Chapitre 26 • 1e jet

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Aaron

Quelques jours plus tard.

Le soleil n'avait même pas encore percé les rideaux que je sentis Éden bouger à côté de moi. Un soupir discret, puis le froissement des draps. Elle se leva doucement, croyant sans doute ne pas me réveiller. Mais dès qu'elle quitta la chaleur de notre tout nouveau lit, mon bras tâtonna le vide qu'elle venait de laisser.

— Éden ? marmonnai-je, la voix encore prise de sommeil.

Pas de réponse, juste le bruit feutré de ses pas sur le parquet. Puis, la porte de la salle de bain se referma doucement.

Je restai allongé un instant, clignant des yeux dans la pénombre. Puis, comme un gosse trop curieux, je me redressai, m'adossant contre la tête de lit.

— Tu fais quoi ? Tu vas bien ? demandai-je à travers la porte.

Un petit rire fatigué me répondit.

— Je vais bien... enfin, mes règles viennent d'arriver.

Je me levai aussitôt, tirai une paire de chaussettes au hasard dans le tiroir, et me postai devant la porte, collant mon front contre le bois.

— T'as besoin de quelque chose ? Je peux aller chercher ton coussin préféré, ou te faire du thé, ou une armée de chocolats chauds ?

— Tu peux commencer par arrêter de parler à la porte, dit-elle en riant à moitié. J'arrive.

Quand elle ressortit quelques minutes plus tard, ses traits étaient un peu tirés. Elle frotta ses bras, frissonnant dans son t-shirt.

— Allez, viens là, dis-je en la soulevant à moitié pour l'emmener dans le salon.

Je la déposai avec précaution sur notre nouveau canapé, l'installant comme un trésor fragile sur une pile de coussins. Elle esquissa un petit sourire fatigué.

— Je crois que t'as raté ta vocation de majordome attentionné.

— J'envisage sérieusement la reconversion, soufflai-je, en embrassant rapidement son front.

Je filai dans la cuisine, fis chauffer une bouillotte et attrapai une couverture. Une fois revenu, je m'installai à ses côtés, glissai la bouillotte contre son bas-ventre, et la recouvris doucement.

Puis, je déposai une série de baisers, sur son cou, son menton, le bout de son nez, sa joue, son front. Le dernier, plus lent, trouva naturellement ses lèvres. Elle ferma les yeux, apaisée.

— Merci, murmura-t-elle.

— Toujours là pour toi, répondis-je en allumant la télé.

Je lançai l'un de ses films préférés, un vieux classique réconfortant qu'elle regardait à chaque changement de saison. Tandis que les premières images défilaient à l'écran, elle se rapprocha doucement, se calant contre moi.

Sa tête se posa sur mon torse, une jambe repliée sur le canapé. Je passai ma main dans ses cheveux, encore légèrement ondulés par mes tentatives hasardeuses de tresse des jours précédents.

— J'ai progressé, hein ? dis-je doucement, en caressant une mèche.

— Honnêtement ? Tu frôles le diplôme, souffla-t-elle.

On resta comme ça. Ensemble. Dans le calme. Dans la tendresse.

***

Le film terminé, Éden s'étira doucement contre moi, les yeux encore perdus dans l'écran noir. Je sentais qu'elle était encore un peu fatiguée, son corps lourd, sa respiration lente. D'un baiser sur sa tempe, je murmurais :

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