rassurante pour les autres mais parfaitement inutile pour moi, car aucun homme armé ne protégeait mieux un secret que la pierre elle-même quand elle obéissait à celui qui l'avait fait taire.

Moi : Viens.

Jasmine releva la tête vers moi. Elle ne posa pas de question. Elle avait compris, à force de me côtoyer, que lorsque je parlais ainsi, c'était que l'instant ne permettait ni hésitation ni débat.

Je l'entraînai vers le fond de la chambre, là où les tentures épaisses masquaient un mur ancien, plus sombre que les autres, un mur que personne n'interrogeait jamais parce qu'il n'appelait aucun regard, parce qu'il avait été pensé pour disparaître aux yeux de tous sauf aux miens.

Je posai ma main à plat contre la pierre, à un endroit précis, invisible, et la pression que j'exerçai déclencha un frémissement presque imperceptible, comme un souffle retenu trop longtemps. La roche se mit à glisser lentement, silencieusement, révélant une ouverture étroite, verticale, creusée dans l'épaisseur même du palais.

Jasmine inspira profondément.

Moi : Personne ne sait que cela existe.

Elle passa la main le long de la pierre.

Jasmine : Personne... vraiment ?

Je soutins son regard.

Moi : Les hommes qui ont creusé ce passage sont morts le jour même où ils ont posé le dernier bloc.

Je n'avais pas besoin de m'expliquer davantage. Elle comprit. Et n'en détourna pas le regard.

Nous franchîmes l'ouverture. Derrière nous, le mur se referma lentement, effaçant toute trace de passage, comme si la chambre n'avait jamais livré son secret.

Le couloir s'étendait devant nous, long, taillé à même la roche, éclairé par des niches où brûlaient des lampes anciennes dont la flamme ne vacillait jamais. L'air y était plus frais, plus dense, chargé d'une odeur de pierre humide et de silence accumulé.

Je marchais devant elle, chaque pas mesuré, chaque détour connu par cœur.

Moi : Ce passage court sous le palais. Sous les salles d'audience. Sous les jardins. Sous la salle des stratégies.

Nous avancions longtemps, sans précipitation, comme si le temps lui-même avait ralenti ici, prisonnier de ces murs que personne n'avait le droit de nommer.

Moi : Il n'a pas été conçu pour fuir dans la panique, mais pour disparaître sans être poursuivi.

Enfin, le couloir s'élargit.

La roche s'ouvrit sur une salle immense, vaste comme plusieurs appartements réunis, un espace souterrain qui respirait la prévoyance et la solitude. Des bassins de pierre occupaient un côté de la pièce, alimentés par une source claire qui coulait sans bruit. Plus loin, un lit massif, simple, presque austère. Des vivres stockés avec une précision méthodique. Des livres, anciens et récents, empilés contre les murs. Des coffres. Des armes. Des vêtements.

Jasmine: Ce que  nous murmurent le sableDes histoires addictives. Découvrez maintenant