Aujourd'hui a eu lieu une intervention policière dans les bibliothèques et les librairies pour faire appliquer une liste interdisant les livres d'auteurs anti-allemands. Ils souhaitent anéantir la culture. Les romans, les poèmes nous ouvrent sur le monde, sur nous-même. Comment nous en priver ? Comment peuvent-ils anéantir ces siècles de lutte contre la censure ? Moi qui chéris ces objets précieux depuis ma plus tendre enfance, je n'ai pas pu me résoudre à les laisser faire. J'en ai donc caché plusieurs dans mon sac. Ils sont à présent dans une malle au fond de mon grenier, bien à l'abri de la rage allemande.
Plus tard dans la journée, le Général de Gaulle a fait un discours sur la BBC, sur le ralliement du Tchad. Une phrase m'a particulièrement marquée : « L'ennemi a cru que par l'abominable armistice il en avait fini avec la France. L'ennemi s'est trompé ». Il a raison. L'ennemi, les allemands, ne pourront jamais se débarrasser de nous. Même bafouée, humiliée, elle saura se relever. Elle le fera parce que nous sommes là. Le peuple français a déjà mené une révolution, elle saura le faire de nouveau. Jamais je n'abandonnerai. Jamais je ne me soumettrai. Mon travail dans la résistance vient de commencer, mais je jure sur la mémoire de ma petite sœur adorée qu'il n'est pas près de se terminer.
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Journal d'une résistante
Historical FictionMon frère est parti à Londres rejoindre le Général de Gaulle. Il m'a seulement laissé un carnet. Alors j'écris. Pour lui. Pour moi. Pour ne pas oublier. Ne pas oublier les joies, ni les peines. Car c'est tout ce qu'il me reste. C'est ça ma vie mai...
