Chapitre 1 : Prendre un nouveau départ

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«La vie c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre. »

- Albert Einstein -


Je me penchai sur mon bureau pour fouiller dans le désordre qui régnait dessus. Mes longs cheveux bruns me tombèrent devant les yeux. Je glissai derrière mon oreille une mèche rebelle et récupérai un stylo et plusieurs feuilles de papier avant de les jeter dans mon sac à dos noir abandonné sur le sol. Après avoir revêtis ma veste en cuir, je passai l'une des bretelles de mon sac sur mon épaule.

Je relâchai lentement mon souffle en essayant de faire abstraction du nœud qui s'était formé dans mon estomac. J'effaçai l'angoisse qui deformait les traits de mon visage et la remplaçai par un masque d'indifférence sous lequel se cachaient la solitude et la peur. Une fois que je fus sûre d'avoir le contrôle sur ces émotions néfastes, je rejoignis le couloir où je croisai mon grand-père. Celui-ci détacha son attention des papiers qu'il tenait dans ses mains et remonta ses lunettes jusqu'à son crâne parsemé de cheveux blancs pour me lancer un regard interrogateur.

- Tu n'es pas déjà partie ? Tu es sûre que tu ne veux pas que je te dépose à l'Université ?

- Ça risque d'être compliqué d'y aller en voiture avec la circulation à cette heure-ci. J'arriverai sûrement à l'heure en prenant le tramway, ne t'en fais pas.

- D'accord mais tu ferais quand même bien de te dépêcher.

Suivant son conseil, j'enfilai à la hâte mes baskets usés avant de sortir de la maison pour me rendre à l'arrêt le plus proche. Quelques secondes seulement après mon arrivée, le tramway s'arrêta devant moi. Une fois que les dernières personnes furent descendus, je me faufilai entre les différents passagers pour m'asseoir au fond du tramway. Les rues de la Nouvelle-Orléans au charme ancien défilèrent lentement derrière les vitres usées. Il ne restait plus que quelques arrêts avant celui qui desservait l'université cependant le tramway s'arrêta durant de longues minutes à l'arrêt auquel nous nous trouvions actuellement. Le stress me gagna quand les autres passagers commencèrent à manifester leurs mécontentement face à cet arrêt prolongé.

Après plusieurs minutes d'attente, le chauffeur nous annonça qu'il ne pourrait pas repartir pour le moment à cause d'un incident technique. Merde... Je regardai l'heure affichée sur l'écran de mon téléphone avant de jurer à voix basse. Je me frayai un chemin entre les autres passagers pour sortir du tramway en en bousculant accidentellement quelques uns. Je m'excusai rapidement avant de m'élancer dans les rues bondées de passants. Le vent froid de ce mois de novembre frappait mon visage au rythme de mes pas qui martelaient le sol à toute vitesse. Autour de moi, les arbres perdaient peu à peu leurs costumes automnales au profit du voile blanc qui les recouvrira dans quelques semaines.

Au bout de longues minutes de course effrénée, l'Université Loyola de la Nouvelle-Orléans se dressa enfin devant moi. Je m'arrêtai à peine essoufflé devant l'imposant bâtiment en briques rouges et blanches à l'architecture ancienne. J'essuyai mon front moite de sueur en jetant un regard perdu autour de moi. Il fallait que je me dépêche de trouver l'administration pour récupérer mon emploi du temps ainsi que d'autres documents informatifs comme le plan du campus avant d'aller en cours.

- Excusez-moi, où puis-je trouver le secrétariat ? demandais-je à un groupe d'étudiants en train de discuter à l'entrée du campus.

L'un d'entre eux me désigna un bâtiment un peu plus loin, sans m'accorder plus d'attention.

- Merci.

Alors que je me dirigeais vers le lieu indiqué en pressant le pas pour limiter mon retard, quelqu'un me percuta. Celui qui m'avait bousculé, un garçon dont les cheveux bruns étaient en partie dissimulés sous la capuche de son sweat, me fusilla de son regard vert. Il partit sans même s'excuser ou me laisser le temps de dire quoi que ce soit. La brune qui était avec lui s'arrêta à mon niveau en me souriant d'un air gêné. Elle avait des yeux émeraudes et de longs cheveux de jais qui retombaient en cascade au milieu de son dos.

Between Two SidesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant