Chapitre 48 : La fin ?

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« Il y a souvent plus de choses naufragées au fond d'une âme qu'au fond de la mer. »

- Victor Hugo -


Jackson s'engouffra dans la maison en laissant la porte ouverte. Après quelques secondes de doute, je décidai d'entrer à mon tour. Je m'arrêtai net en passant devant la cuisine où Jayden et Ashley étaient attablés. Cette dernière releva la tête pour me dévisager d'un air désolé qui réveilla ma colère. Au contraire, Jayden me jeta un regard furieux, les lèvres pincées avant de reporter son regard sur l'assiette posée devant lui. Quand Ashley se leva pour faire un pas dans ma direction, je tournai les talons pour rejoindre les escaliers.

En entrant dans la chambre de Jackson, je secouai la tête pour chasser le flot de souvenirs, bons comme mauvais, qui m'assaillait. Je jetai la veste de Jackson dans un coin de la pièce avant d'enfiler un jean noir et un sweat à capuche de la même couleur. Alors que je rassemblais mes affaires pour les fourrer n'importe comment dans deux grands sacs à bandoulières, Ashley entra dans la pièce d'un pas hésitant. Je lui jetai un bref regard avant de reprendre ma tâche comme si de rien n'était pour ne pas m'attarder sur la colère qui menaçait de se déverser sur elle à tout moment.

- Taylor, je sais que je dois être la dernière personne avec qui tu as envie de parler actuellement mais je pense que tu mérites une explication à propos de ce qu'il s'est passé. J'ai attendu des années que Jackson me regarde comme il m'a regardé hier. Quand il s'est penché pour m'embrasser, je ne l'en ai pas empêcher parce que je croyais que c'était ce que je voulais, ce que j'espérais depuis de nombreuses années. Mais je n'ai pas ressenti ce que je pensais ressentir. Peut-être que j'ai passé trop de temps à idéaliser ce moment ? Je ne suis plus sûre de mes sentiments à son égard, mais je sais que si Jackson m'a embrassé, c'est uniquement parce qu'il est amoureux de toi et qu'il voulait se servir de moi pour oublier.

Après avoir chaussé une paire de converse grises, je plaçai les bandoulières de mes sacs sur mes épaules et hochai la tête. Je savais au fond de moi que ce n'était pas sa faute, je reportais ma colère sur elle uniquement parce que c'était plus simple que de penser à la douleur provoquée par la trahison du garçon pour lequel j'aurai fait n'importe quoi. Ashley quitta la chambre et après plusieurs minutes, je sortis à mon tour. Jackson était appuyé contre le mur du couloir, les bras croisés contre sa poitrine et la tête rejetée en arrière, en appui sur le mur. Malgré son attitude nonchalante, son corps était tendu comme la corde d'un arc. Ses paupières s'ouvrirent et son regard s'attarda un long moment dans le mien avant que je ne me détourne pour rejoindre les escaliers. Je m'arrêtai sur le seuil avant de lâcher d'une voix peinée sans me retourner :

- Tu as raison, j'ai détruit notre relation par mes mensonges. Mais c'est toi qui y as mis un terme, Jackson.

Il ne dit rien, ne me retint pas et je ne savais pas si je devais m'en réjouir ou en pleurer. Je quittai la maison, sans un regard en arrière et pris le bus le plus proche, sans même savoir où aller. Je regardai pendant près d'une heure les stations défiler jusqu'à ce que le conducteur, une femme d'âge mûr, me fasse remarquer que je devais descendre. Il ne restait plus que moi et le bus était arrivé à son terminus dans une allée située à quelques rues de l'Université. Je récupérai mes affaires et descendis à la recherche un hôtel bon marché où je pourrais passer la nuit. Je n'avais pas la force de retourner à l'hôpital maintenant pour y subir un nouvel interrogatoire de mon amie. Je parcourais les alentours depuis déjà de longues minutes quand une voix familière attira mon attention.

Adkins poussait la porte d'un fast-food à quelques mètres de là, un café dans la main et son téléphone visé à son oreille. Avant même que je puisse réaliser ce que j'étais en train de faire, je laissai tomber mes bagages et marchai d'un pas rapide dans sa direction guidée par la fureur et la tristesse. Alexander dût sentir mon odeur puisqu'il releva les yeux vers moi avant même de m'entendre arriver. La surprise et l'incompréhension se succédèrent sur ses traits en me voyant arriver dans sa direction comme une furie. Je ne lui laissai pas l'opportunité de dire quoi que ce soit et posai mes mains sur son torse pour le pousser en arrière. Il trébucha. Du café éclaboussa sa chemise et son téléphone s'écrasa au sol. Alexander ne tenta pas de m'arrêter alors que je le martelais de coup de poings rageurs. Les passants me regardaient comme si j'étais une aliéné tout droit sortie d'un hôpital psychiatrique mais je n'en avais que faire.

Between Two SidesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant