Une voiture s'avança, zigzaguant entre les véhicules déposés sur la route. Elle esquivait les obstacles dressés dans ces chemins tortueux. Perdu, Aidan observait les décombres de la civilisation qui défilaient devant ses yeux. Rien de ce qu'il aurait imaginer n'aurait pu ressembler à ça. Il s'éloigna, hors de sa banlieue dortoir, s'engageant dans un tunnel obscur et parsemé d'épaves. Leur nombre l'obligeait à avancer lentement pour se frayer un chemin dans la pénombre. La seule source de lumière présente était ses phares qui distinguaient les formes des carcasses qui l'encerclaient. Tout les éclairages au dessus de lui ne fonctionnaient pas. Des formes se découvraient et disparaissaient sous l'aura lumineuse. Les files se rétrécissaient sensiblement. À la moitié du tunnel, l'espace était trop restreint, il du se résoudre à abandonner sa voiture et avancer à pied. Il claqua la portière et marcha, un pas après l'autre. Les phares de la voiture laissaient entrevoir au loin une silhouette humaine. Ses jambes s'arrêtèrent net a côté du capot, il l'observait, et elle semblait l'observer également, aussi immobile que lui.
-Il y a quelqu'un ? Raisonna sa voix dans la profonde pénombre.
Suite à ce geste, il resta craintif, pris d'un mauvais pressentiment, comme si il venait de faire une peride erreur stupide. La silhouette avança sans réponse entre les voitures. Chacun de ses gestes fut de plus en plus rapide. On pouvait l'entendre propager dans l'ombre des cris effrayants, bestiales, qui s'éternisaient.
Ses yeux, apeurés, s'étaient spontanément ouvert, la sueur coulait de son front jusqu'à sa joue. C'était le premier vivant qu'il rencontrait, et son comportement, sa démarche, son intention était étrange. Pris de la plus grande des paniques, il repartit s'enfermer instantanément dans sa voiture sans attandre davantages. Il referma sa vitre entrouverte et détala d'une marche arrière vive et peu chirurgicale, accrochant et griffant toutes les voitures a cotés desquelles il passait dans un vacarme épouvantable. Des cris perçants par ci par la provenaient de tout cotés. Il se sentit traqué. La visibilité à l'arrière était quasi nulle. Les yeux terrorisés du conducteur n'était incapables de percevoir plus que le simple contour de ce qui l'entourait. Il se tournait dans de nombreuses directions entre deux manoeuvres, sans savoir précisément où regarder, submerger par la peur et ces cris qui paraissaient lui courir après. Un choc frappa le pare-chocs arrière, accompagné d'une secousse qui lui fit pousser un éclat de voix paniqué, tremblant de tout son être. Il avait heurté un obstacle qui était en travers de sa route. Ce qui semblait être sa plus grande chance de s'en sortir était bloquée.
Le danger était imminent. Effectuer une quelconque tentative pour la débloquer réduirait probablement la bribe d'espoir de fuite qu'il tentait de maintenir à néant. De là d'où il venait, il put entrevoir, en contre-jour, quelques formes s'approcher? Une main se claqua soudainement sur le carreau. Il se précipita hors de sa voiture en tombant sous la panique. Ses mouvements demeuraient difficile, presque irréalisable tant la panique l'handicapait, mais son instinct de survie le poussait. Ses réflexes étaient revenus spontanément et avaient même pris le dessus sur lui. Son attention s'était focalisé sur une imposante issue de secours, repérable par sa lampe verdâtre affaiblie, seule source de lumière au milieu de murs peints de noir, sur laquelle il fonça à toute allure. Il ne voyait que cette aura lumineuse dévorée par les ténèbres. Les voix le suivaient et lui rappelait qu'il n'avait pas intérêt à s'arrêter. Proche? éloigné? Il n'avait pas la moindre idée de la proximité qu'il entretenait par rapport à eux. Délaissé, Il pensait a son revolver au canon encore froid, abandonné sur le siège passager, comme une brillante chance jetée dans un gouffre. Sa course lui avait parue interminable. Il atteigna la porte et rentra brusquement dedans de tout son poids.
