"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."
- Antoine de St Exupéry -
Mes paupières battirent difficilement. Le contact avec la surface dure et froide contre laquelle était appuyée ma joue m'aida à émerger des bras de Morphée. Après de longues secondes de lutte acharnée, j'ouvris les yeux avec l'impression d'être passé sous les roues d'un camion. Je portai une main à mon front et posai l'autre sur le sol bétonné qui me servait de matelas pour me redresser. Étant donné que des barreaux miteux me faisait face, il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que j'étais allongé au milieu d'une cellule. Merde !
Je passai mes mains sur mon corps pour mesurer rapidement l'ampleur des dégâts. Rien. Je fronçai les sourcils, étonnée d'être toujours en un seul morceau avant de me lever pour inspecter la pièce à la recherche d'une issue. À l'heure actuelle, les chances pour que quelqu'un se soit lancé à ma recherche étaient assez nulles, pour ne pas dire inexistantes. Si je voulais sortir d'ici en vie, j'allais devoir me débrouiller par mes propres moyens. À première vue, les barreaux de la cellule ne semblaient pas assez résistants pour empêcher un loup-garou de les briser. Après avoir retiré mon sweat à cause de la chaleur qui m'étouffait de l'intérieur, je le lançai dans un coin de la cellule miteuse et m'approchai des barreaux. Je refermai mes doigts sur le métal et reculai presque aussitôt avec un jappement d'animal blessé comme s'ils étaient fait de feu.
- Ces barreaux contiennent de l'argent, tu devrais éviter de les toucher si tu tiens à garder tes deux mains.
Je fronçai les sourcils et me tournai en direction de la personne qui venait de parler. Scott se détacha du mur contre lequel il était adossé et s'approcha des barreaux, tout en restant hors de ma portée. Je dus faire appel à tout mon self-control pour ne pas me jeter contre les barreaux au risque de me blesser dans l'espoir vain de briser sa nuque entre mes doigts.
- Où est-ce qu'on est ?
- Tu me penses assez stupide pour te le dire ?
- Sincèrement ? Oui. Tu es bien assez stupide pour obéir aux ordres d'un alpha complètement fou qui n'hésitera pas une seule seconde à se débarrasser de toi dès lors que tu ne lui seras plus utile.
- Penses ce que tu veux, je n'en ai absolument rien à foutre. Tout ce que je vois, c'est que je suis libre et que toi... et bien, tu es enfermée dans une cellule et bientôt morte.
- Ça ne reste que mon point de vue, bien sûr, mais, tu m'as plus l'air d'être un esclave plutôt qu'un homme libre.
Scott avança d'un pas, guidé par son égo blessé, réduisant par ce geste l'écart entre nous deux. Erreur. Je l'agrippai par le col de son t-shirt et profitai de l'effet de surprise pour l'attirer vers moi, plaquant son visage contre les barreaux de la cellule. Alors qu'il hurlait au contact du métal, je laissai un sourire insolent étirer mes lèvres avant d'enfoncer mon poing dans son nez. L'arrête de son nez se déforma sous mes phalanges. Il bascula en arrière et pressa ses mains sur son visage douloureux en tentant d'arrêter le flot de sang qui coulait de son nez et tachait ses paumes.
- Putain ! Sale gar...
- Scott, ça suffit, gronda une voix grave.
Reagan émergea du long couloir, les bras croisés sur sa large poitrine. Sa démarche était menaçante et son aura puissante obligea Scott à reculer de quelques pas pour s'écarter de son chemin. Il se déplaçait sans un bruit, tel un chausseur en quête de proies, si bien que ni Scott ni moi ne l'avions entendu approcher. Quand il fronça les sourcils en pinçant ses lèvres en une mince ligne, la peur s'imprima dans les pupilles bleus de Scott.
VOUS LISEZ
Between Two Sides
WerewolfAprès la mort de ses parents, Taylor espère pouvoir prendre un nouveau départ à la Nouvelle-Orléans, une ville qui a vu grandir sa mère mais où elle n'avait étrangement jamais mis les pieds avant ce tragique événement. Pourquoi ? Cette question ne...
