Chapitre 26 : Parle-moi de toi

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L'après-midi était déjà bien avancé quand le jeune couple rouvrit les yeux. Blottie contre Léo, la jeune mage n'avait qu'un mot à l'esprit : apaisée. Elle avait l'impression d'être libérée d'un poids, d'être enfin capable de se redresser et de redécouvrir le monde, en inspirant profondément. Elle avait le sentiment que le retour de Léo pouvait tout changer : l'optimisme allait avec le soleil. Elle tourna le visage vers son compagnon et les rayons se reflétèrent sur son collier en forme d'attrape-rêve :

"Tu l'as toujours, sourit Léo, ne pouvant tout de même s'empêcher de remarquer qu'il était orné de nombreuses fissures et éclats.

- Comme quoi, certaines choses ne changent jamais, répliqua Gwenaëlle, avant de se redresser vers lui, soustrayant le bijou à sa vue.

Elle l'embrassa puis, redevenant sérieuse :

- Depuis toutes ces années, Léo... Parle-moi de toi maintenant.

Alors, il la serra un peu plus contre lui et commença :


Flashback 1

Cela faisait deux jours que la jeune fille était partie. On était mardi et Léo avait cours. Sans joie, il fourra ses cahiers dans son sac à dos et descendit. Tel un fantôme, il regagna le collège. La matinée passa, dans le brouillard. Il était hébété, éloigné de tout. Aucun professeur ne parvenait à l'intéresser ou à le sortir de sa léthargie, la douleur grandissait à chaque pas, à chaque minute. Elle l'envahissait, remplissait en lui l'espace vide, laissé par un cœur sans vie. Comme beaucoup d'élèves constataient l'absence de Gwenaëlle, l'équipe pédagogique dut broder des excuses, répondre aux questions. 

"Ils ne savent rien, ils ne comprennent rien," songea Léo alors qu'il regagnait le self. 

Perdu dans ses pensées, il fit un pas de côté et faillit se heurter à quelqu'un : Méline arrivait en sens inverse. Elle lui sourit tristement et, sans même le saluer, lui dit :

- Elle nous manque tous, tu sais. Je n'ai même pas eu le temps de la remercier de m'avoir guérie de mon asthme et elle n'est même pas au courant que je suis venue pour cette raison. Je ne préfère pas savoir ce qu'elle a pensé de moi, en me voyant chez toi...

Léo ne parvint pas à lui répondre. Il avait une boule dans la gorge : Méline disait ne pas avoir eu le temps de la remercier, lui n'avait même pas eu le temps de savourer le bonheur d'être avec elle. Il savait qu'il aurait dû redresser la tête, ne pas se laisser abattre mais deux jours n'avaient pas été suffisants pour cela. La jeune fille posa une main douce sur son bras :

- Eh Léo, je sais que c'est dur mais vous avez la vie devant vous. Si vous êtes vraiment fusionnels, vous vous retrouverez, on n'a que quinze ans."

Elle s'éloigna ensuite. Le reste de la journée s'écoula. En sortant, Léo croisa Emilie et même Mathilda. Elles tenaient mieux le coup que lui mais restaient marquées par le départ de leur amie. Ce n'était pas un âge pour faire face à de telles décisions.

Fin du flashback 1

- Si vous avez ressenti cela, je n'ose imaginer comment allaient mes parents. 

La voix de Gwenaëlle se brisa. Si elle avait bien compris que Léo lui était resté attaché toutes ces années, ses pires angoisses tournaient toujours autour de sa famille.

Flashback 2

- La rentrée a eu lieu il y a deux jours et je suis déjà convoqué, ironisa Léo en se dirigeant vers le bureau de Monsieur Smith à travers les couloirs encombrés.

Ses camarades de classe ne s'étaient pas gênés pour le taquiner à ce sujet tandis que lui se triturait les méninges à la recherche du motif de cette convocation.

SauvageDes histoires addictives. Découvrez maintenant