The Baddest Female

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CL

J'avais toujours eu une imagination fertile. Chaque scénario que je jouais dans ma tête avait un début, un élément perturbateur, une conclusion : tout était calculé, anticipé, déjà digéré.

Mais même dans les méandres de mon propre esprit, je n'avais pas envisagé de partir bruncher avec la copine (ex-copine) du gars avec qui j'avais couché la veille. Et l'avant-veille, ce qui semblait un détail au vu du contenu de ma valise. En quittant Londres, j'avais prévu une semaine de cocooning et de visites de temples en Grèce, pas des soirées yacht à Ibiza, et encore moins de bruncher avec Kelly. Pourtant, c'était ce que je m'apprêtais à faire, et mon incapacité à choisir une tenue dans laquelle je me sentirais à l'aise, mais surtout en confiance, créait des nœuds dans mon estomac.

— Mon père n'est pas loin, commença Max, l'épaule gauche appuyée contre le cadre de la porte de la chambre. Je vais le rejoindre, je ne devrais pas en avoir pour longtemps.

Lui adressant un regard rapide, je secouai la tête positivement, retournant à mon débat intérieur : short en jean ou robe en coton ?

— Qu'est-ce que tu fais ? reprit-il en s'approchant de moi.

— Je cherche quelque chose à mettre.

— Je t'aime dans celle-là, dit-il en pointant la robe.

Les hommes et le rose... Bien évidemment qu'il allait choisir la petite robe d'été. Ce n'était pas vraiment dans mes habitudes d'en porter et c'était sans doute l'option la plus « féminine décontractée » que j'avais emportée avec moi.

— Merci, répondis-je avant de déposer mes lèvres sur les siennes.

— J'ai hâte de pouvoir te l'enlever.

— Max...

— Je me contente de prévenir, dit-il en levant les mains en signe d'innocence.

Je levai les yeux au ciel avant de reprendre :

— File, tu ne veux pas faire attendre Jos.

— Je file, répondit-il en reculant vers la porte. Sens-toi libre de ne rien mettre sous la robe.

— Max...

Son rire éclata dans le couloir alors que ses pas se faisaient entendre dans l'escalier.

Je souris, incapable de contrôler l'expression idiote qui prit possession de mon visage. J'aimais cet homme. Et il m'aimait. Enfin, j'espérais. Kelly n'était qu'une formalité. J'allais répondre à ses questions, encaisser les insultes qu'elle ne manquerait pas de me jeter au visage et reprendre le cours de ma vie. Soupirant, je commençai à me préparer, enfilant la robe que Max avait choisie. Il était temps que j'assume les conséquences de mes actions.

Dix minutes plus tard, la voiture de la Brésilienne s'arrêta devant moi et je montai dans le véhicule en retenant mon souffle.

— Merci d'avoir accepté de me voir.

— Je t'en prie, répondis-je en regardant partout sauf son visage.

Étrangement, le respect que j'avais pour elle augmenta d'un cran. Elle venait de me récupérer devant l'appartement de son mec. Si les rôles avaient été inversés, elle n'aurait eu l'occasion de monter dans la voiture qu'après que les roues de celle-ci lui soient passées dessus.

Nous traversâmes une bonne partie de l'île dans un silence presque mortel avant de débouler devant un restaurant. Le lieu, « influenceurs friendly », avait une devanture vert boisé qui tranchait avec les bâtiments ocres qui l'entouraient. L'intérieur avait été décoré avec précision : on retrouvait les mêmes teintes de vert qu'à l'extérieur, accompagnées d'un marbre blanc au niveau du bar et des tables ainsi que quelques tableaux, d'art abstrait. La salle principale donnait sur une terrasse avec vue sur la mer, où nous prîmes place.

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