"On ne peut pas changer les gens tu sais. On peut juste leur montrer un chemin, puis leur donner envie de l'emprunter."
- Laurent Gounelle -
L'odeur de la panique suintait par chacun de mes pores. Elle flottait dans l'air et écrasait mes poumons, menaçant de me prendre mon dernier souffle avant que ce ne soit la folie meurtrière de Reagan qui le fasse. Mon cœur battant plus vite que je l'en aurais cru capable, j'essayai de défaire mon bras de sa prise, sans succès. Que faire face à la force surnaturelle d'un alpha ? Je n'étais qu'une fourmi imprudente sous la semelle de sa chaussure. Je compris douloureusement que je ne pourrais pas m'échapper de ce cauchemar quand son sourire cruel laissa apparaître des crocs qui n'auraient aucun mal à traverser ma chair.
- Tu ressembles à si méprendre à ta mère, commenta-t-il, une lueur d'intérêt dans le regard. Belle mais stupide, entêtée et fouteuse de merde.
Mes lèvres tremblèrent, non plus à cause du froid ou de la pluie qui s'abattait sur nous mais à cause des mots acerbes qu'il venait de me jeter à la figure et qui faisait que tous les muscles de mon corps venaient de se contracter violemment.
- Je t'interdis d'insulter ma mère, crachai-je.
L'alpha ne se donna pas la peine de masquer son amusement lorsqu'il se pencha lentement dans ma direction, me surplombant de toute sa hauteur. Tout était calculé, même sa façon de se tenir était une menace silencieuse.
- Ça en est presque mignon. Tu crois sincèrement que tu peux m'interdire ou m'autoriser quoi que ce soit ? Tu n'es absolument rien, juste une insignifiante petite humaine.
- Vraiment ? Pourquoi tu tiens tant à te débarrasser de moi dans ce cas ? De quoi as-tu peur ? osai-je répliquer.
Je ne pus me réjouir d'avoir ébranlé son calme olympien puisque ses doigts s'enfoncèrent furieusement dans ma peau déjà rougis par sa poigne d'acier. Mes lèvres restèrent closes retenant le gémissement de douleur qui menaçait de m'échapper d'une seconde à l'autre.
- Fais très attention à ce que tu dis. Tu n'as absolument aucune idée de ce dont je suis capable. Je pourrais facilement te briser les os un par un jusqu'à ce que tu me supplies de t'achever.
Je m'en voulus de l'avoir provoqué quand sa main relâcha mon bras pour venir enserrer ma gorge, comprimant ma trachée. Plutôt que de gagner du temps, je précipitai ma fin. Avec l'énergie du désespoir, mes doigts agrippèrent son poignet dans le but de lui faire lâcher prise et d'apporter à mes poumons l'oxygène qu'ils réclamaient. Sauf que sa main ne bougea pas d'un millimètre malgré mes efforts. Il était bien trop fort pour moi. Déjà, des points noirs apparaissaient dans mon champ de vision brouillé par les larmes. Alors que je sentais mes forces m'abandonner peu à peu, une lueur d'espoir me gagna quand son attention fut attirée par le frottement d'une paire de semelles sur le béton humide et qu'il desserra assez sa prise pour me permettre de soulager mes poumons en feu.
Sa mâchoire se contracta violemment en apercevant quelque chose ou plutôt quelqu'un derrière moi. Reagan ne me laissa pas le temps de dire ou de faire quoi que soit et plaqua mon dos contre son torse. Prise au piège par son bras qui entourait mon thorax, je hoquetai en découvrant un visage presque identique à celui de mon agresseur. Alexander. Son costume était complètement trempé et ses mèches brunes dégoulinantes d'eau tombaient sur son regard empreint d'une colère noire. Reagan et lui se dévisageaient en chiens de faïence et semblaient partager une conversation silencieuse à laquelle je n'étais pas conviée.
En les voyant l'un en face de l'autre, je constatai que les épaules Alexander étaient moins larges que celles de son frère bien qu'il était un peu plus grand que ce dernier. De plus même s'ils possédaient tous les deux des yeux marrons, le regard de l'alpha possédait des nuances de vert contrairement à celui d'Alexander qui semblait plus foncé, plus sombre, plus torturé.
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Between Two Sides
Lupi mannariAprès la mort de ses parents, Taylor espère pouvoir prendre un nouveau départ à la Nouvelle-Orléans, une ville qui a vu grandir sa mère mais où elle n'avait étrangement jamais mis les pieds avant ce tragique événement. Pourquoi ? Cette question ne...
