Chapitre 20

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Quand je me lève, la première chose que je fais n'est pas de regarder l'heure mais de voir si j'ai un quelconque message de Nija.

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Je lâche un grognement de frustration. Son dernier message date d'avant hier. Ce qu'elle peut m'énerver quand elle fait ça : s'isoler toute seule et ne plus m'adresser la parole du jour au lendemain comme si je merdais à chaque fois. D'ailleurs j'en ai marre de courir après elle. Je peux être détestable par moment (il suffit de demander à ma mère) mais là je n'ai rien fait qui puisse la laisser se comporter de la sorte.

J'avais été tenté un peu plus tôt, de lui demander comment s'était passée sa journée et tous les autres petits messages ridicules que s'envoient certaines personnes pour engager ou continuer une conversation. Mais ce n'est pas mon genre et puis au fond si elle m'a dit qu'elle est malade, c'est qu'elle veut du repos. Je ne veux pas jouer les mecs curieux même si j' éprouve une profonde envie de lui demander ce qu'elle a.

Je descends, seulement vêtu d'un boxer et soupire quand je vois l'état du salon. Hier, Nija n'est pas venue alors je n'ai fais aucun effort pour qu'elle soit présentable. Le carton de la pizza que j'ai acheté hier traine encore sur la table. Je prends une part et remets les autres restantes au frigo. Si ma mère me voyait , elle ferait une syncope.

Je lâche un juron en voyant qu'il n'y a plus de bière. Je pense que je vais aller faire des courses avant la tombée de la nuit, histoire d'avoir quelque chose à me mettre sous la dent demain. Il manque quelques trucs et puis je veux boire devant la télé. Du moins, en attendant que l'autre donne le moindre signe de vie. Je m'étais habitué à sa compagnie et il était misérable de voir que juste un jour sans elle, pouvait me rendre désagréable.

La dernière fois que l'on s'était vu, je m'étais ouvert à elle, j'avais parlé de mon père comme je ne l'avais jamais fait auparavant et même si elle m'avait prévenu cette fois de son absence, je me sentais totalement ignoré.

 Après, il ne faut pas s'étonner que l'on se referme sur nous-mêmes ...

Je monte prendre une douche avant d'aller au supermarché. Heureusement que Maman m'a laissé la voiture, je serais mort de faim autrement. Je laisse l'eau couler sur mon corps. Je ne me laisserais jamais de cette sensation de plénitude. Comme si le simple fait d'être entièrement recouvert d'eau, pouvait me vider l'esprit. Mais je ne reste pas trop longtemps. La derniere chose que je souhaiterais serait de m'être déplacé pour rien.

Sur la route, je me surprends à rouler lentement et quand bien même je lui en veux un peu, un petit rictus se forme au coin de ma bouche en songeant aux marques qu'elle a laissé dans mes habitudes. Mais quelques minutes plus tard, je reprends très vite le contrôle de la voiture et accélère.

Une fois arrivé, je ne perds pas mon temps. Je prends uniquement ce qu'il manque à la maison : de la bière, des pâtes et des plats surgelés que je me contenterais de réchauffer et de bouffer devant la télé. J'attrape des Crunch® au passage quand je réfléchis à ce que je mangerais demain matin. Une fois fini, je sors du magasin, assez fier de moi quand une voix m'interpelle. Je me retourne et aperçois Samson, sourire aux lèvres.

En le voyant , je me demande s'il a déjà eu des problèmes dans sa vie. Sa démarche laisse à penser qu'il n'est jamais pressé et il a l'air de ne se soucier de rien. Sauf de mon cas scolaire bien entendu.

"Alors Enes, comment se passent tes vacances ?" dit-il en me tendant la main.
Je fronce un peu des sourcils à cette question. Les gens ne veulent jamais vraiment savoir si vous passez réellement de bonnes vacances, juste si vous êtes prêts pour votre examen. Je serre sa main  avec un peu de froideur et lui répond :

SpeechlessOù les histoires vivent. Découvrez maintenant