Chapitre 52

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عَلَيْكُمُ السَّلَامُ وَرَحْمَةُ الله وَبَرَكاتُهُ

Bismilah

2 jours plus tard













Le silence règne dans la pièce commune. Je suis assise dans le canapé , une fine couverture sur les genoux, les yeux posés sur la vitre où filtrent les derniers rayons du jour. Je suis pâle. Cernée. Les cauchemars ne m'ont pas quittée. Pas plus que le malaise ambiant.

Sofiane arrive derrière moi, silencieux, une tisane fumante dans les mains. Il la pose devant moi sans un mot, puis s'accroupit à ma hauteur. Son regard me détaille une seconde de trop.

Sofiane : Tu devrais la boire maintenant. C'est pour calmer l'estomac... Et le reste.

Il tend la main et remet une mèche de cheveux derrière mon oreille, dans un geste lent, presque tendre. Trop lent. Trop doux. Et j'aime pas ça, mais je sais que je suis pas apte à répondre ou à me défendre, beaucoup trop affaibli et sous le choc. Si je sais bien une chose, c'est de ne jamais prendre une décision dans un état de choc, ou de surprise , nos émotions tuent malheureusement et fausse nos perceptions et jugements sur l'instanté.

Je frissonne, plus par surprise que par gêne. Je ne répond pas, mais mon regard fuit celui de Sofiane. Et dans l'ombre de la pièce voisine, Imrân a vu.

Il n'était pas censé écouter. Encore moins observer. Mais depuis notre retour, il ne dormait presque plus non plus. Il rôdait dans la villa comme un fantôme, veillant. Et là, ce geste, cette familiarité... il l'a vu. Et c'est la goutte de trop.

Il entre dans la pièce à pas feutrés. Sa voix claque, dure, maîtrisée :

Imrân : T'es devenu quoi, toi ? Infirmier ou prétendant ?

Sofiane se redresse lentement, son regard devient immédiatement tranchant.

Sofiane : T'as un problème ? Elle est blessée, je m'occupe d'elle. Comme d'habitude.

Imrân : Ah ouais ? Parce que replacer une mèche de cheveux, c'est un acte médical maintenant ? Tu m'as pas l'air trop pressé de poser un diagnostic.

Je serre la tasse entre mes doigts. Mon cœur s'accélère. Je les connaît trop bien. Ce ton-là n'a rien à voir avec une simple tension professionnelle.

Moi : Arrêtez. *à peine audible*

Mais Imrân continue, les mâchoires crispées, ses mots acérés :

Imrân : T'as toujours eu ce petit besoin malsain d'être le sauveur. Sauf que là, tu frôles autre chose.

Sofiane s'avance d'un pas, son regard ne quitte pas celui d'Imrân.

Imrân : Et toi, t'as toujours préféré rester dans l'ombre, hein ? Regarder sans agir. Juger sans t'impliquer. C'est pas nouveau.

Un silence pesant s'installe. Je me lève, la tasse tremble dans ma main.

Moi : Vous vous rendez compte que vous êtes en train de faire une compétition ridicule sérieux, parce que là vous faites juste pitié.

Je les regarde l'un après l'autre. Ni faiblesse, ni caprice. Juste une lassitude profonde.

Moi : Je ne suis pas un prix à gagner.

Je sors de la pièce, claque la porte derrière moi.

Un silence s'étire. Sofiane détourne les yeux. Imrân reste figé, ses poings encore serrés. Mais cette fois, la faille est ouverte. La façade est fendue. Il faudra bien que tout éclate — tôt ou tard.


































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⏰ Dernière mise à jour : Jun 08, 2025 ⏰

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