Chapitre 17 : Une brutale confrontation

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L'atterrissage fut brutal. Gwenaëlle et son ravisseur, qui lui retenait toujours le poignet, tombèrent et rebondirent sur un plancher. L'agresseur gémit faiblement. Gwenaëlle se releva plus rapidement que lui et se tourna alors vers l'inconnu, folle de rage et de peur :

« Comment osez-vous ? s'étrangla-t-elle. Et d'abord qui êtes-vous ?

La colère fit apparaître une flamme autour de son poignet, ses yeux devinrent verts. Elle s'approcha de son kidnappeur et l'éclaira de sa main entourée de feu :

- Ankris ? s'exclama t-elle, passant de la colère à la stupeur. Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je...

La scène était surréaliste. La jeune fille paraissait menaçante dans l'obscurité tandis que, impressionné par la flamme et visiblement nerveux, l'elfe cherchait ses mots :

- Je te protège, finit-il par dire.

- En quel honneur ? répliqua l'adolescente d'un ton sec, la flamme disparaissant lentement. Je me débrouille très bien toute seule, merci !

Ankris, pour une fois, affronta son regard :

- Tu es partie depuis douze heures, tu n'as ni déjeuné ni dîné. Je pars à ta recherche en me disant que, peut-être, tu avais eu un accident avec ce pauvre Hermès, qui doit être épuisé, et je te retrouve ici, dans la forêt, à minuit. Je voulais juste te protéger. Surtout que tu allais tomber, ajouta-t-il, mentalement.

La jeune fille prit un air buté, prête à mordre. Elle devinait la dernière pensée de l'elfe et appréciait cette critique encore moins que les autres. L'elfe continua :

- Tu ne peux pas rester dans cet état. Ces sautes d'humeur empiètent sur ton travail et ta magie et de moins en moins performante selon Lys. Elle a remarqué que tu pourrais facilement doubler tes résultats rien qu'en te sentant mieux. »

Vexée par ces mots aux accents de vérité et en ayant plus qu'assez de tous ces discours moralisateurs, Gwenaëlle se téléporta immédiatement à l'écurie de la Tour. Hermès l'avait en effet déjà regagnée, sachant très bien où était sa sécurité, et sa cavalière s'en doutait.

Épuisée, furieuse et brisée, Gwenaëlle se réfugia dans le box de son cheval pour pleurer.

« J'en ai assez, murmura-t-elle entre deux sanglots. Quoi que je fasse, ça ne va jamais. Je me bats avec mon désespoir et mes souvenirs, mes cauchemars et mes angoisses et, malgré tout, je récolte de nombreux reproches. Alors oui, depuis que je suis arrivée, je peine à m'intégrer, je suis souvent triste et renfermée mais je n'ai jamais choisi de venir ici ! Tout m'accable, tout. Si je pouvais, je...

- Tu quitterais tout, je le sais. Tu crois vraiment que cela résoudrait tes problèmes ?

Ankris se tenait juste devant le box. Voyant qu'elle allait protester, l'elfe leva la main d'un geste doux et poursuivit :

- Gwenaëlle, personne ne t'en veut, nous aimerions juste que tu t'investisses davantage dans tes études pour mieux t'adapter à cette nouvelle vie.  Tu as réprimé tes pouvoirs depuis si longtemps, c'est un tel bouleversement en toi, aussi bien moral et physique, que tu ne supportes plus ces changements. Pourtant, si tu veux te construire, c'est maintenant, dans cette école. Tu dois te contrôler. »

Comme pour illustrer ses propos, un orbe bleuté explosa soudainement dans le box : submergée par ces émotions, la jeune mage venait de créer une boule d'énergie. Hermès se cabra. La magie n'avait eu aucune incidence sur lui mais il détestait le bruit et la luminosité soudaine. Sa cavalière se sentit immédiatement coupable. Elle ne s'en sortirait jamais seule. Il allait falloir accepter de jouer la comédie, comme elle l'avait prévu initialement, pour que tout le monde croit qu'elle s'intégrait et qu'elle était désireuse d'apprendre. Elle le ferait surtout pour son bien et pour celui de ceux qu'elle aimait. Si elle apprenait réellement à se contrôler ici, peut-être pourrait -elle retrouver ses origines et sa place. Ses parents et Léo resteraient toujours présents dans ses pensées mais, peut-être par égoïsme, elle ferait semblant de s'attacher à sa nouvelle vie. Elle devenait de plus en plus consciente qu'il n'y aurait jamais d'apprentissage si elle ne s'intégrait pas et si elle n'échangeait pas. Ces études allaient être longues qui plus est. Il fallait qu'elle accepte de se lier à nouveau. Son côté rationnel refit surface et elle calma Hermès. Puis elle fit signe à Ankris de rentrer dans le box. Malgré la tension encore papable, il accepta.

SauvageDes histoires addictives. Découvrez maintenant