Camp Ennemi: La Tornade ( chapitre 39)

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partie 2.

   En un instant elle se retrouva sur le pont de la nef. Des cris de douleur sortaient de la chambre de Dimitri et Syréna. En deux pas elle entra dans la pièce... Allongée sur le lit, la jeune épousée se tordait de douleur. Dimmé la démone, se précipita vers elle ; Syréna souffrait ! Les cheveux trempés de sueur, elle se tenait le ventre. La reine des ténèbres les écarta et posa les siennes sur son abdomen distordu.

-Chut... Calmes-toi ma fille, laisses-moi faire.

-J'ai si mal, gémit la jeune femme, oh Dimmé si tu savais, comme c'est douloureux.

-Je le sais enfant, allez, tu vas voir tout va bien aller...

Elle mit ses mains sur le ventre torturé et, comprit aussitôt ce qui se passait ! L'homoncule chassé de la fille des Univers, se réfugiait dans sa jumelle maudite. Les yeux de rubis étincelèrent, il n'y avait pas de temps à perdre ! Elle devait le chasser ! Ses ongles acérés griffèrent le ventre de Syrena, de ses yeux jaillit une lumière rouge sombre qui les engloba. La jeune femme continuait à subir son horrible calvaire. Syrena sentait en elle une métamorphose, cet enfant qu'elle portait depuis de longs mois, elle le connaissait bien. Jour après jour, elle avait suivi son évolution, elle le caressait, lui parlait, devinait ses petits membres. Elle l'aimait autant que Dimitri, ses deux amours, ses hommes ! Malgré le tribut à verser à sa mère adoptive, Dimitri restait son credo, et cet enfant était le fruit de leurs amours.

Terrifiée par ce qu'elle percevait en elle, elle tentait désespérément de se souvenir de Sophia et tout le bien qu'elle lui avait apporté ! Rageusement elle essayait de lutter contre la mutation qui s'opérait en elle ! Son corps à l'abri sous la clarté couleur sang, les mains de la reine des Ténèbres en bouclier, dans la nef qui dansait sur les flots en colère, tout n'était qu'attente et craintes.

La tornade faisait rage à l'extérieur, tous aidaient aux manœuvres, le fleuve était si large à cet endroit qu'ils n'en voyaient pas les rives. Quand la tornade s'apaisa enfin, nul n'aurait su dire combien de temps s'était passé. Un calme inquiétant succédait à la tempête. Epuisés les hommes restaient là, assis sur le pont, leurs visages ruisselants d'eau et de sueur, une chaleur étouffante, plombait les membres. Dans la chambre aussi, Syrena reposait. Enfin libérée de ces atroces souffrances, elle gisait immobile. La maudite Démone avait levé le bouclier de ses mains, seule restait le rouge sombre de la protection.

YUMANA : La Fille des UniversTome II.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant