"On sent les coups qu'on reçoit, jamais ceux que l'on donne."
- André Malraux -
Jayden, dépêche-toi, répétai-je pour la troisième fois, au pied des escaliers.
- C'est bon, je suis là.
Après une demi-heure passé dans la salle de bain, il descendit enfin les escaliers. Ses boucles blondes étaient retenues en arrière par une légère couche de gel et il portait un simple t-shirt blanc, associé à un jean noir. Tout ce temps pour ça. Il faut dire qu'après autant de temps passé à se préparer, je m'attendais à autre chose. Je soupirai en lui lançant sa veste en jean. Il l'attrapa au vol avant de l'enfiler.
- On devait passer prendre Hayley, il y a déjà vingt minutes, râlai-je alors qu'il attrapait ses baskets.
- On est plus à une minute près donc. Arrête de stresser.
Je levai les yeux au ciel en serrant les poings pour me retenir d'enrouler mes doigts autour de son cou et de serrer très fort. Il se baissa pour nouer ses lacets tandis que je jetais un dernier coup d'œil à mon reflet dans le grand miroir sur ma droite. J'avais opté pour un jean noir, comme le blondinet, auquel j'avais ajouté un pull et un perfecto en cuir tout aussi sombres. Seules mes baskets blanches apportaient un peu de clarté dans l'obscurité de mes vêtements - qui reflétaient plutôt bien la morosité de mon état d'esprit à l'heure actuelle. Alors que je rassemblais mes cheveux bruns pour les attacher en une queue-de-cheval haute, Jayden se posta à son tour devant le miroir pour se regarder une énième fois.
-Alors là non, craquai-je en lâchant mes cheveux pour attraper son bras et le pousser hors de la maison. On en a pour vingt minutes de plus si, je te laisse face au miroir.
- Que veux-tu ? Ça prend du temps d'être aussi beau.
- Ça prendrait moins de temps si tu ne t'aimais pas autant.
- Où est le mal ? Contrairement à beaucoup d'autres, je vis une belle et longue histoire d'amour. Comme on dit, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.
- Tu ne risques pas d'être déçu au moins, m'amusai-je.
- Comme dans toutes les relations, il y a des hauts et des bas mais, je fais des efforts pour que ça marche. J'essaye d'entretenir la flamme en m'envoyant chier de temps en temps.
- Bien sûr, soupirai-je en récupérant les clés de la voiture pour les lui lancer.
- Taylor ? m'appela Travis alors que je m'apprêtais à refermer la porte derrière moi. Soyez prudents. S'il arrive quoi que ce soit...
- On vous appellera immédiatement. Tu as l'adresse. Ça se passera bien, ne t'inquiète pas.
- Je continuerai à m'inquiéter pour vous même lorsque j'aurai un pied dans la tombe, souffla-t-il en frottant ses yeux fatigués avant de reposer ses lunettes sur son nez. Jayden est mon fils et tu es la fille que je n'ai jamais eu. C'est mon rôle de père. Tu es une adulte et tu prends tes propres décisions. Bien que je ne trouve pas cela prudent, je ne vais pas t'empêcher d'aller chez ton ami. Mais, je ne suis pas né de la dernière pluie. Si tu as accepté de t'y rendre, c'est en grande partie pour Jayden. N'est-ce pas ?
Je n'eus pas à répondre. Sa question n'en était pas vraiment une.
- Merci de prendre soin de lui, surtout en ce moment, ajouta Travis après quelques secondes. La dernière chose que je souhaite pour lui, c'est qu'il reste seul et qu'il se referme sur lui-même, comme Jackson a pu le faire après la mort de ses parents.
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Between Two Sides
WerewolfAprès la mort de ses parents, Taylor espère pouvoir prendre un nouveau départ à la Nouvelle-Orléans, une ville qui a vu grandir sa mère mais où elle n'avait étrangement jamais mis les pieds avant ce tragique événement. Pourquoi ? Cette question ne...
