No Doubt
Je pénétrai dans ma chambre d'hôtel, épuisée. Le repas partagé avec Jos avait été copieux, et j'avais ensuite été contrainte de me rendre sur le paddock pour m'assurer que l'équipe logistique avait correctement réparti les box entre les différents bureaux. Ce travail ingrat m'avait été attribué en tant que petite nouvelle de l'équipe voyage. J'avais donc passé les dernières heures debout, une liste à la main, vérifiant que nous avions bien reçu tout ce qu'il nous fallait pour travailler durant le week-end.
C'est sans énergie que je m'affalai sur mon lit, tentant de me convaincre que je ne devais pas m'endormir si tôt, au risque de me réveiller en pleine nuit et de ne pas réussir à m'adapter au changement d'heure. Je me rassurai en me disant que le décalage horaire de l'Australie était le pire de l'année, car celui-ci venait de me traumatiser.
— Putain, mais quelle connasse de merde !
Un bruit de verre éclatant sur le sol ponctua l'exclamation, me faisant me redresser brutalement, surprise. Le bruit provenait de la porte que je n'avais pas réussi à ouvrir le matin même. À ma grande surprise, il ne s'agissait pas d'un placard, mais d'un couloir semblable à celui qui composait l'entrée de ma chambre. Intriguée par le bruit et la voix que je pensais reconnaître, je m'y aventurai.
— Max ? dis-je en pénétrant dans l'espace salon de la suite qui lui avait été attribuée.
— Sienna ! s'exclama-t-il en surgissant d'une autre pièce menant au salon.
Ses joues rosies, ses yeux rougis, et ses cheveux en bataille témoignaient de son état inhabituel. Une colère sourde émanait de lui, même si je ne connaissais pas encore son origine.
— Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il.
— Je t'ai entendu crier. De toute évidence, nos chambres communiquent. Encore que, la tienne... ce n'est pas une chambre, c'est un palace, lançai-je en tournant sur moi-même pour observer les lieux. Je suis persuadée que c'est plus grand que chez moi.
Je tentai de jeter un coup d'œil derrière lui pour comprendre l'agencement de son espace, mais rapidement, mon attention se reporta sur Max.
— Nos chambres communiquent, répéta-t-il. C'est donc ça, cette porte. J'ai essayé de l'ouvrir tout à l'heure, mais je n'ai pas réussi.
— Elle doit sûrement être déverrouillée des deux côtés, supposai-je.
— Comment est-ce possible qu'ils m'aient refilé une chambre qui communique avec la tienne ? demanda-t-il, comme si j'avais la réponse.
— Je suis partie déjeuner avec ton père aujourd'hui, répondis-je simplement. C'était, en réalité, l'unique explication. Mais toi, ça va ? demandai-je, remarquant que son irritation ne s'était pas dissipée.
— C'est un carnage, dit-il en secouant la tête. D'habitude, je me fiche de ce que les gens disent, mais là... Merde. C'est juste trop facile. À quel moment je deviens responsable de ce que l'autre con dit ou ne dit pas en interview ? Tout le monde me regarde bizarrement maintenant. Et cette connasse n'a pas pu s'empêcher de tweeter sur l'injustice de la décision. Mais je m'en fiche que ce soit injuste, il n'avait qu'à fermer sa bouche !
Son monologue colérique me confirma que je n'aurais pas de réponse précise à ma question. Pas que j'en aie vraiment besoin.
— Alors arrête de regarder ce qu'ils disent sur Internet, proposai-je en haussant les épaules. Tu sais que tu n'es pas raciste, je le sais aussi.
— Ils l'ont banni à vie du paddock... Imagine s'ils me bannissent, moi.
— Ils ne vont pas te bannir, assurai-je. Et sinon, c'est quoi ton plan pour la soirée ?
VOUS LISEZ
Muse
Fanfiction-Je souhaiterais que toi et Max vous remettiez ensemble. Ce n'est pas comme ça que commence cette histoire. Elle commence, quand j'avais douze ans. Quand j'ai rencontré un petit garçon qui m'a fait part de son rêve de devenir pilote de formule 1. C...
