Les Visites D'Oumaima: Chapitre 25

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     Sans que nul ne le sache, la guérisseuse, alla retrouver la Mère du Monde Terre. Dans son refuge, Gaia assise face à son cristal, l'attendait.

-Bonjour, Oumaima dit-elle d'une voix faible. Je suis heureuse que tu sois là.

Oumaima approcha, quand elle regarda la Mère de Tout, elle reteint un hoquet de surprise. Gaia sourit :

-Oui, mon règne s'achève, en léguant tous mes pouvoirs à Yumana, j'ai donné ma vie aussi. Je vais pouvoir enfin me reposer, ne crois-tu pas Oumaima ?

Les mains de l'aveugle parcoururent le visage sillonné de profondes crevasses de Gaia, elle sentit ses mains aux veines saillantes et la maigreur de ses bras.

-Oui, je meurs enfin, chuchota la Mère et j'espère emporter avec moi, toutes mes erreurs et les maux qu'elles ont provoquées !

-Non hélas, Gaia, ta dernière traitrise tuera Yumana si tu ne fais rien !

-Mais comment ?

-Clouomh Solais, ignorais-tu qu'elle était souillée par les forces du mal ?

-C'est impossible, je l'ai ramené des galaxies, tu le sais bien toi !

-Ce que je sais, c'est que l'épée salie, et les sangs mêlés du gaulois et de la déesse versés sur la pierre sombre, ont empoisonnés celle-ci !

-Je me meurs Oumaima, que puis-je faire ?

Alors la guérisseuse parla tout bas à Gaia. Puis, le cristal qui veillait sur elle depuis la nuit des temps s'éteignit doucement. Leurs mains unies, la Mère de tout, achevait sa course dans le Monde qui lui avait été confiait. Oumaima recueillit ses dernières confidences et, finalement son dernier souffle. Sur le trône cramoisi, il ne restait plus qu'une perle de cristal éteinte...

Calix avait regagné sa chère forêt ! Cependant dans les murmures de la source de vie et de ses ancêtres, les vieux chênes, quelque chose avait changé ! Il avait le sentiment de ne pas être le bienvenu...

Un léger bruit lui fit tourner la tête, devant lui se tenait la guérisseuse. Ses yeux laiteux l'observaient attentivement.

Calix ressentit une violente douleur, qui le plia en deux. Son cœur se mit à battre la chamade, il tendit ses mains qui tremblaient vers l'aveugle :

-Pitié, pitié, Dame Oumaima.

Il s'assit au bord de l'eau sacrée.

-Elle est partie n'est-ce-pas ?

-Oui, elle est retournée dans les limbes dont nous l'avions sortie !

-Que se passe-t-il ? Je sens un grand danger !

Oumaima le rejoignit et narra les derniers événements dans toute leur gravité. Le dernier des druides écoutait attentivement et l'on pouvait lire sur son visage sa stupéfaction !

-Dame Oumaima, je n'ai jamais voulu qu'une telle chose arrive ! Par tous les mages du Monde, comment et pourquoi ?

L'épée druide, l'épée.

-Pourtant les oracles divins et humains avaient parlés ! Cette cérémonie devait avoir lieu et j'ai suivi à la lettre les ordres !

-Je le sais Calix : pourtant il y a des choses que tu ne savais pas ! Et personne ne t'a averti ! Même pas Gaia... Elle m'a dit que tu savais que l'épée était souillée.

-Non ! Par mes ancêtres, je n'aurai pas pris le risque ! Pierig et Yumana sont trop précieux à mes yeux et pour tous !

-As-tu entendu parler, de Dimmé ?

-Non, à part dans mes grimoires, comme d'une légende.

-Ce n'en est pas une, hélas. Dis-moi, si tes grimoires en parlent ! Tu peux m'aider ! Tiens, voici le parchemin que Yumana a trouvé dans la bibliothèque. Je te le confie, essaies de trouver où est l'objet dont il parle, nous en aurons besoin ! Peut-être découvrirons-nous aussi où est la maudite Démone !

-Bien je m'en occupe sur l'heure, comment puis-je te contacter ?

-Nommes-moi, je viendrai et si tu en as besoin, utilises la bibliothèque de l'île. Voici ton laisser-passer.

Elle posa, dans le creux de la main, le cristal de Gaia. Au contact de la peau humaine, il bleuit légèrement et se réchauffa.

Les doigts de Calix se refermèrent et il tourna les talons, pour cacher ses larmes !

La dernière visite d'Oumaima, fut pour Jihan. Quand celle-ci l'aperçut elle devint blême...

Oumaima ne fut pas tendre avec elle ! La déesse ne disait mot, tête basse, elle subissait la colère de l'aveugle, muette.

-Mais ma fille, osa t'elle !

-Tu ne mérites pas cet honneur déesse, pas plus que toi Katarina dit-elle en pointant du doigt la duchesse qui arrivait !

-Voici mes ordres ; vous resterez ici ! Veillez sur cette île, elle est essentielle pour vous, si vous voulez vivre ! Moi je m'occupe de Yumana. Nous réglerons nos comptes plus tard, une fois l'enfant sauvée, sinon... Adieu, car vous périrez tous ! La guérisseuse disparut.

Oumaima ne décolérait pas, elle avait en elle une rage puissante qui lui donnait l'énergie dont elle avait besoin, pour sauver ce Monde d'inconscients !


YUMANA : La Fille des UniversTome II.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant