Dehors on entend des sirènes.
- La police.
- Vous ne savez pas reconnaitre le bruit d'un gyrophare ?
- Ce n'était pas une question.
Sourires.
- Qui vienne-t-il chercher ?
- A votre avis. Qui de nous deux est coupable ?
- Il faut admettre que nous sommes tous les deux en tort.
- Attendez, il arrive.
- Il ?
On frappe à la porte. Une fois.
- Le coup.
Pas de réponse.
- Le silence.
Une respiration hésitante.
- Le soupir.
La poignée se tourne.
On est sur le point d'entrer.
Encore quelques secondes à tenir la note. Quelques secondes pour finir la page. On reçoit les dernières instructions.
- A vous l'honneur.
- Merci. Ce fût un plaisir de discuter avec vous. Sincèrement. Je pense, sans mentir, que nous avons aujourd'hui compris, que rien ne sert de courir, il faut partir à point. Un énième proverbe. C'est à moi qu'incombe la lourde tâche de résumer l'histoire... Disons que tout ceci... Tout ceci dépend d'une chose plus grande que la vie ou la mort, le meurtre, ou l'anonymat. Cela dépend d'une idée, une bonne idée, et d'un esprit, assez bien conçu et, surtout assez bienpensant. D'une paire de main valide, de temps, de silence, et de volonté. C'est ce mot que nous avons choisis d'écrire avant le point final. Car il nous en fallu. Beaucoup. La volonté de tuer, mais aussi celle de la résilience volontaire d'un homme. La volonté de la police de trouver un responsable, tant et si bien qu'elle désignera le mauvais. Oui, ils ont également convenu de cela ensemble. Ils ne reviendront pas sur le texte. Le coupable, en prison, aura un exemplaire du manuscrit, une fois parut en librairie. L'autre, en liberté et, loin de tout soupçon, se délectera de ces quelques pages en buvant un café crème. Souriant, comme n'importe qui se trouvant face à l'histoire, captivante, de son futur passé qui, cette fois-ci, est bel et bien derrière, déjà écrit avant même qu'il ne se réalise. Quelle superbe partition, quel superbe roman ils ont écrit ensemble. Sur un dernier dialogue, le lecteur comprend tout. Il referme le livre et le pose sur la tranche; car une note au début du texte indique que c'est ce que souhaite l'auteur, afin de rappeler que tout est une question d'équilibre. Celui qui prend doit savoir donner. On ne cherchera pas à comprendre, on se contentera d'exécuter le geste symbolique. Car telle est sa volonté.
Un silence. Un soupir. Un regard. Un bruit métallique caractéristique. Un sourire ? Puis, enfin...
- Monsieur Camille Toncenin ?
Aux attentifs le fin mot de l'histoire.
P.S : Cherchez l'anagramme. Telle est notre volonté.
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Double jeu
Mystère / ThrillerUn spychologue rencontre sa nouvelle patiente. Dotée d'une grande intelligence, elle semble prendre un malin plaisir à lui raconter des mensonges. Cependant, à la fin de la première séance, elle finit par lui avouer que... dans 3 semaines, le jour d...
