Aaron
Juin 2028.
Les photos défilaient à l'écran. Les souvenirs également. Je me replongeai dans ma vie d'avant. Celle où j'habitais encore à Nice, celle où Gabriel était encore présent. Lorsque le manque me submergeait un peu trop, je ne cherchais plus à me réfugier dans la nourriture, non, désormais, je faisais un tour dans mes souvenirs et le manque finissait par s'estomper peu à peu. Au moins durant un temps.
Le curseur clignotait doucement au bas de la vidéo, mais je ne cliquais plus. Je restais là, figé, un sourire accroché aux lèvres, devant cette vidéo que j'aimais regarder en boucle : Gabriel riait et dansait avec Azalée sur le sable chaud tandis que je courais après Éden avec un crabe dans les mains. C'était lors d'une de ces sorties à la plage, où nous nous coupions du monde. Nous rions, nous étions heureux, la caméra tournait dans un coin mais personne ne s'en préoccupait, elle était seulement présente pour immortaliser nos après-midis.
La vidéo suivante était d'autant plus belle. Nous courions tous les quatre, main dans la main, dans l'eau. Un magnifique coucher de soleil était présent, ne faisant de nous que des ombres qui s'élançaient à la mer.
Je défilais dans ma galerie à la recherche d'une vidéo bien particulière avec Gabriel. Nous n'étions que tous les deux sur celle-ci. Nous nous adressions à la caméra, promettant de toujours être là l'un pour l'autre, de faire ce fameux mariage à quatre que nous avions planifié mais qui n'aura malheureusement jamais lieu.
Plongé dans mes souvenirs, je fus soudain surpris de sentir un souffle chaud dans ma nuque qui déposa un doux et tendre baiser. Des bras venus de derrière mon dos passèrent autour de moi et l'on déposa un nouveau baiser au creux de mon cou.
— Tu fais quoi mon coeur, souffla ma copine qui venait désormais de s'asseoir à mes côtés.
— Je regarde... des souvenirs.
J'inclina mon écran de façon à ce qu'elle puisse regarder avec moi et je continuai à défiler une à une les photos.
— Wow, ça parait tellement loin tout ça, débuta-t-elle, ça fait du bien quelque part de revoir tout ça.
— Oui, je les regarde souvent quand Nice me manque un peu trop.
— Tu ne m'as jamais dit que Nice te manquait autant.
— Parce que je ne voulais pas te priver de ce que tu voulais construire ici, répliquai-je en toute sincérité.
— Tu me l'aurais dit on aurait peut-être pu faire autrement, y réfléchir ensemble, lança-t-elle.
— Je ne voulais pas être un obstacle à tes projets mon coeur, t'as l'air tellement de t'épanouir ici. Je n'aurais pas voulu gâcher ça. Je voulais te suivre, parce que... je te suivrais n'importe où.
Son visage semblait fermé, elle réfléchissait à quelque chose, mais à quoi ?
— Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ? finit-elle par demander. Je ne veux pas te forcer à rester ici si ce n'est pas ce que tu veux, mais une relation à distance, est-ce aussi simple ?
J'étais perdu. Partagé entre l'idée de rentrer, et celle de rester à ses côtés. Je ne me voyais pas vivre aussi loin d'elle. Mais le manque de ma ville commençait à réellement me peser.
Éden se leva, prit sa veste sur le porte-manteau non loin de l'entrée et ouvrit la porte.
— Je reviens, je vais faire un tour, lança-t-elle avant de refermer la porte derrière elle.
***
Une heure plus tard, elle revint sans un bruit. Elle déposa son manteau sur la chaise du salon et me rejoignit dans le canapé. Sans un mot. Seulement ses doigts qui cherchèrent naturellement les miens.
— Je suis désolée pour tout à l'heure mon amour, commença-t-elle. Je n'aurais pas dû partir, mais j'avais besoin de faire le vide un moment.
— Ne t'inquiète pas, je comprends, la rassurai-je.
Je déposai un baiser sur sa tempe, ma main caressant doucement sa cuisse.
— Viens, on va se couler un bain ? J'ai besoin de te sentir contre moi, sans penser à rien, proposai-je en me redressant.
