Chapitre 3

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Je suis restée dans le hangar, près de la cafétéria, celui qui est destiné aux élèves apprenant à peindre. C'est ici qu'ils gardent leurs équipements pour ce travail.
Au bout d'une dizaine de minutes, Éloïse arrive, accompagnée d'Olivier.
Attends... je rêve ou quoi ? La personne que je redoute de voir se tient là, juste devant moi, et en plus avec Éloïse... Ah merde !
Comment aurait-elle pu savoir ? Je ne lui ai rien raconté ! C'est impossible... Je vais devoir m'expliquer, et devant celui qui a semé tout ce trouble dans ma tête.
Ils s'avancent vers moi tous les deux. Je les regarde, mon inquiétude grandissante. Arrivés à ma hauteur, nous nous fixons tous les trois. Gênée, je décide de briser le silence :
— Euh... tu étais censée me rapporter à manger. As-tu oublié ? dis-je en la scrutant du regard.
Elle me lance un œil furtif mais ne répond pas et baisse simplement la tête.
Je ne comprends pas ce que cela signifie et insiste :
— Éloïse, c'est à toi que je parle. Y a-t-il un problème ?
En jetant un regard à Olivier, qui me fixe bizarrement, je comprends alors que quelque chose ne va pas... Mais quoi exactement ?
— Quelqu'un peut m'expliquer ce qui se passe ? dis-je, interloquée.
— En fait... commence Éloïse.
— En fait ? répété-je, troublée par sa manière de commencer.
— Je sais ce qui te trouble depuis ce matin. Je suis l'une des raisons qui ont poussé Olivier à t'avouer ses sentiments, dit-elle.
— Comment « l'une des raisons » ? demandai-je, surprise par sa révélation.
Olivier prend soudain la parole. Je l'avais presque oublié depuis son arrivée, puisqu'il n'avait rien dit jusqu'ici :
— Héléna, écoute-moi et ne t'affole pas, s'il te plaît.
Ce regard... il est différent. Mon trouble augmente.
— Oui... d'accord, je vous écoute, dis-je en feignant un sourire pour les rassurer.
— Ok, en fait... pour tout ce que je t'ai dit hier, Éloïse... en fait... bégaie-t-il.
— En fait quoi, Olivier ? Écoutez... si vous ne voulez rien me dire, ce n'est rien, dis-je en forçant un sourire.
Je suis embarrassée, mais je décide de changer de sujet. Cette atmosphère me met dans un état que je déteste : être en froid avec mes amis.
— Bon, Éloïse... donc je n'ai rien à manger, c'est ça ? Parce que là, je crève la dalle, je te rappelle, dis-je en la tapotant sur l'épaule.
— Non, je n'ai rien pu prendre pour toi. Je voudrais d'abord qu'on discute tous... dit-elle tristement, en relevant la tête. J'ai fait appel à ton frère et à Jennifer aussi. On veut te parler, car pour être honnête, nous sommes la cause de tout ce qu'Olivier t'a avoué hier.
Immédiatement, je suis déconcertée. Ce n'est plus juste Éloïse, il y a maintenant mon frère et Jennifer... C'est quoi cette histoire encore ? Décidément, je vais passer un mauvais quart d'heure...
La seule chose que je peux faire, c'est ne pas exploser. Je me répète intérieurement : il faut que je me calme. Je regarde ma meilleure amie, dubitative, qui m'envoie des œillades furtives pour m'inviter à me calmer.
Oh non... moi qui croyais qu'elle ne savait rien... Elle sait tout et, comme ils le disent, elle est déjà une des causes de mon trouble.
Je sens que je vais réellement péter un câble. Rien ne présage rien de bon pour ce qu'ils vont m'avouer.
— Bon, d'accord... je vais me calmer. Mais où sont-ils ? demandai-je.
— Ils arrivent, répond-elle enfin, croisant mon regard pour la première fois depuis son arrivée. Un regard calme, cette fois...
En attendant mon frère et Jennifer, je remarque les yeux d'Olivier posés sur moi. Cela amplifie mon trouble. Pourquoi un tel regard déstabilisant ? Je déteste ce qu'il ressent pour moi... c'est absurde.
Après environ cinq minutes, j'entends des pas dans notre direction et relève le visage, que j'avais baissé pour éviter le regard d'Olivier.
— Nous sommes là ! dit mon frère en arrivant à notre hauteur.
Nous nous regardons tous les quatre, inquiets et impatients. Je suis curieuse de savoir ce qu'ils ont à me dire, mais je sais déjà que ça ne va pas être simple.
Seigneur ! Je vais devoir m'expliquer... et je suis légèrement en retard pour le cours. Attend... ne savent-ils pas que nous avons cours en ce moment ? Ou est-ce exprès pour me garder ici ? J'adore cette matière, et je ne veux surtout pas la rater, sinon ils peuvent en être sûrs... je ne leur pardonnerai pas !

Amour en philosophie ( Fin )Où les histoires vivent. Découvrez maintenant