Bob Dylan
— Sienna, la pression sur mon bras tenta de me sortir du sommeil. Sienna, répéta la voix.
Quand mon cerveau intégra entièrement l'usage de mon prénom, mes yeux ne purent résister à la tentation de s'ouvrir, bien qu'ils soient encore gorgés de sommeil. Une seule personne avait cette voix.
— Je suis désolé, mais tu dois te réveiller. Je t'ai laissé dormir le plus longtemps possible.
Rassurée par la découverte de sa présence, je refermai les yeux et roulai dans le lit pour échapper à la lumière qui s'engouffrait dans la chambre par sa fenêtre.
— Je t'ai ramené du café.
L'appel de la substance à laquelle j'étais sans aucun doute possible accro me donna l'envie nécessaire pour me redresser dans le lit et attraper le gobelet contenant le liquide noir. Max, de son côté, était déjà douché, habillé et prêt à partir.
— Je vous aime, dis-je avant d'avaler la première gorgée.
— T'es trop facile, répondit-il en secouant la tête, le sourire aux lèvres.
— Je ne te permets pas, rétorquai-je en quittant le lit.
Posé sur une des chaises, j'attrapai mon sac à main avant de traverser la porte communicante entre nos deux chambres. En plus d'être plus grande que la mienne, la chambre de Max avait un avantage non négligeable : un balcon. Je m'installai sur l'une des chaises présentes sur celui-ci et allumai une cigarette, sous le regard de Max.
— Pas de réflexion sur le fait de fumer sans même avoir mangé ? Qu'est-ce qu'il y a dans ta tête ?
— C'est la journée presse.
Je soupirai lentement avant de tendre ma main dans sa direction pour l'enjoindre à se rapprocher de moi. Je le fis s'asseoir sur ma chaise avant de prendre place sur ses jambes.
— Ils iront sur l'histoire qui convient le mieux au narratif désiré, peu importe ce que tu vas leur dire. Donc, le seul moyen de perdre pour toi, c'est de t'empêcher d'être toi-même.
— Donc je peux leur répondre ce que je veux ?
— C'est pas exactement ce que j'ai dit. Je ne peux pas parler au nom de toutes les minorités du monde, mais très souvent, c'est plus à propos de ce qu'on *pense* qu'on pense de nous plutôt que de ce qu'on pense réellement de nous.
— Traduction, demanda-t-il alors que je ricanai devant son air perdu.
— Un homme blanc, venant d'une famille au-dessus de la classe moyenne, d'Europe de l'Est. Et pour ne rien nous épargner, extrêmement talentueux. Le genre de talent qu'on ne voit pousser qu'une fois par génération, dis-je en le regardant dans les yeux. Tu rentres tellement bien dans le stéréotype du raciste de base que, peu importe ce que tu diras, certaines personnes te colleront l'étiquette, quoi que tu dises, quoi que tu fasses.
— Alors je leur dis quoi, si c'est perdu d'avance ?
— Je ne fais pas partie de ta team communication. Je peux pas être sur tous les fronts.
— Sienna, s'il te plaît, demanda-t-il en attrapant ma cigarette.
Il l'écrasa dans le cendrier, et je ne pus m'empêcher de lui jeter un regard noir. Pour le principe, j'étais en réalité plutôt rassurée qu'il soit revenu à lui.
— La première des choses : ne t'excuse pas, sous aucun prétexte. Ce que Nelson Piquet a dit ne concerne que Nelson Piquet. Et je suppose que, s'ils veulent que tu commentes la sanction, tu peux leur dire qu'elle est juste et méritée. Le racisme n'a pas sa place dans le monde, pas même en Formule 1.
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Muse
Fanfiction-Je souhaiterais que toi et Max vous remettiez ensemble. Ce n'est pas comme ça que commence cette histoire. Elle commence, quand j'avais douze ans. Quand j'ai rencontré un petit garçon qui m'a fait part de son rêve de devenir pilote de formule 1. C...
