Chapitre 4: Tatouage

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« Qui apaise la colère éteint un feu ; qui attise la colère, sera le premier à périr dans les flammes. »

Hazrat Ali

2020, France, vendredi 3 avril, Aix en Provence

Cela fait maintenant quinze jours que je vis chez Adam et tout se passe à merveille, on s'entend très bien. Je vais toujours à mes rendez-vous une fois tous les deux jours chez le psy mais ma mémoire me joue encore des tours. J'ai proposé à Adam de reprendre le travail afin de l'aider à payer les factures, les courses et autres dépenses. Mais bien-sûr Adam –en tant que médecin- s'y est formellement opposé puisque je n'ai plus d'identité donc pour lui impossible de faire un CV ou d'être payé et en plus d'après ce même médecin, ma santé ne me le permet pas. Pourtant je me sens très bien, je marche, je parle, je mange, tout est normal. Pour Adam, je serais toujours la fille qui a perdu la mémoire après un accident de voiture qu'elle a elle-même provoqué.

Pour l'instant, Adam est au boulot comme souvent dans la semaine donc je l'aide comme je peux, je prépare le diner et je fais le ménage aussi. C'est ma façon de contribuer à notre coloc.

Il devrait rentrer d'une minute à l'autre, j'ai servi la table, plaçai les plats et j'attends patiemment qu'il rentre en regardant un de ses programmes TV débiles et en surveillant la sauce que j'ai préparé chauffer.

J'aime beaucoup Adam et notre coloc mais je commence vraiment à être saoulée de rester planter à la maison et de sortir juste pour des rendez-vous médicaux. Je suis pressée et je stresse à longueur de journées. Bien-sûr mon médecin n'est au courant de rien.

-Salut ! crie-t-il en claquant la porte d'entrée derrière lui.

-Salut, je suis là ! je lui cris pour répondre à mon tour même si « là » ne signifiait pas grand-chose sachant qu'il ne me voyait pas.

Il vient me faire la bise et sent le plat qui est en train de mijoter.

-Mes potes vont venir demain midi pour le déjeuner, tu pourrais les rencontrer enfin si ça te gène pas ?

-Non pas du tout, je ferais la cuisine si tu veux.

-Oui pas de soucis.

Il y a un blanc déplaisant, on se regarde dans le blanc des yeux et son regard me gêne, pour une fois dans ses yeux, j'ai l'impression d'être vu comme une femme et non comme une simple amie. Cela me déstabilise quelque peu alors je baisse les yeux et me concentre sur ma sauce qui mijote mais malgré cela je sens encore son regard dans mon dos, dans mon cou. Il me questionne :

-C'est quoi ce tatouage dans ton dos ?

Effectivement je porte un pull échancré dans le dos ce qui le laisse à la vue ainsi on peut voir la citation qui longe ma colonne vertébrale.

« Hell is empty and all the devils are here. »

Je l'ai remarqué il y a une semaine alors que je prenais ma douche et je n'en avais pas parlé à Adam ce pourquoi il était aussi choqué maintenant.

-Une citation apparemment.

-Tu l'as fait quand ? Cette semaine ?

-Je ne sais pas, ça doit faire longtemps que je l'ai.

-Mais tu le sais depuis quand ?

-Je l'ai vu il y a une semaine sous la douche.

-Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? Je croyais qu'on enquêtait ensemble.

C'est vrai, on s'est dit que l'on doit chercher mon identité ensemble pour que ça aille plus vite. Mais aussi pour que lui puisse surveiller mon état de santé physique et moral. Sauf que je lui cache des informations.

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