« On prend tous un sens interdit un jour. »
- Michael Scofield (Prison Break) -
- Je vais prendre quatre gaufres, deux cookies au chocolat, un milkshake et un café, énonça Jackson, le regard fixé sur les écrans du fast-food où nous nous étions arrêtés.
La caissière qui n'avait pas cessé de nous dévisager d'un air étrange depuis que nous nous étions présentés devant elle, nota notre commande. Il faut dire que nous avions l'air de nous être roulé dans la boue. Mes vêtements et mes cheveux étaient recouverts d'un mélange de terre et de feuilles. Jackson était dans le même état. Nous n'étions clairement pas présentables en public. J'avais essayé de protester lorsqu'il s'était garé sur le parking du fast-food pour que nous prenions un petit-déjeuner avant de rentrer. Mais Jackson avait attrapé ma main pour me tirer hors de la voiture en me disant que l'on n'en avait rien à faire du regard des autres.
- Tu veux quelque chose d'autre ? me demanda-t-il.
Je secouai la tête, calculant déjà mentalement tout ce que ça allait me coûter. Je n'avais pas réussi à atteinte la route avant qu'il ne me rattrape. Je lui devais donc un repas. Je sortis ma carte bleue pour payer notre petit déjeuner mais Jackson attrapa mon poignet pour arrêter mon geste avant de tendre un billet de vingt dollars à la caissière.
- Qu'est-ce que tu fais ? m'étonnai-je alors que cette dernière lui rendait sa monnaie. Je suis censée payer étant donné que j'ai perdu.
Quand la caissière s'en alla préparer notre commande, il s'accouda au comptoir avant de se tourner vers moi avec un sourire.
- Laisse tomber. C'était juste pour t'embêter.
- J'aurai quand même pu payer.
- Tu ne peux pas dire « merci » tout simplement ? s'amusa-t-il en posant son menton dans sa main. En général, les gens apprécient qu'on leur paye le repas.
- J'apprécie ton geste mais je ne veux pas que tu te sentes obligé de payer pour moi à cause de je ne sais quel principe comme quoi ce sont les hommes qui doivent payer. J'ai de l'argent moi aussi.
Il se pencha pour me regarder droit dans les yeux. Il ne se tenait plus qu'à quelques centimètres de moi. Je ne pus m'empêcher de détailler son visage : sa mâchoire carrée, sa bouche, ses pommettes, son regard marron aux reflets dorés, toutes ces choses qui faisaient qu'il était ce qu'il était et que j'aimais plus que de raison.
Jackson attrapa mon menton avec un léger sourire pour ramener mon regard dans le sien avant d'ajouter avec plus de sérieux :
- Je ne me sens obligée de rien. Tu n'as pas besoin de payer notre repas pour me prouver que tu n'es pas le genre de personne qui profite de l'argent des autres. Je le sais et la seule chose que j'ai besoin que tu m'offres, c'est ta présence. Tu es déjà tout ce que je veux.
Mon cœur loupa un battement et mon ventre se contracta douloureusement. Mais la sensation n'était pas désagréable. J'étais quasiment sûre que c'était ce que les personnes entendaient par l'expression « avoir des papillons dans le ventre ». Je ne pensais jamais ressentir cela pour quelqu'un un jour et pourtant, il était là : lui avec ses qualités et ses défauts, sa force et ses fêlures. Aujourd'hui, je ne pouvais imaginer une vie où il ne serait pas à mes côtés, où je ne l'aimerai pas comme je n'avais aimé. J'avais besoin de lui aussi sûrement que j'avais besoin d'oxygène pour respirer.
- Tu viens de mettre la barre beaucoup trop haute, couinai-je. Je ne peux rien dire qui puisse rivaliser avec ça.
- Tu n'as rien besoin de dire, dit-il en me regardant avec tendresse. Je te l'ai dit, ta présence me suffit.
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Between Two Sides
WerewolfAprès la mort de ses parents, Taylor espère pouvoir prendre un nouveau départ à la Nouvelle-Orléans, une ville qui a vu grandir sa mère mais où elle n'avait étrangement jamais mis les pieds avant ce tragique événement. Pourquoi ? Cette question ne...
