Chapitre 24

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Ce matin quand je me réveille, je suis surpris de constater que ce n'est pas si mal de prendre son temps. Je me suis levé à l'heure - pour une fois - et depuis 5 minutes, ma mère me regarde en fronçant les sourcils, pendant que j'avale mes tartines.

" Tu vas finir par me dire ce qui se passe ? " me demande-t-elle, impatiente.

Je soupire.

- Rien Maman, je me lève et je prends mon petit-déjeuner pour aller au lycée, je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de bizarre là dedans.

- Tu t'es levé à l'heure Enes, c'est ce qui est bizarre ! D'habitude je te réveille parce que je remarque que tu es toujours dans ton lit, mais là tu n'as pas eu besoin de moi.

Je ricane légèrement.

- Et tu veux savoir que j'ai besoin de toi ?

Elle s'empourpre et me fusille du regard. Je ne la comprends pas, je fais des efforts et elle me les reproche. Je finis de manger, débarrasse la table et prends son visage dans mes mains.

- Ton fils reprend sa vie en main, normalement je devrais voir un sourire sur tes lèvres.

- Il n'y a pas qu'à l'école que tu reprends quelque chose en m ..

- Maman, je siffle.

Elle émet un petit rire. Si c'est pour lui parler de Nija, ce n'est même pas la peine.

- Bon, déclare ma mère, tiens les clés de la voiture, Nicolas va me déposer.

Mon sourire s'abaisse ce qui lui vaut un autre fou rire.

- Roh Enes, ça va bientôt faire trois ans qu'on habite ici. Fais des efforts.

Elle me tire la joue et je m'en dégage en murmurant un vulgaire "M'ouais". Elle me sourit et je lui fais un bisou sur le front en lui souhaitant une bonne journée et me dirige vers la porte.

J'arrive au lycée et cherche automatiquement Nija des yeux, sans trop en faire. Les autres se retrouvent et s'exclament en se serrant dans les bras comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis 6 mois. Pathétique. J'ai beau eu à travailler, je suis certain que mes vacances ont été meilleures que les leurs.

Je vais épater les profs avec le retard que j'ai rattrapé en moins de deux semaines et je n'en suis qu'impatient. Ils vont bien fermer leurs gueules.

Mais j'ai beau traversé les couloirs et monter les marches de ce foutu lycée, je ne vois Nija nulle part. J'ai même aperçu Laure et ces pestes d'amies. Je lui envoie un message pour lui demander où elle est mais elle ne me répond pas aussi vite qu'hier.

Conscients que nous ne pourrions pas nous voir étant donné que le père de Nija, ne travaille pas le dimanche, nous avons passé presque toute la journée à s'envoyer des textos. Elle, était très à l'aise ; moi c'était tout le contraire, je ne savais pas trop quoi lui dire et était même ravi qu'elle ait des sujets de conversations en poche. C'est comme ça qu'on a parlé de musique, de voyages et de nous.

C'est une fois, arrivé en classe, que je la vois, assise à sa place - c'est à dire devant - le visage fermé. Sans me soucier du regard des autres, je me dirige vers elle et lui lance un petit salut.

Elle lève les yeux vers moi, me fait un faible sourire et commence à placer ses affaires sur la table.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Je lui demande, sentant la colère monter en moi.

Elle secoue la tête sans même me regarder. Je commence à serrer les poings. C'est une mauvaise blague j'espère ? C'est quoi son problème avec l'ignorance ? C'est son fantasme. Elle aime m'humilier de la sorte ?

SpeechlessOù les histoires vivent. Découvrez maintenant