Il était minuit et quart, et ça faisait deux heures que j'étais dans un coin, loin des lumières aveuglantes qui changeaient de couleur à chaque seconde qui passait, Safae m'avait donné une casquette et m'avait dit que, contrairement à Eduardo, je n'avais pas besoin d'aller parler aux potentiels clients, c'est eux qui allaient venir vers moi, surement en voyant ma casquette.
Mais bizarrement, et même si je n'étais pas très visible, j'avais eu une trentaine de clients, comme s'ils savaient où me trouver, ils n'étaient pas très bavards, ou plutôt ils l'étaient mais pas avec moi, ils venaient généralement en groupe de deux, de trois ou de quatre et parlaient entre eux en attendant que je sorte ce qu'ils avaient demandé.
L'ambiance était torride quand on s'y mêlait, mais dès qu'on la regardait de loin un peu, elle devenait pathétique.
Des jeunes en chemise, suant, dansant entre eux, des un peu vieux, qui essayaient de parler à des jeunes filles et elles qui fuyaient. Près du bar, des riches qui payaient à des filles qui n'étaient même pas capables d'aligner deux mots de façon claire des verres d'alcool. Puis il y'avait les groupes, ceux qui venaient en groupe étaient les moins pathétiques à vrai dire, ils restaient ensemble, ils buvaient ensemble et il y'en avait toujours un parmis eux qui restait sobre, pour veiller sur les autres.
Plus tard dans la soirée, l'envie folle d'espionner le boss me passa par l'esprit, j'avais vendu tout ce que je devais vendre, je pouvais en vendre plus mais je n'étais pas ici pour me faire de l'argent, alors je traversai la piste en me frayant à chaque fois le chemin entre deux corps ivres suants.
Je tombai sur Eduardo, il avait le visage qui dégoulinait de sueur, un verre à la main, il dansait avec une fausse blonde, verre à la main aussi, elle portait une robe rouge bordeau, assez moulante, elle lui arrivait jusqu'à mi-cuisse, elle avait une tache foncée au niveau du ventre, de l'alcool surement. Elle était ivre et elle riait beaucoup et bougeait beaucoup, Eduardo était aussi un peu ivre, il riait mais ne bougeait pas.
Nous nous parlâmes à chaque fois en rapprochant nos bouches de nos oreilles et en criant.
Eduardo : Salut ! Comment se passe ta soirée ? Je te présente Kassy, Kassy voici Akram !
Je ne l'avais même pas regardé, je m'en foutais pas mal de qui était Kassy.
Akram : Ça va, j'ai vendu ce que je devais vendre. Et toi ?
Eduardo : Moi aussi ! Et un peu plus encore ! Assez pour me payer un verre... Tu t'en vas ?
Akram : Non, c'est bon, je vais juste aux toilettes.
Je restai un moment devant lui, puis je jettai un oeil à Kassy de haut en bas, en la détaillant du regard, elle était pathétique elle aussi.
Akram : N'abuse pas d'elle. Elle est ivre.
Eduardo : Et je le serai aussi bientôt ! Bonne pisse !
J'aurai pu lui cracher un discours comme quoi une personne ivre ne pouvait pas consentir pour une relation sexuelle, que c'était techniquement un viol, qu'il pouvait attendre le lendemain qu'elle soit sobre, que le sexe avec une personne ivre n'apporte aucun plaisir... Mais je me tû, le méprisai du regard, et continuai mon chemin.
Alors que je quittai la piste, et que je m'apprêtais à quitter les lumiéres, une main me tenit le bras.
Antoine : Hey, toi ! Je te cherchais, tu vas où ?
Akram : Rien. Je vais aux toilettes, tu as dis que tu bossais pas en boîte non ?
Je l'avais remarqué après, mais il avait lui aussi un verre à la main, un verre à consommer plus lentement, avec une paille et un petit parapluie, on se serait cru à Hawaï.
Antoine : Hey bien, je ne suis pas là pour bosser !
