Chapitre 37

102 4 0
                                        

Six mois s'étaient écoulés depuis la réunion de famille dans la bibliothèque. Assise sur son banc, Sarah faisait le point sur la situation.

Sophie avait quitté la bibliothèque quelques semaines après la fameuse soirée. Elle avait tant usé de leur histoire d'amour, tant fait parler d'elle, que cela s'était malheureusement retourné contre elle. Elle avait finit par en faire une obsession, notamment après qu'un petit journal l'avait contactée pour témoigner sur ce scandale qui avait animé la ville durant l'été.
Il était devenu nécessaire pour elle de s'éloigner et de reprendre le cours de sa vie, loin de sa déception amoureuse et de sa tentative de célébrité.

Rose était rentrée chez elle après avoir fait promettre à ses petits protégés de lui donner des nouvelles et de vite revenir la voir. Laura l'avait suivie, fidèle au poste. Sam l'avait suppliée de rester près de lui mais la jeune femme ne voulait pas abandonner Rose et lui avait promis de trouver une solution plus tard. En attendant, ils vivaient leur amour à distance et passaient leur temps libre à faire des allers retours en attendant de se retrouver.

Steph quant à elle vivait pleinement cette deuxième chance avec son Louis. Ils avaient emménagés ensemble, comprenant que ce qui leur avait manqué était une évolution dans leur couple. Leur appartement était par ailleurs devenu le QG de la bande pour se retrouver.

Sam et Nicolas avaient pleinement intégrés le groupe d'amis initial et ils passaient tous un maximum de temps ensemble. Le seul qui manquait à l'appel était Simon. Sarah ne l'avait pas revu, elle n'entendait que rarement son nom, par Louis qui continuait de le fréquenter. Il avait le secret espoir de retrouver son meilleur ami, de l'éloigner de ses mauvaises fréquentations. Il en avait parlé avec Nicolas qui n'avait pas caché sa rancoeur envers le jeune homme mais ne pouvait que lui souhaiter de réussir. A condition que Simon ne retente rien avec son amour.

Sarah eut un pincement au cœur en repensant à son ami. Elle ne pouvait se cacher qu'il lui manquait. Mais l'homme qu'il était devenu n'était plus celui pour qui elle avait eu tant d'affection et elle devrait attendre qu'il redevienne lui-même avant d'envisager le revoir un jour.

Quant aux Moreau et aux Hartmann... Sarah se sourit à elle-même en revoyant son père serrer la main de Nicolas. Les deux familles ne se côtoyaient toujours pas mais restaient polies lorsqu'elles se croisaient. Robert et Richard semblaient avoir la même notion de la politesse, qui consistait en un hochement de tête de loin et à se retenir de lancer des paroles blessantes. Marie et Valérie avaient par contre pris l'habitude de se saluer et il était même arrivé qu'elles prennent un café ensemble. On était loin du repas de famille mais c'était un si grand pas pour Sarah et Nicolas qu'ils n'en avaient d'abord pas cru leurs yeux.

Toute à ses pensées, Sarah ne vit pas tout de suite arriver son homme, tout sourire. A l'image de leur rencontre, elle le détaillait tandis qu'il s'approchait et ne le trouvait que plus beau encore. Il s'installa à côté d'elle et lui prit la main.

- Désolé du retard, j'ai finis tard.
- Tu as de la chance d'être aussi mignon, je te pardonne, le taquina Sarah.

Chacun avait reprit ses études. Sarah avait, comme prévu, fait sa rentrée à l'école du Louvre. Nicolas n'avait rien choisi durant l'été et il avait fallu qu'il se batte pour pouvoir intégrer l'école d'architecture dont il avait toujours rêvé. Cette nouvelle avait été une surprise pour tout le monde, y compris Sarah, Nicolas n'ayant jamais partagé avec personne ses souhaits de carrière.

Le jeune homme avait depuis emménagé dans son propre appartement, plus proche de l'école. Sarah avait tenu bon dans ses choix, refusant d'emménager avec lui. Elle était donc encore dans sa chambre, chez ses parents, quand elle ne passait pas la nuit chez Nicolas.

- Tu dois rentrer chez toi ce soir ? Demanda Nicolas.
- Ça dépend, lui sourit Sarah.
- De ?
- De ce que tu as à me proposer.

Nicolas rit et se dépêcha d'embrasser Sarah en la serrant contre lui. S'embrasser à la vue de tous, sans crainte d'être séparés, était un plaisir dont ils ne se lassaient pas. De même que se promener main dans la main et rentrer dans la bibliothèque ensemble.

