Chapitre 25 *

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 Allongé sur le dos, Axel fixait l'océan noir.

À chaque fois qu'il tentait de fermer les yeux, ses paupières se soulevaient.

Il n'arrivait pas à trouver le sommeil.

Son esprit était un véritable capharnaüm, un concert abominable de voix, d'images et de douleur. Le jeune pêcheur grogna avant de se tourner sur le côté.

À chaque fois qu'il pensait à Morgane – c'est-à-dire assez souvent –, Axel sentait son sang se rigidifier dans ses veines. Le temps jouait contre eux.

Il devait la sauver – ils devaient tous les quatre la sortir de là. Mais Axel savait aussi que, s'il ne se reposait pas un minimum, il nageait tout droit vers la mort.

Plus le temps passait, plus il se demandait ce qui allait se passer, quand ils se retrouveraient face-à-face avec Kim. Axel avait-il une chance de s'en sortir ? Concrètement, il en doutait : l'homme-méduse s'était débarrassé de lui à une vitesse déconcertante, lors de leur première rencontre. Il n'avait aucun doute sur le fait que la créature n'allait pas trouver cela difficile de l'éliminer pour la seconde fois.

Axel déglutit en se convainquant que le principal, c'était de secourir Morgane.

Son regard se posa sur Baptiste. Ce dernier ne dormait pas, lui non plus. Ses yeux, encore voilés de chagrin, étaient rivés sur la voûte océanique qui les dominait. Le groupe n'avait pas trouvé d'abri adéquat pour se reposer, ils avaient été contraints de s'arrêter au plein milieu d'un banc de sable pour passer les heures qui allaient suivre. Heureusement pour eux, les courants marins étaient cléments et ne les chassèrent pas.

Son cœur se serra, en voyant l'autre pêcheur perdu dans ses pensées. Axel en voulait encore aux créatures marines pour l'avoir entraîné dans une situation pareille – vers une mort certaine. Sa gorge s'assainit quand le jeune pêcheur se remémora le visage déconfit d'Anna, ainsi que le désespoir où s'était enterré Baptiste.

Puis, Axel regarda Ozy et Lau : le triton dormait les poings fermés, roulé en boule sur le côté, serrant son trident contre lui comme une peluche. La sirène, elle aussi, était réveillée et avait le regard levé vers la surface, les yeux brûlants de fureur et la mâchoire serrée de frustration. Le jeune pêcheur repensa à la cité à l'épave, à ses portes fermées. Il n'arrivait pas à imaginer dans quel état cela l'avait mise, de se faire repousser par un propre membre de sa famille.

Soudain, son regard noir se braqua sur lui.

— Dors, ordonna froidement Lau.

— Toi aussi, dors, rétorqua-t-il en fronçant les sourcils.

Ozy s'agita dans son sommeil, en marmonnant. Lau se redressa, appuyée sur ses coudes. Elle plissa les yeux.

— Tu as pris du Miroir ? le questionna soudainement.

— Oui. Pourquoi ?

— Et Bastien ?

— Bastien ?

— C'est Baptiste, s'insurgea l'autre pêcheur. Pas Bastien !

— Réponds à ma question, à la place de faire des manières.

— Oui, j'en ai mangé, de votre fameux Miroir. Contente ?

Lau haussa les épaules pour lui répondre, puis se désintéressa immédiatement des deux faux tritons. Axel se tourna vers son confrère.

— Alors, les algues ? Qu'est-ce que tu en penses ?

— Ça se mange. Ce n'est pas révolutionnaire, mais ce n'est pas immonde non plus.

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