Elle se leva, me tendis sa main et m'emmena en direction de la salle de bain.
L'eau coulait pendant que je la déshabillais lentement. Mon souffle s'attarda dans son cou, mes mains désormais posées au creux de ses reins.
— T'as pas idée de tout ce que j'ai envie de faire là, maintenant... dans un bain plein de mousse.
Son regard plongea dans le mien intensément. Cherchant à déceler ce à quoi je pensais. Soudain, ses mains empoignèrent le bas de mon t-shirt et le levèrent. Je l'aida à m'en débarrasser. Puis ses doigts descendirent vers le bouton de mon jean et le firent sauter avant de le faire glisser au sol.
Une fois totalement dévêtu, je glissai dans le bain chaud qui nous attendait. Éden me rejoignit, elle se cala entre mes jambes. Je la ramena davantage vers moi de façon à ce que son dos entre en contact avec mon torse. Lentement, mes mains se baladèrent sur son corps à commencer par ses bras. Mes doigts remontèrent jusqu'à ses épaules et descendirent vers sa poitrine. Je commençai alors à les caresser doucement.
Par la suite, ma rousse se retourna face à moi et commença à tracer des lignes invisibles sur mon torse, retraçant d'abord le contour de mes pectoraux puis de mes abdos. Elle se rapprocha un peu plus de moi, déposa un doux baiser dans mon cou et remonta progressivement jusqu'à ce que son nez se colle au mien puis chercha mes lèvres. Et dans un élan fougueux, elle mordit ma lèvre inférieure avant de m'embrasser.
Nos deux bouches se retrouvèrent alors, nos souffles se mélangeaient. Éden tomba progressivement sur moi tandis que nos lèvres vaquaient à leur occupation. Ses mains rencontrèrent mes cheveux encore secs pendant que les miennes empoignèrent ses fesses pour la ramener encore plus proche de moi.
Nos baisers s'enchainaient à une allure folle. Comme si nous avions besoin d'évacuer des sentiments enfouis. Au fur et à mesure, mes lèvres quittèrent les siennes pour se nicher dans son cou puis entre ses deux seins.
Une fois la température redescendue entre nous, elle s'allongea de nouveau contre moi, nous regardant désormais tous les deux dans le miroir qui se tenait face à nous. Un sourire se dessina sur ses lèvres que je venais tout juste d'abandonner et, sans hésiter, elle prit de la mousse, tourna son visage vers le mien et la déposa sur ma bouche. J'en prit également pour en déposer sur le bout de son nez et nous partîmes immédiatement dans un fou rire. La scène en soit n'était pas si drôle mais c'était dans les moments simples comme celui-ci que nous rions pour un rien.
J'attrapai ensuite le gel douche et commença à lui laver le haut du corps en la massant. Elle se laissa faire contre moi.
— Si on rentrait à Nice ? Pas juste pour toi, mais pour nous. Parce que moi aussi, notre vie là-bas me manque, prononça-t-elle.
Je la fixa un instant. Le pensait-elle vraiment ?
— T'en es sûre ? Je ne veux pas que tu regrettes...
— Sûre, affirma-t-elle.
Elle se tourna de nouveau vers moi, me sourit et je fondis longuement sur ses lèvres.
— Merci mon coeur, susurrai-je contre sa bouche.
Nous restâmes ensuite un moment dans notre bain. Je l'entourai de mes bras tandis qu'elle faisait des ronds sur l'un d'eux avec le bout de son doigt.
Une fois séchés, nous nous installâmes dans notre lit, l'ordinateur posé sur la couette à la recherche de notre futur appartement niçois. Nous étions prêts, ensemble, à retourner là où notre histoire avait commencé pour en écrire un nouveau chapitre de notre vie. Gardant en mémoire cette parenthèse londonienne qui resterai toujours ancrée quelque part en nous.
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Timeless Love
RomanceTogether Forever • Tome 1 Timeless Love • Tome 2 Twisted Hearts • Tome 3 Peuvent se lire indépendamment ( spoil attention) Résumé : Elle venait d'emménager dans cette nouvelle ville suite au divorce de ses parents. Elle ne se doutait pas qu'elle a...