De l'autre coté, il reprit sa course. Il courait droit devant lui, longeait le mur infini de ce long couloir froid, monté de lourdes briques, entièrement recouvertes d'une grossière peinture grise et granuleuse. Quelques ampoules étaient placées du coté de ce mur qui contrastait avec l'autre côté, fait de béton. Il arriva au bout de la première allée qui embouchait sur une seconde légèrement plus importante. Ces murs et ces lumières-ci paraissaient s'étirer sans fin. Un groupement de conduits filait droit vers le fond indiscernable. Le fuyard courait sans se retourner, bien plus que ce qu'il ne pouvait faire. Ses pieds résonnaient après chaque pas. Sa vision alternait régulièrement entre les parties sombres et les parties éclairées du couloir, comme un flash frenetique et accrocheur.
Ses jambes ralentirent. elles étaient devenues lourdes et des crampes enflammait sa chair, comme un incendie qui se propageait. Mais il ne devait pas s'arrêter, ne pas être rattrapé. Ses poumons s'embrasaient. Exténué, il se retrouva en face d'une double porte qu'il ouvrit, épuisé. Son corps le lâcha, tombant de fatigue. Il y trouva autour de lui une salle vide, sans grands intérêts. Derrière la porte qui se dressait en face de lui se trouvait probablement un autre couloir, parfaitement similaire à ce qu'il venait de traverser. Quelques dispositifs métalliques étaient accrochés aux murs et des tuyaux noir et jaune parcouraient la pièce. Une poutre suspendue au plafond supportait un néon faiblard. L'homme referma les portes et se précipita sur chaque mur, sur les engins, recherchant une manière de bloquer l'entrée de ces choses qui le suivait. Il entendait encore ces cris au loin, attirés par sa vie. Il ne pouvait plus continuer à courir et ne savait quand il atteindrait la sortie : Il devait faire quelque chose maintenant.
Après avoir frappé, tiré et tenter d'arracher plusieurs éléments des parois qui l'entourait, il comprit que tout était trop solide. Il n'y avait pas le moindre dommage sur un quelconque morceau de fer. Face à la désillusion, il poussa un cri de frayeur , marcha aléatoirement et commença à pleurer en s'agitant. La horde s'approchait, et lui restait là, sans savoir quoi faire. Son visage affichait un désespoir total. Ses larmes coulaient jusqu'à ses dents qui ressortaient sous l'angoisse. Son regard tomba sur une pierre au pied du mur. Il se jeta dessus dans l'idée de casser le néon, afin de se cacher dans la pénombre. Sous la faible lumière, il enchainait les sauts, poussant le plus possible sur ses jambes douloureuses en tentant de donner des coups dans l'éclairage. Mais il se trouvait trop haut. Ses gestes brassaient le vide. Fixé au sol, il tenta de jeter la pierre dessus de toutes ses forces. Son premier essai échoua lamentablement et s'éclata contre le plafond avant d'atteindre le sol en miettes. Il trouva une autre pierre qui avait l'air plus solide. Sa vue était obstruée par ses larmes. Son second essai frappa le metal qui soutenait le néon et son troisième atteignit sa cible. Désormais plongé dans le noir, Il s'assit dans un coin.
Terrorisé, Son bras était brandit, prêt à frapper d'un coup de pierre celui qui s'approcherait. Il les entendait approcher, jusqu'à ce que l'ouverture brutale de la porte, frappant le mur qui n'était à quelques mètres de lui. Impossible pour lui de voir si son subterfuge désespéré fonctionnait; il ne pouvait plus qu'attendre et espérer. Les sons de la pièce, les cris les pas, permettaient d'interpréter leurs passage. Ils étaient là, en face de cet être tremblant de peur, qui difficilement retenait sa voix de s'échapper. Ils passèrent enfin la seconde porte après d'effroyables cris, qui désormais s'était éteint. Le pauvre homme s'apprêta a se relever quand il entendit un dernier râle, très proche, qui fut la prolongation de son cauchemar. Il s'était soudainement figé, en attente de la suite. Finalement, le dernier repartit en suivant les autres, en laissant derrière lui une accalmie aussi soudaine qu'agréable.
Ça y est. Il avait appréhendé que le monde dans lequel il s'était réveillé avait changé. Il était perdu dans un monde qu'il ne reconnaissait plus, à la conscience réveillée, et qui le rejetait.
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Misérable rédemption
Ciencia FicciónL'existence passagère de l'être humain se clôture. Les sociétés bâties prennent fin. Son évolution se conclue et ses traces disparaîtront. Les derniers hommes se meurent, subsistent, tentant désespérément de survivre dans la crasse, l'affliction, l...