Sia
Ma tête cognait si fort que je crus pendant un moment que la migraine allait me forcer à vider le contenu de mon estomac dans les toilettes. J'étais un bordel comme pas possible, et je n'avais même pas l'option de dire que je proscrirais l'alcool à l'avenir, car cela aurait été un mensonge éhonté que personne ne prendrait la peine de considérer. Je repoussai le bras qui ne m'appartenait pas mais qui était tout de même en travers de mon torse. Il fallait tout de même que je trouve un moyen d'en réduire les quantités. Je soupirai et sortis du lit pour me rendre dans la salle de bain. La fraîcheur de l'eau me tira un cri de complainte avant qu'elle ne se réchauffe. Je traversai le trou à rat qui me servait d'appartement, à la recherche de mon uniforme.
Ce qui était bien, quand on travaillait pour une écurie de Formule 1, en plus de simplement avoir l'opportunité de travailler en Formule 1, c'était le dress code obligatoire. Je n'eus donc pas besoin de chercher des habits à mettre, je me contentai d'enfiler le polo de l'écurie propre que j'avais à ma disposition. J'enfilai également des chaussettes arrivant un peu en dessous de mi-cuisse avant de mettre une jupe bleu marine et des Doc Martens basses.
Une fois prête, je tentai de faire réagir l'homme encore présent dans mes draps de mon lit. Il gémit de douleur, et je fus dans un premier temps soulagée de le découvrir toujours vivant, puis agacée de comprendre qu'il ne voulait pas se réveiller. Je voulais qu'il dégage avant de partir au travail, mais au regard de l'heure, je comprenais que je n'avais pas tout ce temps-là à ma disposition. Je lui laissai donc un mot lui indiquant qu'il pouvait se contenter de claquer la porte en repartant. Une fois dans la rue, je me mis à la recherche de caféine. Je savais que je ne serais pas en mesure d'assumer le tube londonien sans la précieuse molécule circulant dans mon sang.
— Pas trop dur le réveil ?
Pour toute réponse, je me contentai de grogner dans la direction de Martin, l'un de mes collègues et amis. Puis j'allumai mon poste avant de m'avachir sur la chaise.
Après mes études en aérodynamique, j'avais eu la chance incroyable de décrocher un stage de fin d'études chez PREMA, et depuis lors, je n'avais même jamais envisagé de trouver un autre travail. J'avais gravi les échelons depuis la FRECA jusqu'à la Formule 1 à la force de mon travail, ce qui ne m'avait pas empêchée de me faire une réputation de fêtard, dont Martin aimait beaucoup jouer. Lui comme moi faisions partie de l'équipe d'aéro à domicile, ce qui signifiait que, contrairement à l'équipe voyage, qui se déplaçait de Grand Prix en Grand Prix, nous étions en permanence à Milton Keynes.
— Dis-toi qu'au moins t'étais tellement soûl que t'as pas eu le temps de stresser pour la réunion de ce matin.
Mes yeux s'écarquillèrent en me souvenant de la raison de mon état désastreux du matin. Depuis que j'avais intégré l'équipe à domicile, et donc la Formule 1, je rêvais d'intégrer l'équipe voyage. J'en faisais la demande tous les ans presque depuis mon intégration chez Red Bull. Au départ, je savais que je n'avais pas encore les compétences, mais j'espérais que ma motivation pour la rejoindre me permettrait de me faire connaître des bonnes personnes. La bonne personne. Adrian Newey. Travailler à ses côtés, même de loin, était déjà un honneur exceptionnel, mais faire partie de l'équipe voyage était le goal ultime. L'accomplissement de mes années d'études, de mes rêves de petite fille, la justification pour tous les sacrifices que j'avais dû faire pour y parvenir.
La boule d'angoisse dans mon estomac, que j'avais réussi à faire disparaître à l'aide de bière bon marché la veille, refit son apparition. Tous les ans, c'était la même rengaine. Dès le mois de septembre, nous commencions à préparer les affectations pour la saison suivante. Même si, en réalité, les changements de poste étaient rares, la direction prenait tout de même le temps de faire un point sur les compétences et désirs de chacun. La réunion à laquelle faisait référence Martin était celle qui devait déterminer si oui ou non je pouvais rejoindre l'équipe voyage.
VOUS LISEZ
Muse
Fanfiction-Je souhaiterais que toi et Max vous remettiez ensemble. Ce n'est pas comme ça que commence cette histoire. Elle commence, quand j'avais douze ans. Quand j'ai rencontré un petit garçon qui m'a fait part de son rêve de devenir pilote de formule 1. C...
