-Je souhaiterais que toi et Max vous remettiez ensemble.
Ce n'est pas comme ça que commence cette histoire. Elle commence, quand j'avais douze ans. Quand j'ai rencontré un petit garçon qui m'a fait part de son rêve de devenir pilote de formule 1.
C...
Je sursautai, surprise par les personnes se trouvant devant moi, et un immense sourire apparut sur mon visage. Je ne m'attendais pas à une fête surprise en mon honneur.
— C'est toi qui as organisé tout ça ? demandai-je en me tournant vers Martin.
— Qui d'autre ? C'est moi ton meilleur ami, non ?
Le terme me créa un pincement au cœur. Encore une fois, il n'était pas là. Cela faisait des années désormais, je devrais passer à autre chose, mais je n'y parvenais pas. Il était toujours quelque part à l'arrière de mon crâne, surtout dans les moments les plus importants.
Je forçai un sourire et acquiesçai à la remarque de Martin. Il était mon meilleur ami. Il était là, contrairement à l'autre. Pendant l'enterrement de mes parents, à mon pot de départ quand j'avais quitté mon premier job chez PREMA, et le second chez HiTech, qui avait eu lieu quelques semaines plus tôt.
— Je suis déso... commençai-je, mais il m'interrompit.
— Je t'interdis de t'excuser. C'est pas ta faute si tu es meilleure que moi. Et qui te dit que j'ai pas aussi eu un poste chez RedBull ?
Mes yeux s'écarquillèrent sous la surprise. Quand les annonces des postes disponibles étaient tombées quelques mois auparavant, nous avions postulé au même. J'étais celle qui avait obtenu le poste, laissant un goût aigre-doux dans la bouche. J'étais contente pour moi, mais triste pour Martin. Il le méritait tout autant.
— Tu as eu un poste ?
— J'ai eu un poste, confirma-t-il en me tendant les bras pour que je me jette dedans.
Une vague de joie m'envahit. Martin et moi travaillions pour RedBull. Je n'aurais pas pu rêver mieux.
— Si tu m'avais prévenue, j'aurais pu aussi t'organiser une fête de félicitations.
— Profite de ton moment pour une fois. De toute manière, j'ai déjà des plans, ajouta-t-il en me faisant un clin d'œil.
Je le suivis du regard, et compris parfaitement l'insinuation quand il s'arrêta devant une petite blonde filiforme. Je profitai de son départ pour remercier toutes les personnes qui avaient fait le déplacement pour la soirée.
Il était parti, mais je m'en sortais.
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Seul sur mon banc, je pris le temps de faire refluer l'angoisse qui m'accablait. Je ne pouvais pas perdre pied alors qu'elle avait besoin de moi. Au bout de cinq minutes, je soupirai longuement avant de me diriger à nouveau vers l'hôpital. J'écopai de trois points de suture sur le dos de la main, ainsi que d'une dizaine de bandages qui donnaient une forme étrange à celle-ci.
Quand je retournai dans la salle d'attente après les soins, je retrouvai toutes les personnes qui avaient été forcées de quitter la pièce plus tôt. Je réalisai, au regard qu'on me lançait, qu'il allait falloir que je trouve un instant pour m'excuser auprès de tout le monde. Dans cette idée, je me dirigeai d'abord vers Christian, prenant le siège à côté du sien.