Ta douleur

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Camille

La soirée se poursuivit jusqu'à tard dans la nuit, pour le plus grand bien de chacun. Les saisons étaient très stressantes, aussi toute occasion était bonne pour se détendre. Et pour une fois, nous avions eu la bonne idée de sortir un soir de week-end sans grand prix. J'avais donc tout le loisir de me reposer le lendemain, et je me laissais largement aller. Martin et moi enchaînâmes les shots de tequila comme à notre habitude, mais cette fois, comme nous nous retrouvâmes en boîte de nuit, Chloé était là pour monter avec moi sur une des tables.

— Je suppose que tu as passé une bonne soirée.

Le ton était aussi froid que le bleu de son regard. Mais peut-être que j'interprétais mal, car je me sentais encore bourrée de la veille.

Un coup d'œil à l'horloge installée dans mon entrée me suffit pour admettre que c'était le cas. Nous étions rentrés moins de cinq heures plus tôt, et je me souvenais avoir insisté pour que nous prenions un dernier shot avant d'aller nous coucher.

L'absence de réaction de Martin, endormi dans mon canapé quand ma porte d'entrée avait sonné, était un autre indicateur.

— Qu'est-ce que tu fais ici ?

Non pas que sa présence me dérangeât, mais elle était surprenante. Max n'était pas du genre à débarquer à l'improviste. Surtout pas un dimanche à 10 heures du matin.

— Je suis venu te parler, mais je crois que je dérange, dit-il, le regard posé sur la forme que Martin dessinait dans le canapé.

— Donne-moi cinq minutes, je prends une douche et on peut prendre le petit-déjeuner dans le café en bas.

— Je t'attends là-bas. Ne me fais pas attendre trop longtemps.

Non, je n'avais pas halluciné, son ton était bien glacial. Je refermai la porte d'entrée derrière lui.

— C'était quoi ? demanda Martin, la voix pleine de sommeil.

— Rien, rendors-toi, lui ordonnai-je en me rendant dans la salle de bain.

Je pris la douche la plus rapide de l'histoire de ma vie avant d'enfiler un legging quelconque ainsi qu'un sweat à capuche. Ok pour ne pas le faire attendre, mais dans ce cas, il ne fallait pas s'attendre à un glow up de ma part. À la base, j'avais eu l'intention de dormir au moins jusqu'à midi.

Une fois dans le café, je repérai tout de suite Max, un café serré devant lui et un allongé posé à la place vide en face. Malgré son air sombre, il avait pensé à moi. J'appréciais l'intention, mais venant de lui, j'avais l'impression que le moindre petit geste avait une signification plus profonde.

Heureusement que l'idiotie n'était pas un crime, sinon j'aurais pris perpétuité depuis longtemps.

Je m'installai sur la chaise qui m'était destinée et, parce que c'était devenu une habitude, je bus une gorgée du café avant de dire :

— Je vous aime.

— Dis ça au type dans ton canapé.

Je ne savais pas si c'était l'alcool encore présent dans mon sang ou parce que je n'avais jamais vraiment vu Martin autrement que comme un ami, mais je répondis bêtement :

— Quel type dans mon canapé ?

— Fais pas l'idiote, Sienna, je l'ai vu. D'ailleurs, c'est qui ce type ?

— Martin, m'exclamai-je comme si quelqu'un venait d'allumer la lumière dans mon cerveau. Tu connais Martin, il est dans mon ancienne team.

— Et je peux savoir ce qu'il faisait dans ton canapé ?

MuseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant