Descendants 2
Je n'avais jamais pensé que je puisse être, un jour, le vilain dans l'histoire de quelqu'un d'autre. Et pourtant, j'en étais arrivée là. Assise à une table reculée dans un pub londonien quelconque, avec, face à moi, Kelly Piquet.
C'était véritablement une belle femme. Je le savais, mais sa présence face à moi était un rappel piquant de ce fait.
Ce qui rendait les choses sans doute pires de son point de vue. Nous avions tous une peste en nous, et la peste en elle devait rager de voir son mec s'éloigner d'elle pour se rapprocher de moi alors que, objectivement, elle était la meilleure partie.
Après l'Australie, les choses entre Max et moi avaient évolué encore plus rapidement. Passer presque une semaine ensemble avait fait remonter nos vieilles habitudes. Désormais, à chaque Grand Prix, nos chambres d'hôtel communiquaient systématiquement (je ne savais pas si je devais remercier ou engueuler Jos). Nous avions aussi pris l'habitude, chaque soir, que je me force à conduire un peu, puis de dormir et de nous réveiller ensemble (il me réveillait, mais c'était un détail).
Quand il n'y avait pas de Grand Prix, chaque fois qu'il était en Angleterre, nous dînions a minima ensemble, et le plus souvent, nous trouvions aussi un moment pour que je conduise ou simplement pour passer du temps ensemble.
J'étais heureuse.
Je passais ce temps avec Max et, même si nous ne pourrions jamais rattraper les années passées l'un sans l'autre, je réapprenais à le connaître. Je découvrais ce qui avait changé (il était bien plus affirmé dans ses positions, ses décisions), et ce qui était resté comme avant (entre autres son humour et sa manière de voir le monde). J'aimais ce temps, j'aimais retrouver notre complicité.
Nous étions désormais bien plus proches que ce que la décence aurait accepté au regard de son statut relationnel. Nous nous tenions sur une ligne très fine, sans jamais la franchir. Surtout, nous n'évoquions jamais Kelly.
Comme je la voyais rarement, même sur le paddock, j'avais réussi à bloquer son existence dans mon esprit. Je m'étais convaincue qu'il appartenait à Max de mettre des barrières, et s'il ne le faisait pas, je n'allais pas le faire pour lui.
Aussi, j'avais été étonnée de recevoir un appel de Kelly. Je supposais que cela avait été naïf de ma part. Si elle avait évoqué son malaise face à notre relation avec Max, et que celui-ci n'avait pas réagi, son dernier recours était de se tourner directement vers moi.
Elle voulait que nous nous rencontrions pour discuter.
J'avais été extrêmement tentée de refuser. Je souhaitais maintenir ma position : loin des yeux, loin du cœur. J'étais prête à être l'antagoniste de son histoire, je n'avais pas besoin d'être une connasse finie. Mais ma curiosité avait pris le dessus. Je voulais savoir ce qu'elle avait à me dire. À me demander si je ne devais pas être plus honnête. Même si j'avais une idée du chemin que s'apprêtait à prendre notre conversation.
Nous nous étions donc donné rendez-vous dans un pub discret où ni l'une ni l'autre ne risquions de croiser des connaissances respectives.
— Merci d'être venue, débuta-t-elle, la gorge nouée.
Je pouvais sentir son malaise. Je compatissais à son malaise. Mon retour dans la vie de Max n'avait jamais eu pour but de blesser qui que ce soit. C'était simplement que je ne voyais pas ma vie sans lui, et j'avais passé les sept dernières années à l'attendre.
Attendre n'était plus parmi les cartes à ma disposition. La vie ne m'avait pas fait de cadeau : j'avais appris très jeune à me débrouiller seule, d'abord en raison du détachement émotionnel de mes parents, puis par la force des choses après leur accident. Si je voulais quelque chose, je me battais pour l'obtenir. J'allais me battre pour obtenir Max.
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Muse
Fanfiction-Je souhaiterais que toi et Max vous remettiez ensemble. Ce n'est pas comme ça que commence cette histoire. Elle commence, quand j'avais douze ans. Quand j'ai rencontré un petit garçon qui m'a fait part de son rêve de devenir pilote de formule 1. C...
