Ils s'étaient installés non loin de la fosse pour reprendre leurs esprits.
Axel n'arrivait pas à s'empêcher de jeter des regards anxieux, en direction du ravin. Et si les crabes n'étaient pas tous morts sur le coup ? Qu'ils étaient en train de remonter la paroi, dans l'unique but de se venger et de les déchiqueter avec leurs pinces ? La peur, combinée au choc d'avoir dansé avec la mort d'aussi près, le faisait trembler.
Devant lui, Ozy sermonna Lau :
— Tu es complètement folle ! Tu aurais pu tous nous tuer, avec tes bêtises ! Des tritons gardaient bien ta cité, non ? Ils auraient pu se débarrasser des crabes tout seuls ! Tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu aurais pu nous tuer, Laureline ! Nous tuer !
Cela durait depuis bien cinq minutes, mais la sirène ne bronchait toujours pas. Elle regardait dans le vide, en direction de la cité à l'épave, totalement lessivée.
Axel comprenait la fureur d'Ozy, sans la partager complètement. Oui, elle avait agi sans réfléchir et ils avaient couru tout droit vers la catastrophe tout le long, mais le jeune pêcheur ressentait une certaine admiration pour la sirène. Lau avait gardé son sang-froid pendant toute la course-poursuite, et avait agi comme il le fallait. Il l'observa d'un regard à la dérobée.
Il aurait voulu prendre sa défense, mais sa langue était aussi lourde que de l'or fondu.
— Tu m'écoutes, quand je te parle ? s'énerva le triton, en se rapprochant brutalement d'elle – s'ils avaient été à la surface, Lau aurait senti les postillons de son confrère s'écraser sur ses joues. Tu t'es mise en danger pour rien !
— Et laisser ma cité se débrouiller toute seule ? grogna la sirène, en détournant le regard.
— Oui ! Qu'est-ce qui se serait passé, si les crabes t'avaient eue ? Et nous, dans cette histoire ? Et Morgane, alors ? Elle aurait réagi comment, en apprenant ça ?
— C'est moyen, de me faire du chantage comme ça, marmonna Lau en perdant petit à petit patience.
— Et Ilhan ?
Un silence. Lau tourna son regard estomaqué vers Axel. Il regretta amèrement d'avoir ouvert la bouche, quand la fureur déforma le visage de la sirène.
— Hein ? s'étonna Ozy, en écarquillant les yeux. Qui ça ?
— De quoi vous parlez, encore ? souffla Baptiste, en fronçant les sourcils. C'est un délire sous-marin, de parler de manière cryptique sans donner de contexte ?
— C'est juste que...
— Ôte ce prénom de ta bouche ! hurla Lau en se ruant sur lui, et en l'attrapant violemment par les épaules pour le secouer.
— Du calme ! s'interposa Ozy, en la repoussant. Laureline, sincèrement ! Je... mais enfin...
La sirène respira bruyamment, avant de se masser les tempes. Personne ne parla pendant un moment. Axel l'examina, impassible. Il n'arrivait pas à lui en vouloir, pour la simple et bonne raison qu'il savait que, si elle avait voulu le tuer, elle l'aurait fait sans ciller. Il vit Baptiste jeter des regards confus à tout le monde, sans rien comprendre.
Enfin, Lau dit une simple chose, qui résonna en tout le monde :
— Je suis fatiguée. Désolée. Toute cette histoire me rend dingue, d'accord ? Ça me rend dingue !
Personne n'osa lui répondre, ainsi elle continua son monologue :
— Momo, les méduses, ma cité... Ilhan... je suis fatiguée. Je suis fatiguée car je pense à tout, sans penser à moi. Le rythme que nous a imposé le duc est intenable, et tu le sais ! cria Lau, en jetant à Ozy un regard déchirant. Je réfléchis toujours, et tout le temps, car nous n'avons pas le choix, Ozy – mais pas cette fois. Je n'ai pas réfléchi, car une seconde d'hésitation en trop, et ma cité été condamnée. C'était ça, ou rien. Et je sais que je n'aurais pas dû agir comme ça.
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I am not a fish !
ParanormalRÉÉCRITURE TERMINÉE LE 12/07/2025 Axel est un pêcheur. Sa vie est rythmée par les voyages en mer : chargé de trouver de quoi nourrir les habitants de son île isolé, son quotidien n'a rien d'exceptionnel. Jusqu'au jour où ses filets attrapent une si...
