« En fin de compte, nous sommes laissés infiniment et complètement seuls. »
- Klaus Mickaelson (The Originals) -
- Ça fait quatre jours que tu erres dans ma chambre comme un mort-vivant, il serait peut être temps d'aller récupérer tes affaires, me lança Hayley en avalant une bouchée de ces affreuses gelées distribuées à l'hôpital.
Je fis mine de n'avoir rien entendu et gardai mes yeux rivés sur l'écran de mon téléphone portable. Je n'avais aucune envie de parler de Jackson ou des garçons. Je voulais juste oublier pour ne plus souffrir.
- Sérieusement Taylor. Tu commences à puer.
Je lui lançai un regard mauvais et attrapai un coussin pour le lui jeter en plein visage. J'étais à cran aujourd'hui, sans en comprendre l'origine. Un sentiment néfaste et dévastateur bouillonnait au fond de moi et menaçait de me faire exploser à tout moment. Il y a une heure, j'avais été à deux doigt de mettre mon poing dans le visage d'un brancardier après qu'il m'ait accidentellement bousculé dans un couloir.
- Tu seras bien obligée de le voir un jour ou l'autre, reprit Hayley, sans s'arrêter à ma mauvaise humeur apparente. Vous allez dans la même université et tes affaires sont chez lui. Tu ne vas pas te refaire un dressing complet dans le seul but de ne pas avoir avoir à lui faire face. Autant y aller maintenant et arracher le pansement d'un coup sec.
- À ce niveau-là, ce n'est pas un pansement qu'il faut arracher mais un rouleau entier de sparadrap, lâchai-je avec un rire creux.
Hayley leva les yeux au ciel d'un geste théâtral avec un air agacé sur le visage, mais je savais qu'au fond elle s'inquiétait énormément pour moi. Mes joues étaient creusées par la fatigue et par la faim. À chaque fois que je fermai les yeux, je me réveillai en sursaut quelques minutes plus tard, le souffle court et le corps couvert d'une pellicule de sueur. Son frère m'avait presque fourré de force un muffin dans la bouche pour que j'accepte d'avaler quelque chose, aujourd'hui. Si même Evan commençait s'inquiéter pour moi, j'avais vraiment toucher le fond.
- Je déteste quand tu fais ça.
- Quand je fais quoi ?
- Quand tu fais comme si de rien n'était alors que tu ne vas pas bien du tout.
- Hayley...
- Non, écoute-moi. Tu t'inquiètes pour moi, pour mon frère et je suis sûre que t'inquiètes aussi pour les garçons. Sauf que dans tout ça, tu oublies de te préoccuper de toi. Scott a tué tes grands-parents, tes parents ont été assassiné, le garçon que tu aimes t'a laissé tomber alors arrête de faire semblant. Si tu veux hurler, frapper les murs alors fais le.
Je me rappelai avoir eu une conversation similaire avec Jackson, il y a quelques mois.
- Je préfère ne pas y penser, sourire et rire parce que si je ne le fais pas, je passerais mes journées à pleurer, expliquai-je, sans la regarder. Si je me laisse aller, je ne suis pas sûre de pouvoir me relever.
- Tu es assez forte pour te relever.
- Et si je ne l'étais pas ?
- Alors je t'aiderai à te relever, me lança Hayley, radoucie, après un long moment de flottement. Jackson est amoureux de toi, non ?
- Il ne pourra jamais me pardonner de lui avoir dissimuler quelque chose d'aussi important à ses yeux et ça, qu'il soit amoureux de moi ou non.
- Tu n'en sauras rien si tu restes cloîtré ici et que tu ne vas pas lui parler.
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Between Two Sides
Hombres LoboAprès la mort de ses parents, Taylor espère pouvoir prendre un nouveau départ à la Nouvelle-Orléans, une ville qui a vu grandir sa mère mais où elle n'avait étrangement jamais mis les pieds avant ce tragique événement. Pourquoi ? Cette question ne...
