Libianca
Je ne croyais pas vraiment en Dieu, ce qui était rassurant, parce que rien ne viendrait sauver mon âme. Et étrangement, tout au fond, à droite, sous une étagère quelque part au fond de mon âme damnée, j'y prenais un peu de plaisir. Là, tout de suite, après ce qu'il venait de dire. J'y prenais un peu de plaisir.
Il était gagnant ? Parce que j'étais avec lui ? Mais j'étais quoi, moi ? Un trophée dans un concours d'ego ? Est-ce que je lui plaisais ou est-ce qu'il détestait Max ? Mais pourquoi est-ce qu'il détesterait Max ?
Est-ce que je pensais trop ?
— Je vais l'appeler, tout de suite. C'est quoi ton plan ?
— Pas de problèmes, une certaine somme d'argent, et je ne dis rien. On s'engage à ce que les autres ne disent rien également. Tu peux les convaincre ?
— Bien évidemment, dis-je sans hésitation. Aucun ne voudra de problèmes, ils seront sans doute soulagés que je les appelle.
— Ok. Tu l'appelles, tu m'introduis, et je m'occupe du reste.
Je secouai la tête positivement et, alors que je m'apprêtais à reculer, il m'attrapa par le bassin et me rapprocha de lui pour déposer un baiser sur mon front. Un frisson de dégoût me traversa tandis que je priais pour qu'il ne voie pas la grimace, mal dissimulée, qui traversa mon visage.
—T'en fais pas, tout va bien se passer.
Je pris une lente inspiration pour ne pas me reculer trop rapidement. Quand je pus enfin me redresser, je dus aussi retenir un soupir de soulagement. Certaines lignes n'étaient pas faciles à franchir.
Je sortis de la cuisine pour atterrir dans le hall de l'entrée.
— Jos, c'est moi.
— Enfin, pendant un instant, j'ai cru que tu nous avais abandonnés.
—Merci pour le vote de confiance, je fis un tour sur moi-même pour m'assurer que personne ne se trouvait à proximité. Je suis avec John, il veut te parler.
Le rire gras de l'ancien pilote atteignit mes oreilles. Pour quelqu'un qui devait s'assurer que la carrière de son fils ne soit pas remise en cause, je le trouvais extrêmement détendu.
— Sienna, Sienna. J'ai toujours su que tu serais bonne à ce jeu.
— Ce n'est pas un jeu, Jos, c'est la vie de quelqu'un.
— C'est un jeu si on gagne. Aujourd'hui, nous gagnons. Attends une petite... non, une grosse demi-heure après notre conversation avant de lui faire signer les documents.
— C'est tout ?
— Non, fais en sorte qu'il ne lise pas le document, il ricana à nouveau.
Je retournai dans la cuisine et tendis mon téléphone à John, qui affichait un grand sourire. Nous échangeâmes nos places, je me retrouvai dans la cuisine à attendre, pendant qu'il était en pleine conversation avec Jos. Je m'installai sur une chaise et commençai à jouer avec le reste du café que j'avais bu quelques instants plus tôt.
Au départ, je n'avais pas été convaincue par le plan. Faire signer un accord de non-divulgation, qui l'effrayerait au point qu'il n'oserait plus jamais approcher Max, une station radio, et même un micro. Simplement en l'empêchant de le lire. Comment ? L'idée devait venir de lui.
C'était sa confiance en lui qui perdrait John. Ça, et puis son crush pour moi. Ou, au choix, sa détestation de Max.
Si je devais remercier Jos, c'est que grâce à lui, j'avais été à bonne école. Manipuler quelqu'un consistait à jouer avec ses émotions. Il s'agissait de les influencer de manière à obtenir la réponse souhaitée. Les manipulations de Jos fonctionnaient parce que sa victime était un participant volontaire. Jos se contentait de donner ce que la personne souhaitait. Et la satisfaction du désir amenait à l'action souhaitée. John signerait le contrat sans le lire, car cela lui donnerait l'opportunité de me prouver à quel point il était meilleur que Max.
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Muse
Fiksi Penggemar-Je souhaiterais que toi et Max vous remettiez ensemble. Ce n'est pas comme ça que commence cette histoire. Elle commence, quand j'avais douze ans. Quand j'ai rencontré un petit garçon qui m'a fait part de son rêve de devenir pilote de formule 1. C...
