Coolio, L.V
Notre relation était, en son cœur, toujours la même que celle que nous partagions quand nous étions plus jeunes. Sur notre passion commune pour le sport automobile évidement mais aussi sur beaucoup de chamailleries. L'un comme l'autre, nous avions des personnalités assertives, nous avions toujours un argument supplémentaire pour tenter de rallier l'autre à sa cause. Nous étions capables de nous disputer même quand nous étions d'accord.
Il n'y avait pas un instant de tranquillité quand j'étais avec Max, malgré toute la paix intérieur que je ressentais en sa présence. Nous nous challengions en permanence. J'adorais cela. J'aimais pouvoir confronter mes idées aux siennes, j'aimais qu'il ne soit jamais intimidé par ma tendance à avoir toujours raison, j'aimais pouvoir lui faire des critiques sans qu'il ne se vexe. J'aimais surtout qu'il soit capable de me remettre à ma place quand je dépassais les bornes.
J'aimais notre relation, notre complicité, comme je l'aimais lui.
Le troisième jour débuta comme le second. Après le lever du soleil, je retournai au lit pour la majeure partie de la matinée alors que Max se rendit à la salle pour son entraînement.
L'après-midi, nous échouâmes au bord de sa piscine.
— Je peux pas croire que tu lises cette merde alors que t'es en vacances, dit-il en pointant le livre dans ma main avant de s'affaler entre mes jambes, une partie de son corps sur mon transat et l'autre sur le mien.
— Dis ça au gars qui passe la majorité de son temps libre à faire des compétitions de e-racing.
— Je t'accorde ce point-là, mais au moins, le e-racing, c'est pas ennuyeux comme ton truc.
— C'est la thèse d'Adrian Newey, dans quel univers ça peut être ennuyeux ? demandai-je sérieusement alors qu'il levait les yeux au ciel.
— Dans cet univers, dit-il en attrapant le livre pour le poser sur la petite table basse.
— Non, protestai-je faiblement face à son geste. Je cherche un sujet de thèse, j'ai besoin de retourner aux bases et...
— Les bases existeront toujours quand tu seras rentrée à Londres. Sans moi. Alors que pour le moment, nous sommes tous les deux ici, à Ibiza, en vacances.
— Ou alors, je peux reprendre ma lecture, et tu rentres avec moi à Londres. Je suis certaine qu'ils adoreraient t'avoir au simulateur quelques heures supplémentaires. Et je suis toujours pas convaincue par ta théorie sur Cobs. Ça te donnerait en plus l'opportunité de me donner tort.
La proposition était venue si naturellement que je n'avais pas pris en compte tout ce qu'elle impliquait.
Rentrer ensemble signifiait, en tout cas dans mon esprit, que nous officialisions notre relation, au moins entre nous. Même sans que nous ayons pris le temps de discuter de la suite. Je tentai de ne pas trop me faire de films, je ne savais pas ce qui se passerait une fois que nous serions revenus sur ce qu'il s'était passé huit ans plus tôt.
— Ok, mais uniquement si on crèche chez moi, ta pause lecture ne dépasse pas une demi-heure et t'en profites pour rallumer ton téléphone.
Ses termes étaient parfaitement acceptables, mais je me retrouvai tout de même à les challenger. Je ne pouvais pas lui donner mon accord sans lui faire une contre-proposition. Ça aurait été bien trop facile :
— Ok pour chez toi, mais quarante-cinq minutes de lecture, et le téléphone reste où il est. T'es la secrétaire parfaite.
Malgré l'appel de Chloé la veille, je n'avais toujours pas fait l'effort de rallumer mon téléphone portable. Au départ, c'était simplement parce que j'avais oublié de le brancher, et la présence de Max avait suffi à me faire oublier son existence. Désormais, je prenais beaucoup trop de plaisir à vivre dans la bulle hors du monde que nous nous étions construite. Je ne voulais pas prendre le risque de la percer. D'autant plus que les personnes ayant un intérêt à savoir ce que je faisais et avec qui, avaient également le numéro de Max, donc la possibilité de me joindre.
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Muse
Fanfiction-Je souhaiterais que toi et Max vous remettiez ensemble. Ce n'est pas comme ça que commence cette histoire. Elle commence, quand j'avais douze ans. Quand j'ai rencontré un petit garçon qui m'a fait part de son rêve de devenir pilote de formule 1. C...
