Chapitre N.29

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« Avant qu'il ne soit trop tard. »


Camille Morgan.

Poussant un soupir de soulagement, je me laisse tomber sur ma chaise roulante.

Jésus. Marie. Joseph.

Je souffle un bon coup avant de relever la tête afin de sécher les larmes qui continuent de rouler le long de mes joues. Merde.

Je n'ai jamais été aussi faible et aussi vulnérable. J'ai succombé. J'ai baissé les bras. Je m'en veux. Je me déteste. Putain.

Ce n'est pas dans mes habitudes de me montrer si vulnérable aux yeux de tous, et encore moins devant Hakim.

Il a dû prendre un malin plaisir à me voir si faible. Je me suis mise à nue, devant lui, le faisant ruminer de joie. Il attend ça depuis que l'on se connaît. Il a eu ce qu'il voulait.

Je lui ai tendu la perche. Comme prévu, il s'est jeté dessus. Quelle enflure.

Je n'ai pas réussi à résister. J'ai craqué, minablement. Une rafle d'émotions s'est abattue sur moi. Sans que je m'y attende, j'ai été submergée et emportée à contre courant.

Je n'ai pas réussi à résister. Je me suis faite avoir, lamentablement. Je ne sais ce qui a provoqué cette crise de larmes, inhabituelle.

Peut-être est-ce la conversation avec mes parents, qui a ressassé des souvenirs douloureux ? Ou encore l'état de mon frère, ces derniers temps ?

Je n'en sais rien. Je ne comprends plus rien. C'est le bordel total dans ma tête.

Je déteste me savoir dans un tel état de fragilité. Je ne supporte pas cela. Mon ego et ma fierté en prennent un coup.

Pleurer est un signe de faiblesse pour moi. Malgré tout ce que mes connaissances ont pu me dire à ce propos, je ne comprendrai jamais l'intérêt de se soulager en s'écroulant à même le sol, le corps secoué de sanglots.

Je n'ai jamais ressenti le besoin d'évacuer toute cette pression en pleurant. Je garde la tête haute, je déglutis et vis avec. Je dissimule tout ça au fond de moi. Ça m'évite de me faire avoir par un connard du genre Hakim Akrour. Révéler ne serait-ce qu'un signe de faiblesse pourrait m'être fatal. Je dois me ressaisir et vite. Avant qu'il ne soit trop tard.

Je souffle un bon coup tout en éteignant mon ordinateur portable. Avec tout ça, je n'ai pas vu le temps passer. Il est temps pour moi de m'en aller, prendre l'air et oublier que j'ai failli m'écrouler pitoyablement, comme la faible dame que je ne souhaite pas devenir.

J'enfile mon manteau et quitte mon lieu de travail, une bonne fois pour toute. Je monte rapidement dans ma caisse, le froid me dissuadant de traîner. J'attrape mon téléphone et compose le numéro de mon plus jeune frère. Il répond très rapidement.

—Cam ? Ca va ?

—Hey ! Oui. Tu as terminé les cours ?

—Je sors à l'instant, pourquoi ?

—Tu as prévu de sortir avec des amis ?

Avant tu riais- Mekra.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant