Mended Souls

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-Casey Hurt


— Tu peux la garder si tu veux, dis-je en lui tendant la médaille.

À défaut des trophées qui étaient conservés par les écuries, nous, les pilotes, avions le droit de garder une médaille en souvenir de notre victoire. À la vue du sourire de la jeune femme, je ne regrettais pas d'avoir participé à la course... ni de l'avoir gagnée.

— Mon champion, dit-elle en déposant une main sur mon visage.

Je l'attrapai et l'embrassai.

Elle avait bien meilleure mine que lorsque je l'avais quittée. Les médecins étaient très positifs : elle se remettait bien et nous pourrions envisager sa sortie dans les prochains jours. J'avais toujours su que sa guérison serait longue, mais c'était une chose de le savoir... et une autre de le voir. La lenteur avec laquelle les progrès arrivaient me pesait. Le pire, c'était que je me sentais responsable de son état. J'étais celui qui avait introduit Kelly dans nos vies.

À l'époque, elle était encore en couple avec Kwyatt, que je connaissais depuis longtemps. Naturellement, quand j'étais arrivé en Formule 1, j'avais commencé à traîner avec lui... et, par conséquent, avec Kelly. Seulement lorsque Sienna n'était pas dans les parages, ce qui n'arrivait pas souvent, mais suffisamment pour que je finisse par considérer Kelly comme une amie. Une amie assez importante pour que je me confie à elle après ce que je croyais être une trahison de la part de Sienna.

— Stop, dit Sienna en reposant sa main sur mon visage. Je peux t'entendre penser. C'est une bonne journée. Je veux passer un bon moment.

— Ok... dis-je en frottant mon visage pour chasser mes pensées.

Elle se décala pour m'inviter à m'installer à côté d'elle dans le lit. L'étroitesse du matelas la força à se retrouver plus allongée sur moi que sur le lit. J'attrapai la tablette posée sur la table de chevet et la lui tendis. Son doigt s'agita sur l'écran pendant plusieurs minutes, et je me figeai, sa tête posée contre mon torse, près de mon cœur.

— Oh, c'est l'épisode avec le cheesecake ! Il est trop bien, celui-là.

En bonne fan de Friends, Sienna était capable de reconnaître les épisodes rien qu'à partir de la première scène. J'avais toujours été impressionné par cette capacité. C'était une part entière de sa personnalité : quand elle avait une idée en tête ou une série préférée, cela tournait à l'obsession, la poussant à en connaître les moindres détails. Dans le cas de Friends, son attrait était facile à comprendre. Très jeune, elle s'était retrouvée livrée à elle-même, ses parents étant trop préoccupés par eux-mêmes pour s'intéresser à elle. Friends lui renvoyait ce sentiment d'appartenance qu'elle avait toujours cherché. Elle avait fait de ses amis sa famille. Elle avait fait de ma famille sa famille. J'avais été sa famille... et je l'avais laissée tomber.

— Max. Je peux encore t'entendre penser, dit-elle en se redressant pour planter son regard dans le mien. Je vais bien. Tu vas bien. On va bien. Qu'est-ce que je dois faire pour que tu te détendes ?

— Épouse-moi.

Les mots avaient franchi mes lèvres avant même que mon cerveau ne puisse les retenir. L'idée ne m'avait jamais traversé l'esprit de façon si clair, mais oui... c'est ce que je voulais. Je n'imaginais pas ma vie sans elle. J'avais déjà expérimenté la vie sans elle, et ce n'était pas quelque chose que je voulais revivre. Je voulais être là pour elle dans les bons comme dans les mauvais moments. Être la première personne qu'elle appelle, celle qu'elle souhaite voir le matin au réveil. Je voulais l'épouser. Je voulais qu'elle soit ma femme, et être son mari. La balançoire, le chien, les enfants... Je voulais tout.

MuseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant