Aaron
— L'assistante sociale voudrait te rencontrer aujourd'hui si tu t'en sens capable, dit doucement la mère d'Éden en posant une main sur mon épaule.
Je relevai la tête.
— Aujourd'hui ?
Elle hocha la tête doucement.
— Elle pense que c'est important que tu sois entouré, mais aussi que tu aies ton mot à dire. Elle peut venir ici, si tu ne préfères ne pas bouger.
Je ne savais pas ce que je préférais. Je ne savais rien. Chaque décision me semblait trop lourde. Mais je hochai la tête malgré tout. Je ne voulais pas rester figé.
— D'accord.
Éden posa une main sur la mienne. Son geste était simple, naturel. Et pourtant, je sentis une bouffée d'émotion me remonter à la gorge. J'avalai difficilement.
— Tu veux qu'on parle un peu ? me demanda-t-elle d'une voix douce.
Je réfléchis un instant puis me leva.
— Viens.
Elle me suivit sans poser de questions. Je montai les escaliers, retournais dans la chambre, et m'assis sur le lit. Je regardai le mur en face, vide.
— J'ai peur, Éden, dis-je enfin.
Elle s'assit près de moi, sans un mot. J'entendis juste le froissement léger du drap sous son poids.
— J'ai peur qu'on m'arrache ce qu'il me reste. Que tout disparaisse. Toi. Cette maison. Même Jules. Il m'a parlé comme si j'étais quelqu'un de normal. Et ça m'a fait du bien. Mais j'ai peur que ce soit temporaire.
Elle ne répondit pas tout de suite. Puis elle prit ma main, fermement.
— Ce n'est pas temporaire. Pas si tu veux que ça dure. Pas si tu acceptes qu'on soit là.
Je fermai les yeux.
Je voulais y croire. De toutes mes forces.
Mais une part de moi, brisée, refusait encore.
Et pourtant, sa main dans la mienne... me donnait une raison d'essayer.
***
Le soleil avait tourné. Il baignait à présent la chambre d'une lumière dorée, douce et poussiéreuse, comme si la journée elle-même hésitait à avancer.
Je n'avais pas dit grand-chose depuis ce matin. Éden était restée avec moi un moment, puis m'avait laissé seul, respectant un silence que je n'étais même pas capable de briser. J'avais besoin d'être seul. Mais je ne voulais pas être seul non plus. C'était confus.
Vers quatorze heures, on frappa à la porte. J'entendis des voix en bas. D'abord celle de la mère d'Éden, puis une autre, plus professionnelle, posée mais pas froide.
L'assistante sociale.
Mon cœur se serra. Je descendis lentement, comme si chaque marche était une décision à prendre.
Elle se tenait dans le salon, droite mais pas rigide, un classeur contre elle. Elle avait la cinquantaine, des lunettes cerclées de métal et un regard clair, franc. Elle m'aperçut et me sourit doucement.
— Bonjour, Aaron. Je suis Madame Lefèvre. Je suis désolée de devoir te rencontrer dans ces circonstances.
Je hochai la tête. Je ne savais pas quoi répondre. Il n'y avait rien à dire.
Elle m'invita à m'asseoir avec un geste calme. La mère d'Éden servit du thé, puis se retira discrètement. Éden resta assise à côté de moi, silencieuse. Sa présence me réconfortait.
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Timeless Love
RomanceTogether Forever • Tome 1 Timeless Love • Tome 2 Twisted Hearts • Tome 3 Peuvent se lire indépendamment ( spoil attention) Résumé : Elle venait d'emménager dans cette nouvelle ville suite au divorce de ses parents. Elle ne se doutait pas qu'elle a...
