Point de vue de Jasmine
Le palais n'avait jamais autant respiré.
Il vibrait comme un cœur immense. Les couloirs, d'ordinaire silencieux, étaient remplis de pas pressés, de tissus froissés, de chuchotements qui couraient d'une pièce à l'autre. Les serviteurs glissaient comme des ombres chargées d'or et de fleurs, les mains pleines, les yeux baissés, les gestes précis.
Je savais que tout cela était pour moi.
Pour nous.
Et pourtant, plus j'avançais vers cette journée, plus une sensation étrange s'installait dans ma poitrine : un mélange d'émerveillement et de pressentiment. Comme si le bonheur avait un prix caché, encore écrit dans une langue que je ne savais pas lire.
Khadija ajusta le voile sur ma tête avec une douceur presque maternelle.
Khadija : Ne tremble pas, murmura-t-elle. Tu n'es pas en train d'entrer dans une prison. Tu entres dans ton destin.
Je levai les yeux vers mon reflet.
La robe rouge était lourde, brodée d'or, mais ce n'était pas son poids qui me perturbait. C'était la façon dont le palais me regardait.
Comme si chaque pierre connaissait quelque chose que j'ignorais.
Khadija : Tu es prête ?
Je voulais dire oui.
Mais la vérité, c'est que je n'étais prête à rien de tout ce que cette journée allait me donner.
Alors je hochai la tête, et mes lèvres formèrent un sourire que je ne reconnus pas tout de suite : un sourire de reine.
Le jardin avait été transformé.
Des arches de fleurs blanches et dorées encadraient la grande allée, et les fontaines reflétaient le ciel comme des miroirs liquides. L'air était saturé de parfums : rose, ambre, et surtout... jasmin. Il y en avait partout, comme si le monde voulait me rappeler mon nom.
Quand je le vis, mon souffle se coupa.
Suleymane.
Il était debout près de la fontaine, immobile, comme si le bruit du monde ne l'atteignait plus. Son habit était sombre, brodé à peine, mais sa présence suffisait à faire taire tout ce qui vivait autour.
Quand nos regards se croisèrent, le palais disparut.
Il n'y eut plus que lui et moi.
Il s'avança. Lentement. Sans chercher à prouver quoi que ce soit.
Comme un homme qui sait ce qu'il veut et qui ne tremble pas.
Suleymane : Jasmine
Ce simple mot me fit l'effet d'une promesse.
Je sentis sa main trouver la mienne. Ses doigts se refermèrent avec une chaleur ferme, rassurante, presque possessive... mais pas encore.
Suleymane : Tu es sûre ? murmura-t-il, suffisamment bas pour que personne ne l'entende.
Je le regardai, et pour la première fois depuis des semaines, je ne vis pas le prince, ni le futur roi, ni le stratège...
Je vis l'homme qui retenait mon cœur.
Moi : Je suis sûre !
Ses yeux se voilèrent d'une émotion qu'il tenta de contenir. Il hocha la tête comme s'il scellait un pacte silencieux.
Le Roi Hassan nous attendait.
À ses côtés se tenait Khalid, mon père.
Deux rois. Deux mondes. Deux passés chargés de sang.
Et aujourd'hui, une trêve cousue au fil de mon cœur.
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Jasmine: Ce que nous murmurent le sable
RomanceUn homme de pouvoir, entre amour et mystère, enquête sur le passé de Jasmine, risquant de bouleverser leur relation et de révéler des secrets dangereux.
