Charles m'a conduit dans une grande salle de conférence. J'y ai pris place, au milieu, vraiment, la place la plus au centre. J'ai eu le temps de compter les fauteuils, j'étais certain d'être tout juste au centre.
Chaque fauteuil avait sur son dossier, une petite ampoule rouge qui passait au vert lorsque la chaise était prise.
Je suis resté dans cette grande salle pendant deux heures. C'était spacieux, les sièges étaient à environ un mètre l'un de l'autre et avait une petite table dépendante. Sur chaque table ronde, un bloc note, un stylo, un dossier vierge, une bouteille d'eau et une barre de céréales.
L'estrade devant les douze rangées de douze sièges était en bois et les coulisses couvertes de chaque côté par une paire de rideaux en velours bleu roi.
Sur cette petite scène, une longue table avec quatre micros argentés.
La salle s'est remplie petit à petit. La fille de l'ascenseur est entrée quelques secondes après moi et a pris place au premier rang.
Il y avait ce petit gars maigrichon aux cheveux courts bruns et bouclés, un gars pas bien gros qui, à en juger par ses chaussures usées, venait du bidonville comme moi. Il avait l'air perdu, complètement seul et désorienté. Il est entré dans les derniers, le regard fuyant. Avant lui, une fille aux cheveux blonds coupés au carré. Elle était d'une maigreur sans nom et marchait tête baissée. Impossible de deviner d'où elle venait.
Je me suis dit que je pourrais bien m'entendre avec ces deux -là, et aussi avec ce garçon placé à ma gauche. Il s'était assis alors que la salle était complètement vide. Un gars aux cheveux mi-longs, blond foncé, aux yeux verts, brillants de malice et d'intelligence. Lui, il devait venir des lotissements, ceux pour les classes moyennes, entre le centre ville et les barres d'immeubles de la périphérie. Il portait une veste en daim avec un col en laine, le genre de manteau qui coûtait assez cher, trop cher pour moi, pour les banlieusards, pas assez cher pour le centre ville.
Il y a ce petit gars qui est entré, confiant, la tête haute, les cheveux impeccablement coiffés, le dos bien droit, il s'est assis juste à coté de la fille de l'ascenseur et a entamé une conversation avec elle. Bon, cette conversation, je voyais bien qu'elle n'avait pas envie de la poursuivre, elle faisait que de sourire poliment et dire des formules toutes faites comme « pourquoi pas », « intéressant », ou « oui, je vois ». Je dois avouer que j'ai eu un peu pitié.
— Eh, toi ? J'ai tourné la tête vers le garçon assis à ma gauche.
— Oui ? ai-je dit en observant ses yeux verts qui m'invitaient à parler avec lui comme si je le connaissais depuis toujours.
— Tu sais ce qu'on fait ici ? Le principe de l'expérience ? a-t-il demandé en tapotant nerveusement son pied.
— Non, j'en ai pas la moindre idée, j'ai à peine fini ma phrase qu'il a enchaîné.
— Je m'appelle Sol, et toi ? Je suis certain que ton prénom ne te va pas du tout, quelque chose comme Abel ou Adam.
Je l'ai regardé en ouvrant la bouche, il a explosé de rire.
— Je plaisante L'incroyable, j'ai vu ta fiche d'inscription sur le bureau de la femme qui m'a sélectionné.
— L'incroyable ? Je lui ai dit en y réfléchissant à deux fois.
— Oui, je pense que je vais t'appeler comme ça. Si ta fiche était ouverte dans un coin de son bureau d'ordinateur, c'est que tu dois être important. L'incroyable ou Le Formidable ? murmura-t-il. Il commença un débat intérieur.
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Mercure
Научная фантастика" Combien vaut une vie ? Une vie humaine ? La mienne vaut un million d'unité de monnaie et je suis prêt à l'échanger maintenant. Il le faut, c'est ainsi. Seul moi peux les aider désormais. J'espère qu'elle ne m'en voudra pas, qu'elle comprendra pour...
