Chapitre 3 • 1e jet

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Aaron

Je commençais à sentir naître en moi des sentiments de plus en plus forts pour Éden Jensen. Je me surprenais à penser davantage à elle et à la place spéciale qu'elle occupait dans mes pensées.

Sa manière si délicate et attentionnée de s'intéresser à ma situation familiale, me réconfortant et me soutenant, m'avait profondément touché. Son roux flamboyant, éclatant comme un feu de joie, illuminait sa personne. Et que dire de son visage d'ange, si pur et apaisant.

Tous ces éléments réunis faisaient que mon cœur battait de plus en plus fort chaque fois que je me trouvais en sa présence. Plus je passais de temps avec elle, plus il devenait clair pour moi que je tombais progressivement, mais irrémédiablement, amoureux de Éden Jensen.

Cette nuit passée chez elle m'a fait réaliser qu'en une semaine, quelques petites choses avaient changé. Je me sentais mieux mentalement, malgré les disputes qui persistaient chez moi. J'étais heureux. Et surtout, je savais que je comptais réellement pour Éden.

Même si je savais désormais qu'elle avait des vues sur quelqu'un du collège, je savais que ce n'était pas moi. Pour elle, nous étions simplement amis, et rien de plus.

En conséquence, ce sentiment d'amour, qui prenait de plus en plus de place au creux de mon cœur, devait rester là où il était, enfoui et silencieux. Chaque battement de mon cœur semblait murmurer son nom, mais je savais que ces murmures ne franchiraient jamais mes lèvres. Éden ne découvrirait jamais l'intensité des émotions que je ressentais pour elle. Je savais pertinemment que mes sentiments n'étaient pas les bienvenus, ce n'était pas moi qui faisait battre son coeur.

La journée se déroula rapidement. Une fois arrivé chez moi, je fus surpris de voir que mon père n'était pas là. Je montai alors poser mon sac dans ma chambre puis redescendis pour aider ma mère à préparer la table.

— Bonjour mon chéri, ça c'est bien passé ta journée ? me demanda-t-elle.

— Oui, c'était bien.

Elle commença à cuisiner tandis que je sortais les couverts.

— Ton père ne mange pas avec nous ce soir, me prévint-elle, voyant que je sortais trois fourchettes. Il mange avec des collègues pour un pot de départ.

Je ne posais pas plus de questions et me mis à dresser la table avec application. Lorsque je revins dans la cuisine, tout mon monde bascula. Ma mère, occupée à attacher ses cheveux à la hâte pour être à l'aise en cuisinant, se tenait de dos. Alors que je l'observais discrètement, mon regard fut attiré par un geste rapide. C'est alors que je vis, juste en bas de son cou, une ecchymose bleutée, partiellement dissimulée par son col.

Mon père ne faisait pas que crier le soir.

La peur m'envahit, je ne pouvais en parler à personne, sinon tout me retomberait dessus. Je fis donc mine de ne rien avoir vu et aida ma mère à préparer à manger.

Une fois à table, nous parlâmes de nos journées respectives. Elle me demandait s' il se passait quelque chose avec Éden. Le rouge me montant aux joues, je ne pus nier bien longtemps.

Après avoir débarrassé, je monta dans ma chambre pour me coucher. Cela me faisait bizarre qu'il n'y ait aucun bruit en bas.

***

Je dormais tranquillement, bercé par le silence qui régnait dans la maison. Il devait être trois heures lorsque j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir brusquement et des pas lourds dans le couloir. Mon père rentrait. Mais je savais au fond de moi, qu'il était ivre. Mon pire cauchemar prenait vie.

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