Chapitre 57 : S'échapper

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"Les gens changent, même Satan était autrefois un ange."

- NF -


Je battis plusieurs fois des paupières en émergeant difficilement du sommeil. J'étais allongée sur le sol froid de la cellule dans laquelle Reagan m'avait enfermée depuis déjà plusieurs jours. Je soupirai et passai mes mains dans mes cheveux. Je regrettai aussitôt mon geste. La douleur me traversa de la tête au pied. Tout mon corps me faisait souffrir depuis que les bêtas de Reagan m'avait passé à tabac. Je n'avais pu que subir les coups en serrant les dents.

Je retins un gémissement de douleur en changeant de position. Je m'adossai au mur derrière moi. Alors que je fixais les barreaux d'un œil mauvais, une voix familière se fraya un chemin jusqu'à mes oreilles, chassant la fatigue qui s'était accumulée dans mon corps. Je fronçai les sourcils et posai une main sur le mur contre lequel j'étais adossée pour me lever. Je me redressai sur mes jambes instables et m'approchai des barreaux. Je fermai les yeux et m'efforçai de me focaliser sur cette voix.

- Qu'est-ce que tu fais là ? s'agaça Reagan.

- Où est-ce qu'elle est ? gronda la voix qui avait attiré mon attention et qui était semblable à la celle de l'alpha.

Alexander. Même si j'étais tenté de hurler pour lui signaler ma présence, je gardais les lèvres closes. Je risquais de le condamner par la même occasion. Il était apparemment seul et il ne faisait absolument pas le poids face à une meute entière.

- Ôte moi d'un doute. De qui est-ce que tu parles ?

- Tu le sais très bien, arrête de jouer. Qu'est-ce que tu lui as fait ?

- À en juger par ton agressivité, j'en déduis que tu parles de Taylor. Je ne lui ai rien fais et je n'ai pas la moindre idée d'où elle peut être. Mais si jamais j'ai une info à ce sujet, je te préviendrai.

- Je te jure que..., commença Alexander d'une voix menaçante.

- Que quoi ? Je savais déjà que tu étais stupide mais je dois dire que tu continues de m'étonner, jour après jour. Tu penses vraiment que tu peux venir ici, dans mon quartier, au sein de ma meute et me menacer ? Depuis quand es-tu aussi suicidaire, petit frère ? Je croyais t'avoir dit de ne plus jamais mettre les pieds ici.

- Tu veux dresser tes loups contre moi ? Vas-y, je les attends ! Je ne partirai pas sans ma fille.

- Ta fille, répéta Reagan avec dédain. Tu ne représentes absolument rien à ses yeux, tu arrives avec dix-huit ans de retards pour ça.

- La faute à qui ? cracha Alexander d'un ton meurtri. J'ai tout sacrifié pour toi, pour te sauver de toi-même. Et tout ça pour quoi ? Aujourd'hui, je n'ai plus rien.

- Je n'ai jamais eu besoin d'être sauvé. Ouvre les yeux et regarde autour de toi, j'ai tout ce dont j'ai toujours rêvé.

- À quel prix ? Tu détruis tout ce qu'il y a autour de toi.

- Tu vois, il est là le problème. Tu as toujours été trop sensible, toujours à essayer de voir le bien là où il n'y en avait pas. On ne gagne pas une guerre avec des grands discours sur la bonté de l'humanité. On aurait pu régner sur cette ville ensemble et partager tout ça, si tu avais choisi de rester à mes côtés. Tu passes ton temps à courir après des gens qui t'empêchent d'avancer et qui te rendent faible.

- Grace et Taylor ne m'ont jamais rendu faible. Au contraire, elles m'ont donné une raison de battre contre toi. Tu le sais et c'est pour ça que tu t'en es pris à elles. Je ne veux rien de tout ça parce que rien de tout ça n'est réel. Ce n'est qu'un joli décor sans âme. Le jour où il s'écroulera, tu te rendras compte que tu es désespérément seul.

Between Two SidesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant