Chapitre 23 *

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 Lau poussa avec fracas les portes de l'armurerie.

Axel fut ébloui par la lumière des mousses bioluminescentes, qui ricochait sur les nombreuses armes reposées dans la minuscule cave. Baptiste laissa échapper une courte exclamation de stupéfaction.

Leurs yeux défilèrent sur ces épées à la garde recouverte d'or et de pierres précieuses, à ces lances richement ornées à la valeur inestimable, à ces mousquets devenus totalement inutiles, à présent. Lau se dirigea au centre de la pièce, et virevolta vers eux. Elle se concentra sur les deux pêcheurs.

— Vous avez l'embarras du choix, déclara-t-elle. Faites-vous plaisir.

— Mais ne traînez pas ! grogna Ozy, en voyant les deux faux tritons s'élancer dans la cave.

— Et vous deux ? s'étonna Axel, qui louchait sur une hache qui semblait faire son poids. Vous ne prenez rien ?

— Nous sommes déjà parés, expliqua Lau en tapotant le pommeau d'un de ces coutelas.

Axel remarqua à cet instant précis que la sirène était recouverte d'épées en tout genre, accrochées à son corps par des lanières en tissus miraculeusement solides. Pour ce qui était d'Ozy, le triton se contenait de son trident en piteux état. Son regard se posa ainsi sur son confrère.

Baptiste lui lança un regard étrange, piégé entre l'excitation et l'angoisse.

— Tu sais combien on peut gagner, avec des merveilles pareilles ? souffla-t-il, les mains repliées sur une épée parée d'émeraudes aussi grosses que des ongles. Tu en vends une – seulement une –, et tu n'as plus besoin de bosser jusqu'à la fin de tes jours.

— Nous ne sommes pas des truands, répliqua Axel.

— On en reparlera dans quelques années, quand tu en auras ras-le-bol de te lever à l'aube pour être payé en baguettes de pain.

— Mais nous n'utilisons même pas l'or dans nos échanges !

— On vous attend, je vous signale ! s'impatienta Lau. Choisissez une arme – ou plusieurs, je m'en fiche –, on termine les derniers préparatifs et on fonce !

Baptiste maugréa, mais ne chercha pas à répondre. Axel saisit alors le manche de la hache en fer forgé, et laissa échapper un couinement en essayant de la soulever d'une seule traite. La sirène fit une moue moqueuse, avant de disparaitre subitement derrière le double battant.

Quant à Ozy, il les inspecta d'un œil critique lorsque les deux faux tritons se plantèrent juste devant lui. Alors qu'Axel s'était contenté d'une seule arme, Baptiste, lui, avait les bras remplis de dagues et de coutelas. Le jeune pêcheur se mordit la langue face à ce manque flagrant de discrétion, concernant les arrière-pensées de son confrère.

— Suivez-moi, ordonna Ozy en se retournant.

Les trois tritons déambulèrent dans la demeure du duc, jusqu'à atteindre les cuisines. Des servantes s'affrétaient à préparer des algues, ce qui donna immédiatement l'eau à la bouche du jeune pêcheur, mais leurs doigts tremblants et leurs regards agités lui sautèrent directement aux yeux. Ozy attrapa quatre paquets en tissus, posés sur un rocher qui faisait office de plan de travail, et en tendit un à chaque faux triton. Il garda les deux autres, et les coinça sous son bras.

— Nos provisions pour les cinq prochains jours.

— Et si... notre petite excursion dure plus longtemps ? articula Baptiste.

— Il faudra se débrouiller. On chassera, tout en évitant les gardes qui nous poursuivrons sans relâche pour nous découper en rondelles.

— Super rassurant, grommela le pêcheur tandis que le triton faisait déjà demi-tour. C'est vraiment un peuple chaleureux, hein – dis-moi ?

I am not a fish !Des histoires addictives. Découvrez maintenant