Je haussai les épaules et sourit.
Akram : Quoi ? T'es là pour veiller sur moi ?
Il dansait, ses yeux brillaient et il un sourire large lui mangeait la moitié du visage, la musique était très forte alors il s'approchait de moi pour me parler et le souffle de ses mots brûlants contre mon oreille me faisait frissonner.
Antoine : Plus ou moins. Viens danser avec moi !
Ce n'était même pas une proposition, il me prit la main et m'entraina dans la foule, il bû la moitié du verre en quelques secondes et je le voyais à son expression qu'il devenait de plus en plus saoûl.
Antoine : Tu veux boire ? Essaye !
Je hochai la tête avec un visage sérieux pour lui signifier que c'était un non catégorique.
Antoine : Allez ! Fais le pour moi ! Je vais me chercher un autre verre.
Il me tendit son verre et disparu dans la foule des danseurs en délire. Je sentit le contenu du verre rapidement, c'était fort, je n'avais jamais touché à de l'alcool de ma vie, même pas regardé, je tremblais à l'idée d'en boire, mais l'excitation me prit soudainement quand je vis Antoine revenir, verre à la main, alors j'avalai ce qui restait d'un coup.
Le goût était acide, ça brulait la gorge et la langue un peu, mais ça passa rapodement. Je n'y trouvai aucun plaisir.
Antoine : Alors ?
Il parlait en criant et en buvant encore et encore.
Akram : Alors quoi ?
Je souriais bêtement, et il rigolait en me lançant des regards faussement dubitatifs.
Antoine : Fais pas ta sainte, t'as adoré ! Laisse moi deviner, tu veux un autre.
Antoine était beau, je ne sais pas si c'était l'alcool, la musique, les lumières, la foule qui dansait sans s'arrêter, ou juste lui, heureux, entrain de boire sans se soucier de rien. Mais il m'avait semblé beau, et pendant un moment, je ne pouvais détourner le regard de sa bouche, petites lèvres gercées, en sale état à force de se les mordre, et j'ai eu envie de l'embrasser.
Antoine : Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Il rigolait, il avait fini son verre et il l'avait posé quelque part, mais je ne rigolais pas.
Akram : Je sais pas. T'es beau !
Je l'avais surpris, je ne pensais pas pouvoir encore le surprendre, mais son visage s'illumina et il rigola encore plus fort.
Antoine : Pardon ? J'ai pas trop entendu ?
Il se chercha un autre verre et revint rapidement.
Akram : Tu bois trop !
Antoine : C'est pour devenir plus beau encore !
Je ris, et on dansa comme ça, pendant un moment, sans parler, se regardant les yeux dans les yeux, et voyant qu'il était sur le point de s'écrouler par terre, je l'emmenai dans le couloir où il y'avait les toilettes et les escaliers et le fit s'assoir, je restai debout devant lui.
Akram : Je t'ai dis que tu ne devais pas boire, qui va veiller sur moi maintenant ?
Je ne sais pas s'il me comprenait, mais il réagissait à chacun de mes mots par un sourire.
Je m'assis à ses côtés et il prit mon visage entre ses mains soudainement, je ne m'y attendais pas, et j'avais presque cru qu'il allait m'embrasser. Ses yeux étaient à peine ouverts, mais je les voyais bien bleus, même dans l'obscurité, ses mains étaient très grande, elles couvraient de la fin de ma bouche au début de mes cheveux, ses mains étaient chaude. Mon cœur battait à la chamade.
Il bégaya.
Antoine : Je sais que c'est pas très clair, je sais que je fais pitié que j'ai trop bu... Mais je crois que... Qu'il faudra que je t'embrasse Akram.
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Straight Love. [BxB]
Romance"Son image me hante, son regard m'obsède, je suis accro à ses respirations, ses regards, ses sourires, ses beaux yeux bleus clairs. Mais il est hétéro et je suis gay..." Akram, 16 ans, choisi de passer ses vacances dans un village non loin de Lille...
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