Le soir venu, je n'eus pas besoin d'attendre longtemps. Naim revint, et son visage disait tout avant même ses mots.
Naim : Mon sultan... les deux hommes n'ont pas été attaqués.
Moi : Alors ?
Naim : Ils ont été... "retenus".
Je le fixai.
Naim : Sur une route secondaire, par des hommes qui ne portaient pas d'emblème.
Ils n'ont pas frappé. Ils n'ont pas menacé.
Ils ont juste... fermé la route comme si elle n'existait plus.
Je sentis mon ventre se nouer.
Moi : Et le message ?
Naim : Jamais arrivé.
Le djinn souffla dans ma tête :
Ton beau-père a des mains partout.
Je me levai lentement.
Moi : Ou quelqu'un veut faire croire qu'il en a.
Je regardai le camp.
Les hommes. Les tentes. Les torches.
Tout était calme. Trop calme.
Moi : On va lui tendre le second piège.
Naim plissa les yeux.
Naim : Quel second piège ?
Je fis quelques pas, m'éloignant du feu, comme si j'allais simplement marcher, alors que je pensais déjà à l'ombre.
Moi : S'il y a une illusion... elle a des limites.
Je me tournai vers Naim.
Moi : Tu vas annoncer devant plusieurs hommes que je fais un détour cette nuit.
Que je veux inspecter les alentours seul, pour vérifier qu'on ne nous suit pas.
Naim : Seul ?
Moi : Officiellement seul.
Il comprit.
Moi : Si Hassan est réel, il refusera. Il me rappellera à l'ordre. Il m'empêchera.
Mais une illusion...
Je marquai un silence.
Moi : ... ne protège pas. Elle imite.
Naim inclina la tête, grave.
Naim : Très bien.
Il s'éloigna.
Quelques minutes plus tard, l'annonce avait circulé, suffisamment fort, suffisamment négligemment, comme une information donnée sans importance.
Et j'attendis.
Je sortis du cercle des torches comme prévu. Je marchai dans l'obscurité, à l'écart, avec Naim caché derrière moi à bonne distance, silencieux, prêt. Le vent faisait bouger les arbres. La forêt respirait. Et soudain, une silhouette se dessina entre les ombres.
Calme. Mesurée. Trop parfaite.
Le père de Jasmine.
Ou ce qu'on voulait que je voie.
Khalid: Tu ne devrais pas t'éloigner ainsi.
Sa voix était correcte.
Mais il manquait quelque chose. Ce poids invisible que portent les hommes qui savent trop.
Je ne répondis pas tout de suite. Je fis un pas vers lui.
Moi : Où étais-tu ce matin quand j'ai demandé un rapport ?
Un micro-silence.
Comme si la question devait être traduite.
"Khalid" : J'étais... avec toi.
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Jasmine: Ce que nous murmurent le sable
RomanceUn homme de pouvoir, entre amour et mystère, enquête sur le passé de Jasmine, risquant de bouleverser leur relation et de révéler des secrets dangereux.
