Chapitre XXI

138 13 8
                                        

J'avoue que sa question m'a d'abord prise au dépourvu mais je me ressaisis vite et lui répond.

-Hé bien ce n'est pas très intéressant comme histoire.

-Raconte quand même, insiste-t-il.

-D'accord donc c'était la veille du premier message que je t'ai envoyé, commence-je. J'étais assise dans le canapé avec Raip, elle est allée aux toilettes en laissant son téléphone déverrouillé sur la table et pendant son absence elle a reçu un message de ta part. C'est à ce moment-là que j'ai eu cette idée, à vrai dire, tu m'as toujours intriguée... sûrement à cause de tes cheveux blancs, encore plus clairs que les miens. Mais je ne te cache pas que je te l'avais envoyé en étant pratiquement sûre que tu n'allais pas répondre, déclare-je.

-Et si tu avais su que j'allais répondre, tu me l'aurais quand même envoyé ? demande-t-il.

-Au début non, je regrettais de l'avoir fait, j'avais tellement peur que tu te moques de moi c'est même pour ça que je ne t'ai pas tout de suite dit qui j'étais, ajoute-je.

-Ah... je comprends mieux. Et maintenant, tu le regrettes toujours, s'inquiète-t-il en posant son couteau avant de me regarder.

Je pose aussi les tomates que j'avais dans les mains après les avoir lavés et vais me placer devant lui pour pouvoir le regarder droit dans les yeux.

-Bien sûr que non, je ne le regrette pas. S'il fallait le refaire je le referai, cent fois s'il le faut, lui dis-je en souriant. Tu es une des plus belles rencontres qu'il m'a été donné de faire, donc pour rien au monde je changerais quoique se soit à ce qu'il c'est passé.

J'ai à peine le temps de finir de parler, qu'il me prend dans ses bras et me serre fort contre lui. J'avoue que ça a eu le temps de me manquer, je glisse mes mains jusqu'à son dos et les plaque sur ses omoplates afin de l'attirer un peu plus à moi.

-Elsie, me chuchote-t-il. Désolé d'abuser encore un peu de toi mais... ça te dérange de rester ici cette nuit aussi pour veiller sur Emma ? Je n'aime pas la laisser toute seule...

-Non bien-sûr que non mais pourquoi la laisser toute seule ? Tu ne seras pas là ? demande-je en levant la tête vers lui.

-Non je travaille de nuit, de 22 heures à 4 heures, finit-il en enlevant une de mes mèches de cheveux qui tombait devant mes yeux.

-Mais on n'a pas beaucoup dormi hier soir, tu es sûr que ça ira, m'inquiète-je.

-Oui ne t'en fais pas pour moi, je suis un grand garçon, affirme-t-il.

Il baisse ensuite sa tête encore plus près de la mienne afin de déposer un long baiser sur mes lèvres en ayant jeté un coup d'œil vers le salon au préalable. Dans une sorte de reflex je me mets sur la pointe des pieds pour être encore plus près de lui et en enroulant mes bras autour de son cou. Mais l'instant d'après on entend nos ventres gargouiller à l'unisson comme pour nous rappeler à l'ordre. On s'affaire donc à nouveau à notre tâche toujours dans la bonne humeur constamment présente dans cet appartement.

L'inconnue Devient Indispensable Où les histoires vivent. Découvrez maintenant