Ils y passaient beaucoup de temps, le nouveau bibliothécaire était un quinquagénaire passionné par son métier qui ne manquait jamais d'échanger quelques mots avec eux, quand ils ne partaient pas dans de grandes discussions sur la littérature. Il connaissait leur histoire et la place importante que la bibliothèque y avait tenu. Il leur demandait régulièrement de petits détails, des précisions, en ajoutant que leur histoire devait à tout prix être écrite, au même titre que les plus grandes histoires d'amour, pour se trouver parmi elles dans le rayonnage de sa bibliothèque. Sarah s'attendait à tout moment à ce qu'il vienne leur avouer qu'il écrivait ledit livre.

- Alors ? Demanda Nicolas, la sortant une nouvelle fois de ses pensées.
- Je te suis.

Les deux amants quittèrent le parc et prirent le chemin de l'appartement de Nicolas. Une fois arrivés, ils reprirent leur routine, tout sourire. Alors que Sarah se servait dans le frigo, elle s'arrêta un instant pour regarder la photo que leurs amis d'Orléans avaient envoyé. Ce serait bientôt leur tour de venir les voir.

Enfin, ils s'installèrent sur le canapé et commencèrent à zapper.

- Tu ne veux pas sortir ce soir ? S'inquiéta un instant Nicolas.
- Non, je suis épuisée... Et puis Steph et Louis sont de sortie, quant à Sam il a profité du weekend pour aller voir Laura. Les autres ne sont pas disponibles non plus. Tu vas devoir me supporter !
- Avec plaisir ! S'exclama le jeune homme en la serrant plus fort contre lui.

Sarah reprit sa recherche de film, tentant de trouver quelque chose qui leur conviendrait à tous les deux. Elle n'en pouvait plus des histoires d'amour et commençait à se tourner vers les films d'horreur, sachant que Nicolas ne s'y opposerait pas.

Se tournant vers lui pour faire approuver son choix, la jeune femme remarqua que Nicolas l'observait depuis un moment maintenant, silencieux.

- Quoi ?
- Rien c'est juste ... Laisse tomber.
- Dis-moi !
- Tu ne penses pas que... Enfin ce serait tellement plus simple si tu voulais bien emménager ici. On a déjà notre routine, c'est comme si on vivait déjà ensemble.

Les yeux de Nicolas se faisaient implorants et Sarah fut sur le point de céder. Elle se tourna complètement vers lui et choisit ses mots avec soin.

- Je te promets que nous vivrons ensemble bientôt. Mais... Pas tout de suite. Je suis tellement heureuse que nous ayons pu reprendre un vrai rythme, que nous n'ayons plus à nous précipiter.
- Mais ce n'est pas de la précipitation ! Je t'aime et tu m'aimes. Viens vivre chez moi, s'il te plaît.
- Nicolas, laisse-nous le temps. On continue encore chaque jour d'apprendre de nouvelles choses l'un sur l'autre.
- Ce sera toujours le cas, heureusement !
- Je suis d'accord. Mais je veux faire les choses bien. Je te propose donc de passer un accord.
- Je t'écoute.

Sarah avait longuement réfléchis à la situation. Elle aussi voulait vivre avec son amour mais ne voulait pas confondre vitesse et précipitation.

- Je te propose d'attendre notre anniversaire. Ce n'est pas dans très longtemps ! Attendons l'été prochain, et si nous voulons encore vivre ensemble, alors j'emmènagerai avec toi avec plaisir !

Le visage de Nicolas s'éclaira soudain alors qu'il semblait compter dans sa tête. Tout sourire, il prit Sarah dans ses bras.

- Donc dans quatre mois tu me rejoins ici ! C'est promis ?
- Seulement si nous le souhaitons toujours tous les deux.
- Je voudrai toujours être avec toi !

Nicolas s'éloigna légèrement de sa femme et prit son visage entre les mains, plongeant son regard dans le sien.

- Tu es la femme avec qui je veux faire ma vie. Ne l'oublie jamais.
- Pour ça, il faudra me le répéter souvent.
- Quand nous vivrons ensemble, tu l'entendras chaque matin à ton réveil. Ça te va ?
- Parfait ! Je t'aime.
- Je t'aime.

Les deux jeunes amoureux s'embrassèrent fougueusement avant de reprendre place sur le canapé et de lancer leur film. Un petit plaisir qui représentait le combat qu'ils avaient dû mener pour en arriver à cet instant simple et heureux.

Une histoire de mémoireDes histoires addictives. Découvrez maintenant