J'ai honte. Honte de vivre dans un pays si antisémite et cruel. Honte de vivre dans un pays où des milliers de juifs sont parqués dans le Vélodrome d'Hiver à Paris. Honte de savoir que notre gouvernement a laissé des hommes, des femmes, des enfants, des bébés, des vieillards mourir sur des bancs, étouffés par la chaleur, la faim et la soif. Comment sommes-nous sensés tolérer cela ? Sommes-nous sensés l'accepter, glorifier cet acte barbare ? Bien qu'infiniment meurtrière, ce n'était qu'une rafle parmi tant d'autres. Combien il y en a-t-il eu ? Combien d'être humais sont morts, dépouillés de tout, simplement parce qu'ils ont commis le crime de croire en un Dieu différent ? Est-ce qu'aller à la synagogue et pas à l'église mérite un tel châtiment ? Ces juifs qui sont morts, qui se cachent, qui sont jour après jours battus, menacés, humiliés, avant la guerre n'étaient pas des ''chiens''. Ils étaient nos voisins, nos collègues, nos amis. Avant d'être ''de sales voleurs'' c'étaient des banquiers. Avant d'être ''des rats, de la vermine'', c'étaient des boulangers. Avant cette foutue étoile jaune cousue sur leurs chemises, il n'y avait aucune différence entre eux et nous. Ce changement est survenu petit à petit, sans même que l'on s'en rende compte. Pendant qu'ils perdaient leur liberté, nous perdions notre humanité.
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Journal d'une résistante
Fiksi SejarahMon frère est parti à Londres rejoindre le Général de Gaulle. Il m'a seulement laissé un carnet. Alors j'écris. Pour lui. Pour moi. Pour ne pas oublier. Ne pas oublier les joies, ni les peines. Car c'est tout ce qu'il me reste. C'est ça ma vie mai...
