La porte de la remorque s'ouvrit une nouvelle fois, étourdissant le doyen par un ciel éblouissant et agressif. Les quatre enveloppes, au milieu de la fine brume, mirent chacun pied à terre, derrière le camion autour duquel gravitait cette douce nébulosité blanchâtre. Pour gagner la sortie, Jared était passé entre ces hommes, ces femmes et ces enfants qu'il jugeait être d'immondes parasites. Il les avait regardés du coin de l'œil avec un mépris et une arrogance assuré. Les juges et les bourreaux regardaient avec dédain leur prisonnier, guidant le condamné vers la sentance qu'il se devait de subir. Il tenait fermement ce fusil d'assaut qui ne lui servait qu'a se rassurer. Il avait immédiatement exigé cette arme pour sortir, ignorant que les chargeurs pleins se trouvaient dans les sacs du reste de l'équipe. Les quelques grammes manquants dans son chargeur restaient relativement discrets. Pour ce grand jour, Franck avait gardé en tête toutes ces âmes perdues, pourtant oubliées par tous. Ces fantômes dont seuls eux en honoraient la mémoire se devaient d'être vengés. Shanon ne pensait qu'à cet acte qu'ils allaient commettre, ensemble, sur cette personne qui se trouvait derrière eux avant de reprendre cette même cheminement, sans lui.
Il n'en savait rien, mais sa mort approchait à grand pas.
Non loin de leur camion, et à seulement une dizaine de minutes de là, ils entrèrent dans un espace d'entreposage préalablement repérée. D'uniformes portes de garages blanches et austères s'alignaient des deux côtés et jusqu'au bout de l'allée renfermée. Les cailloux et les dalles s'affaissèrent sous leurs pas funestes. Un corbeau qui dégustait les restes d'un mammifère les aperçus. Il prit son envol, laissant pourrir une pauvre dépouille:
- C'est ici. Dit Franck en pointant du doigt l'une des portes entrouvertes.
Il serra la poignée et leva au-dessus de leurs têtes la porte dont le mécanisme était rongé par la rouille. Shanon chassa de sa torche l'obscurité encombrante. Des draps poussièreux recouvraient la plupart des objets. Quelques carcasses séches et dévorées de petits rats gisaient sous les nappes. Quand tous pénétrèrent la pièce, elle enferma l'entièreté du groupe, et leur probité jusqu'ici maintenue. Alors qu'il regardait dubitatif les couvertures, Franck bouscula l'homme, victime du vice, contre le fond de la pièce. Il se rattrapa contre le mur, au fond, et s'insurgea:
- Putain qu'est-ce que vous foutez?!
Dès son premier pas dans ce lieu, il avait compris que quelque chose se jouait contre sa personne. Tous le fixaient d'un air revanchard, imperturbables, avec une compassion inéxistante. Coincé et rétracté, sans échappatoires possibles, il était arrivé dos au mur d'une façon soudaine. Le long couteau de Franck se fit saisir, accroché à la ceinture. Il se tira de son étui d'une poigne déterminée et lente. En pressant la détente de son arme, Jared n'entendit qu'un petit "clic":
- Bande d'enfoirés! Cria-t-il. Vous aviez tout prévus!
- Te fatigue pas, c'est finis pour toi. Répondit la voix monotone de Franck.
- Alors vous allez me tuer ici, comme un chien? Au milieu des ordures et de la merde?!
- T'as pas l'air de te demander pourquoi. On a pas oubliés pour Sam et Trevor, tu les as déjà oubliés toi? C'est toi qui les as tués? Demanda Shanon, à la gauche de cet être traître.
- C'est pas moi, ce sont ces saloperies qui nous ont surpris! Je vous assure! Ils se sont fait déchiqueter alors qu'on revenait avec des packs d'eau!
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Misérable rédemption
Science FictionL'existence passagère de l'être humain se clôture. Les sociétés bâties prennent fin. Son évolution se conclue et ses traces disparaîtront. Les derniers hommes se meurent, subsistent, tentant désespérément de survivre dans la crasse, l'affliction, l...